Lorsque je regarde un paysage … texte de Gérard Bancal , 2009.
Lorsque je regarde un paysage, ce n'est pas vraiment le paysage qui s'impose à mes yeux, mais ses couleurs, sa forme, ses rythmes, sa matière
C'est aussi et surtout ce qu'il me montre au point de vue interprétation : en effet, mon vécu de peintre, de dessinateur, de graveur, rend très loquaces certaines formes, certaines teintes, certains rythmes, au point d'orienter naturellement mon esprit vers l'interprétation, les façons multiples de transposer.
On est loin du regard de l'imitateur pur et simple : l'exacte réalité m’intéresse moins : elle n'est qu'un point de départ. Tout l'intérêt réside dans l'acte de fabriquer, de mettre à jour selon sa vision, sa manière, sa vérité intérieure. Un endroit n'est considérable que parce qu'il représente une surface noire de fusain qui va s'enrichir et enrichir une autre surface plus graphique qu'on lui juxtapose, par exemple. Je ne dis pas que mon regard devient abstrait, mais le contenu de la matière graphique, sa composition expressive prend une importance croissante lorsque je travaille.
Gérard Bancal
26/06/2009