Réflexions pendant le travail , par Gérard Bancal
REFLEXIONS PENDANT LE TRAVAIL
Par Gérard Bancal
REFLEXIONS I
Il faut que le travail en se compliquant, m'amène vers une matière explicite de l'émotion, avec le pouvoir de recul, de regard sur cette matière ;
parler d'elle, la mettre en exergue en travaillant ;
faire en sorte que la discipline technique qui m'occupe soit claire et serve éventuellement ma démarche et que, paradoxalement, la technique soit source de liberté ; y compris la liberté qui permet l'abstraction ou en tous cas la possibilité de pouvoir faire évoluer son travail sur le cuivre, sans toujours tenir compte de la réalité, mais avec un souci de répartition graphique, de composition, de rythmiques, d'élégance.
En tous cas d'une élégante éloquence quant aux discours sur la gravure et toutes ses possibilités :
►accumulation
►finesse graphique
►mariage des techniques
►superpositions
►oppositions nettes
►choc des différences
►travail statique
►travail où le geste, le mouvement est plus évident
Le travail, cependant, ne doit pas être une démonstration.
Il faut, à force de ce travail, que la matière engendrée soit d'une force telle qu'elle supplante le sujet et que, peu à peu, le labeur et la sensibilité conjugués me portent vers une quête du rythme et une répartition des valeurs sur la surface, occuper cette surface n'impliquant pas forcément la remplir.
L'image traditionnelle, bien que présente, a tendance à s'effacer pour laisser place au commerce des gris, des noirs et des blancs, à une recherche rythmique et à un équilibre un peu comme en musique et plus particulièrement dans le jazz.
REFLEXIONS II
La matière engendrée par une technique personnelle devient un vocabulaire remplaçant ce qu'on appelle le dessin. L'analyse plus libre suit le fil des désirs graphiques. Débarrassé des contingences de la description étroite, le travail devient parfaitement capable de soutenir les volontés compositrices de l'artiste. Libéré des raisons réalistes, la distribution des valeurs haussera plus facilement le ton pour devenir le véritable écho de l'âme du graveur.
Il faut cultiver cette captivation que l'on a lors du travail, la maintenir en éveil, toujours aigüe.
Le plaisir d'un équilibre graphique contenu doit rester comme le fil conducteur de ce travail.
Veiller sans cesse sur cette captivation graphique, éveil et surveillance de la finesse rythmique.
Gérard BANCAL
AVRIL 2007