L’arbre

Exposition de l’Estampe d’Aquitaine à la

Médiathèque Josselmann de Rosheim  

8-25 avril 2015

 

P1290598

Notices biographiques des artistes

En ordre alphabétique

 

réunies par Michel Wiedemann 

 

BAUER (Johann Wilhelm )

(*Strasbourg 1600 - † 1640)

 

"Jean Guillaume Bauer, de l'école Allemande. Il étoit de Strasbourg, & sa naissance est placée en l'année 1610, quoique M. Descamps, peut-être avec raison, le fasse naître en 1600. Il fut élève d'un peintre à Gouazze, adopta ce genre de peinture, & vit bientôt ses travaux recherchés. La réputation dont il jouissoit lui inspira le désir de l'augmenter encore, en perfectionnant ses talens, & il fit le voyage d'Italie. Il s'arrêta à Rome, & fuyant l'exemple des jeunes artistes étrangers qui regardoient leur séjour en cette ville comme un temps consacré au plaisir, il résolut de ne voir personne, & de ne vivre qu'avec les artistes qui n'étoient plus. Il étudia les ruines antiques, il dessina et peignit les places de la Rome moderne. Il ne put cependant résister au plaisir de montrer un de ses tableaux qui représentoit un triomphe, & dès lors il perdit son heureuse obscurité; le prince Giustiniani le rechercha; le duc Bracciano lui fit accepter un logement dans son palais; tous les amateurs des arts lui demandèrent de ses ouvrages. Il représentoit des debris de l'ancienne Rome, des combats de terre et de mer, des marchés, des cavalcades; le désir de peindre des vues maritimes et des vaisseaux lui fit entreprendre le voyage de Naples; et dans ce royaume, les vues pittoresques de Tivoli et de Frescati lui fournirent de nouveaux trésors d'études: heureux s'il avoit pu donner plus de correction à ses figures un peu lourdes, mais pleines d'esprit et de feu.

Il peignoit le paysage & l'architecture avec une singulière finesse, & il a porté, dit M. Descamps, la peinture à Gouazze aussi loin qu'il paroît possible, lui donnant tout le piquant de la peinture à l'huile. Admirable par la finesse du trait, par celle de la touche, il montre un génie abondant dans ses compositions, & varie avec esprit ses petites figures, qu'on ne distingue souvent qu'à la loupe: mais il est au dessous du médiocre pour le dessin du nud: vrai dans ses couleurs locales, savant dans ses oppositions, il ne lui manquoit que d'être meilleur dessinateur.

Après avoir fait quelque séjour à Venise, il fut appellé à Vienne par l'empereur Ferdinand qui lui donna le titre de son peintre. Mais il jouit peu de temps des bienfaits de ce prince, & mourut en 1640 à l'âge de trente ans.

Il a gravé lui-même à l'eau-forte d'une pointe très fine. Telles sont les Métamorphoses d'Ovide qui forment un recueil, onze batailles pour l'histoire des guerres de Flandre par Strada, d'autres batailles, des vues de jardins, des comédies , &c. Le nombre de ses ouvrages, la réputation dont il jouissoit à Strasbourg avant de passer en Italie, son sejour à Rome, à Naples, à Venise, me persuadent que M. Descamps a eu raison de le faire naître en 1600, & que cet artiste a vécu quarante ans. Dix à douze ans de travail ne paroissent pas suffire pour tout ce qu'il a fait."

Article de M. Lévesque in Encyclopédie Méthodique, Paris, Panckoucke,

 

K_sell___Melchior__d_ap

 

BEAUVERIE  (Charles Joseph )

(Lyon 17-9-1839 – †Poncins 1923)

Elève de l’école des Beaux Arts de Lyon depuis 1855, il termina en 1859 la classe de gravure, alla ensuite à l’école des Beaux Arts de Paris, et travailla en 1863-64 dans l’atelier de Gleyre. En 1881 il obtint la première médaille au Salon. Actif à Paris, il s’installa en 1888 à Poncins (Loire) , sur les rives du Lignon, attiré par la beauté du paysage.

Iles tun maître du paysage moderne. Des dessins achevés, une composition harmonieuse, un coloris brillant, un effet naturel et une conception poétique sont les traits caractéristiques de son art. Ses œuvres les plus importantes sont  sa première toile au salon de Lyon « Etude à Optevoz », puis au même salon des portraits et des paysages de 1863 à 1868.  Il exposa au salon de Paris dès 1864 et y débuta avec ses paysages « Le moulin de Cernay » et « Temps gris ». De 1874 à 1879 il montra une série de paysages des bords de l’Oise, puis il exposa à Paris et à Lyon après 1890 nombre de paysages avec des motifs de la plaine du Forez.  En 1892 on vit Semeurs de pommes de terre, en 1893, Arrivée à la foire de Poncins, et L’Anniversaire, en 1894 Scènes de la foire de Poncins, et Ramiers sur le Lignon, en 1895 Porte de l’église de Poncins pendant la messe, en 1896 La Mare de Saint Martin, et L’étang de Goincel, en 1897, Le lac d’Aydat, en nov. 1902 une exposition rétrospective de ses œuvres à l’Hôtel de ville de St Etienne et en novembre 1906 à Lyon, en 1906 Les Courses de St Galmier, en 1907 Les  Bords du Lignon et Tanagra.  Les musées de Lyon, Avignon, Auxerre, Clermont, St Etienne et Tours possèdent des œuvres de Beauverie.

Comme graveur il fit une série d’eaux-fortes qui furent éditées à Paris chez Cadart. Ce sont des eaux-fortes d’après Corot, Millet, Chintreuil, Japy et d’après ses propres dessins. La série de 12 vues  L’Oise à Auvers. Le livre Forez pittoresque et monumental publié par Thiollier en deux volumes in-folio, 1888, contient nombre de ses dessins.

 

Bibliographie

Bellier-Auvray Dict. gén. Suppl. ; J. Martin, Nos peintres et sculpteurs, Paris , 1897 ;  Béraldi, Les Graveurs du XIX e siècle. Gazette des Beaux arts, IIe période, VIII, 58, ; X, 162 ; XIII 761 ; XIV 34 ; XVI 59 ; XVII, 345, 347 ; XXI 291 ; Flamb. Beauverie (Vie française du 25 février 1899, article « Le mémorial de la Loire » ; B. Merazzi, article dans la Revue Forezienne de nov. 1902.

 

Article d’A. Granger in Thieme –Becker, vol. 3, 1909, p. 126, trad. par M.W.

 

 

BELTRAND Jacques

( Paris 1874-1977)

Jacques Beltrand naît au 1, rue des Artistes, dans le quartier du Montparnasse à Paris. Auprès de son père, le graveur d'origine lyonnaise Tony Beltrand, il apprend à tailler le bois de fil et le bois debout ; il compose ses premières estampes et s'essaie à la peinture. Il perfectionne son art auprès de l'ami de la famille Auguste Lepère, dont il peut être considéré comme l'un des héritiers, en compagnie de Dete, Florian et Tina Yre.

À partir de 1892, il effectue de fréquents séjours chez Auguste Lepère à Saint-Jean-de-Monts où il produit de nombreuses gravures de la Vendée.

Il expose à 20 ans, en 1894, ses premiers bois à La Société nationale des beaux-arts. Il grave avec son père pour les revues L'Estampe originale, L'Image, et Le Monde illustré.

Jacques Beltrand installe son atelier en 1896 et le partage avec son père et ses trois frères Camille, Georges et Marcel, au 3 de l'impasse Camus2, dans le 14e arrondissement. Il grave, pour L'Image, Le Bois ou Suzanne Lepère cueillant des glycines.

En 1897, il dessine et édite L'Almanach entièrement gravé sur bois en couleurs texte et composition, et imprimé à l'eau. Il fait la connaissance de Maurice Denis et travaille avec lui.

En 1898, il édite son premier livre, Paysages de chez nous, avec texte, gravures sur bois en camaïeu. Vers cette époque, les Beltran font l'acquisition d'une maison de campagne à Villeneuve-sur-Bellot (Seine-et-Marne) où les rejoignent souvent les Lepère.

En 1899, avec son père et Dete, Jacques Beltrand grave deux livres des Minutes parisiennes illustrés par Lepère : Midi et 2 Heures.

En 1903, il commence à graver sur bois en camaïeu la série de portraits pour La Légende dorée des grands hommes ou la Tragédie humaine et, en 1904, illustre de gravures sur bois originales Les Petits Métiers des rues de Paris de Tristan Le Clere dit « Klingsor ». Il expose à l'exposition de « Certains peintres sculpteurs graveurs ». Il grave avec son père Tony et son frère Camille Gaspard de la nuit d'après Armand Séguin. Son père meurt cette année-là.

En 1905, Jacques Beltrand quitte la Villa Brune pour le 15e arrondissement de Paris où il restera jusqu'en 19303. Il obtient la bourse de voyage de l'École nationale supérieure des beaux-arts. Il est nommé sociétaire de la Société nationale des beaux-arts. Il fait un séjour à Belle-Île-en-Mer avec Camille, où Frélaut leur rend visite, ainsi qu'un séjour à Londres avec Georges et Marcel.

Membre de la Société des peintres-graveurs français à partir de 1906, il participera à toutes les expositions de la Société jusqu'en 1946.

À partir de 1907, Jacques Beltrand se lie d'amitié avec Maurice Denis dont il devient, secondé par ses frères Camille et Georges, l'interprète exclusif, gravant pour lui, jusqu'en 1944, un total de 23 livres. Ils commencent avec les bois en couleurs pour Vita Nova de Dante.

En 1911, il passe des vacances en Bretagne chez Denis à Silencio, près de Perros Guirec ; ensemble ils rendent visite à Anatole Le Braz à Port-Blanc (Côtes-du-Nord).

En 1914, avec Lepère, Jean Emile Laboureur, Gusman et Colin, Beltrand fait partie du comité de direction du Nouvel Imagier publié par la Société de la gravure sur bois originale. Mobilisé, il est blessé en octobre à Chappy par un obus et hospitalisé à Villefranche-sur-Saône, puis à Rodez dont il grave la cathédrale Notre-Dame.

En 1918, il fait un voyage précipité en Dordogne, à Domme, pour le décès d'Auguste Lepère.

En 1920, il expose au « Nouvel Essor » avec Laboureur, Colin, Bonfils et Maillol.

En 1921, il commence avec ses frères à graver, d'après les dessins de Botticelli, La Divine Comédie.

En 1922, la presse parisienne (Le Crapouillot) rend compte de l’exposition des artistes Constant Le Breton, Jean Lébédeff, Paul Hermann, Roger-Maurice Grillon, Jacques Beltrand,Robert Bonfils, Louis Bouquet, Paul-Émile Colin, Georges Gimel, Démétrios Galanis, Carlègle, André Deslignères et de leurs bois gravés à la galerie Le Nouvel Essor, qui précède leur accrochage commun, au début de l’année 1923, au Salon de la Société de la gravure sur bois originale, au pavillon de Marsan.

Membre du Comité des Tuileries en 1922, Beltrand y exposera jusqu'en 1944. Il est nommé professeur chef d'atelier à l’École nationale supérieure des beaux-arts, où il enseignera jusqu'en 1946.

En 1926, il se lie d'amitié avec Jean Émile Laboureur et André Dunoyer de Segonzac.

À 57 ans, en 1930, Jacques Beltrand épouse Jane Arger, cantatrice et musicienne. Ils quittent le 15e arrondissement pour le 3, rue Max-Blondat, à Boulogne-Billancourt.

En 1933, il fait un séjour à Quiberon et à Belle-Île, et grave Les Thoniers à Belle-Île. En août et septembre 1935, il voyage à Rome, Assise et Florence.

En 1941, Beltrand est nommé avec Maurice Denis, membre du Comité d'organisation professionnelle des arts graphiques et plastiques. Il est expert officiel de Goering en France pour les œuvres d'art pillées par les nazis4. En 1943, il est très affecté par le décès de son ami Maurice Denis.

En 1946, il fait un voyage à Florence.

Son épouse Jane meurt en 1960.

En 1963, Jacques Beltrand abandonne Boulogne-Billancourt pour se retirer en famille, dans l'Aisne où il meurt, en 1977, dans sa 104e année.

 

Prix, distinctions, responsabilités

Prix

1890, 1er prix de gravure et 2e prix de dessin de la Société de gravure Ier degré

1929 : Médaillé au concours du Musée Galliera (art religieux)

1939 : Prix d'honneur quinquennal de gravure

Distinctions

1914 : Chevalier de la Légion d'honneur

1926 : Officier de la Légion d'honneur

1957 : Officier de l'ordre des Arts et des Lettres

Responsabilités

1906 : Membre de la Société des peintres-graveurs français

1913 : Vice-président de la Société des amis des cathédrales

1922 :

Président de la Société de Beethoven

Assesseur à la Société de gravure sur bois originale

Membre du comité des Tuileries

1926 : Membre de la Société du Salon d'automne

1927 : Président de la Société des amis des cathédrales

1930 : Vice-président de la Société des peintres-graveurs français

1931 : Vice-président de l'Association des prix du Salon et boursiers du voyage

1933 : Président de la Société des peintres-graveurs français (jusqu'en 1946)

1937 :

Vice-président (avec Laboureur) de la section Arts et Techniques consacrée à l'estampe à l'Exposition internationale de 1937

Membre du Conseil supérieur des beaux-arts

1938 : Président de l'Association des prix du Salon et boursiers du voyage

1940 : Vice-président du Comité national de la gravure française

Œuvres gravées

1907 : Bois du Laboureur. Bois en couleurs Vita Nova de Dante illustré par Maurice Denis (avec Camille et Georges)

1911 : Bois de L'Arbre tordu, Le Saule, Le Faune

1912 : Deux bois en camaïeu Le Paysage aux lapins et Le Chercheur de champignons

1913 : Bois en camaïeu Cérès

1918 : Bois du Vieil Arbre

1919 : 73 bois en couleurs d'après Maurice Denis pour Les Petites Fleurs de Saint François d'Assise5 (avec Camille et Georges)

1920 : Bois du Petit Paysage à Belle De ou Le Coup de vent

1921 : La Divine Comédie, , d'après les dessins de Botticelli. Trois volumes : L'Enfer, Le Purgatoire et Le Paradis, achevés en 1923

1925 : Bois de Carnet de voyage en Italie d'après Maurice Denis (avec Camille et Georges)

1926 : Marine, fac similé de lavis

1927 : Bois en camaïeu pour Maîtres et amis de Paul Valéry

1930 : D'après Maurice Denis, bois en couleurs de La Mort à Venise. Bois originaux pour La Douce Enfance de Thierry Seneuse. Bois de Mer sauvage à Belle-Île et Gros Temps à Belle-Île.

1932 : Plusieurs camaïeux de la forêt de Fontainebleau dont Le Paysage aux fougères

1933 : Les Thoniers à Belle-Île. D'après Maurice Denis, bois du Crépuscule sur la mer d'André Suarès

1935 : Port du palais à Belle-Île, fac similé de dessin à la plume

1938 : Bois des Rochers de Belle-Île

1949 : Réalise des aquarelles qu'il grave sur bois pour Rosalinde sur l'eau d'André Suarès

1950 : Bois originaux pour L'Isola Bella ou Belle De en Mer d'Anatole Le Braz

1954 : Le Tombeau des poètes d'après André Dunoyer de Segonzac

1956 : Bois en couleurs pour Les Vacances forcées d'après Raoul Dufy

1958 : D'après Paul Jouve, bois du premier volume du Roman de Renart de Maurice Genevoix

1959 : Bois en couleurs du second volume du Roman de Renart

1962 : Grave sur bois les dessins d'André Dunoyer de Segonzac pour Le Sport de Jean Giraudoux

Expositions

1911 : Turin

1929 : Chicago, avec la Société de la gravure sur bois originale

1932 : Exposition du livre d'art, Suède

1935 : Foire internationale de Milan

1938 : Le Caire

1940 : Liège, Zagreb

1941 : Musée Galliera (Paris)

Publication

1938 : Quatre entretiens sur la gravure originale6,7, avec Jean Émile Laboureur, Claude Roger-Marx et Luc-Albert Moreau (1882-1948), Paris

Notes et références

Notice de notoriété personne du catalogue général de la BNF.

En 1900 l'impasse Camus prend le nom de Villa Brune qui regroupera de nombreux ateliers d'artistes.

Domicile au 69, boulevard Pasteur et atelier au 20, rue Dutot.

H. Feliciano, Le Musée disparu, Folio histoire, 2012.

Fioretti di S. Francesco, traduction de l'italien par André Pératé, Paris, À l'art catholique, 1919.

Publiés sous les auspices de la classe de la gravure et de l'estampe à l'exposition internationale 1937.

Notice bibliographique du catalogue général de la BNF.

Ce document provient de « ‪http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Jacques_Beltrand&oldid=109029223 »

 

BICHEBOIS (Alphonse)

(Paris 1801-1850)

Elève de Rémond et de Regnault, Alphonse Bichebois expose des lithographies, des dessins et des pastels au salon de 1824 et 1849 et obtient en 1831 une seconde médaille.  Il apporte également sa contribution à un certain nombre de recueils lithographiques de voyage et de paysages parmi lesquels les Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, Souvenirs pittoresque du Rhin, La Suisse saxonne,  L'Album de Wesserling, et Les Antiquités de l'Alsace. On lui doit des documents presque toujours utiles et souvent agréables. Alphonse Bichebois compte parmi les meilleurs artisans lithographes de sa génération et dirige pendant quelques années, de 1830 à 1834, une imprimerie spécialisée, d'abord seul, puis en association avec Bernard.

 Tiré de Bauer (A.) & Carpentier (J.), Répertoire des artistes d'Alsace des XIX e et XX e siècles. Strasbourg, Oberlin, 1984. 

 

BLERY (Eugène)

(Fontainebleau 3-5-1805-  †Paris 10-6-1887)

Fils d’un officier supérieur du génie, formé initialement en vue de l’enseignement, il dessinait en amateur mais vers 1830 il se tourna entièrement vers l’art et parcourut pour étude le Dauphiné, les Alpes occidentales, le Midi de la France et l’Auvergne. Il publia en 1830 un fruit de ce voyage, une suite de lithographies  de paysages de 12 feuilles. Là dessus il se tourna vers l’eau-forte à l’exemple de Boissieu et y arriva bientôt à une parfaite maîtrise. On peut faire valoir la perfection technique, la parfaite propreté de ses eaux-fortes de paysage et ses études d’arbres et de plantes, exécutées tantôt d’après ses propres dessins, tantôt d’après nature. Il a laissé toute son œuvre en épreuves d’artiste au Cabinet des Estampes de Paris avec un catalogue exact, que Béraldi reproduit. Mentionnons encore qu’il a eu pour disciple Charles Méryon, qui allait devenir un maître de l’eau-forte au XIXe siècle.

 

Article de G. Geffroy in Thieme-Becker, vol. 4, 1910, p. 113, trad. par M.W

 

 

Il n'est pas possible de quitter Bracquemond sans citer ses deux ouvrages, toujours fructueux à consulter: Du dessin et de la couleur (1885) et Etudes sur la gravure sur bois et la lithographie (1897).

 

In Janine Bailly-Herzberg (1985) Dictionnaire de l'Estampe en France 1830-1950.

 

P.R.N.P.

 

CALAME Alexandre

(1810-1864)

Fils du tailleur de pierre Samuel David et de Julie Borel, Alexandre Calame a été élevé dans des conditions modestes, d'abord à Cortaillod puis à Genève où la famille arrive en 1824. Il était de constitution délicate et chétive. Devenu très tôt orphelin de père, il eut la malchance de perdre un œil à la suite de coups reçus d'un camarade. Dès l'âge de 15 ans, il commence à gagner sa vie dans la banque de M. Diodati.

Tout enfant, il manifeste du goût pour la peinture et pour aider sa mère, il se met à peindre, à ses moments de loisir, des vues suisses que les touristes achètent à titre de souvenir. Faisant œuvres de mécènes, les patrons de la banque lui permirent de fréquenter dès 1829, l'atelier du peintre genevois François Diday. Peu après, il abandonne définitivement le bureau pour l'atelier et le succès vint rapidement.

En 1835, il ouvre une classe de dessin à Genève, en même temps qu'il expose dans cette ville et à Paris. Le premier tableau qu'il expose à Genève Cours du Griffe attire l'attention sur lui. Dès lors, il peut vivre sans compromis de sa peinture, caractérisée par une fidélité jamais démentie à un même sujet : la Nature et une prédilection pour le paysage alpestre suisse. Il devient le maître incontesté du paysage alpin.

À 27 ans, il réalise son premier grand tableau Orage sur la Handeck qui lui vaut la médaille d'or de l'Exposition des Beaux-Arts de la ville de Paris (1841). En 1842, il reçoit la croix de la Légion d'honneur, suite à l'exposition de ses œuvres, dont : le Mont Cervin, la Jungfrau, le Lac de Brienz, Mont Blanc et le Mont Rose. Ce dernier tableau est considéré comme son chef-d'œuvre et il marque l'apogée de sa carrière.

En 1853, Napoléon III lui achète 15 000 francs-or, sa toile Le Lac des Quatre-Cantons, primée à l'Exposition universelle[1]. Calame fait de nombreux voyages dans l'Oberland, en Italie, en Allemagne, en Belgique, à Londres et en Hollande mais sa santé devenant de plus en plus précaire, ses campagnes de peintre paysagiste ne lui étaient de moins en moins permises. En 1863, le peintre tombe malade et son médecin lui conseille d'aller sous un ciel plus clément. Il alla séjourner dans le Midi de la France, à Menton où il meurt le 17 mars 1864.

L'artiste ne s'est pas adonné qu'à la peinture mais également à l'art de la lithographie et à celui de l'eau-forte. Selon l'historienne d'art genevoise, Valentina Anker, il existerait plus de 400 grands tableaux, 250 aquarelles, 500 études, 670 dessins et croquis, plus de 100 sépias et une vingtaine de fusains.

Article de Wikipedia s.v.Calame

 

CHATTOCK Richard Samuel

(Solihull, Warwick  1825 -† 30-1-1906 Clifton )

Peintre et graveur paysagiste anglais, il étudia à Rugby, fut avocat de 1849 à 1873 à Birmingham et dans sa ville natale. Après avoir renoncé à son métier, il se voua à l’art. En 1869 il exposa à la Royal Academy  une aquarelle et il y fut présent souvent de 1871 à 1891. Ses premières eaux-fortes (9 planches) furent publiées en 1871 sous le titre Songs and Etchings illust. By R.S. Chattock. La même année il livra au Portfolio une planche, qu’il fit suivre de 7 autres entre 1871 et 1884. Il a aussi livré à The Etcher des eaux-fortes et des notices techniques (1879-1881) qui furent plus tard reprises sous forme de livre. L’Art Journal publia de lui en 1884 p. 292 On the Medway , Les livres qu’il illustra sont : Wensleydale (14 planches) ,1872 ; W.W.Wood, Sketches von Eton, 1874 ; The Black Country (16 planches) 1878 ; Wordsworth River Duddon, (10 planches) 1884. De 1881 à 1897 avec une seule interruption, il fut membre de  la Society of Painter Etchers , il envoya à ses expositions  de 1881 à 85 ,17 planches, puis 5 en 1892. Chattock est l’auteur de Practical Notes on Etching, illustré de 8 eaux-fortes, 1880, 3ème édition en 1886. Les eaux-fortes de Chattock ont été très prisées en leur temps, aujourdhui elles nous paraissent trop travaillées et inintéressantes.

Article de C.D. in Thieme –Becker, vol. 6, 1912, p. 433. Trad . par M.Wiedemann

 

 

COLIN ( Paul Emile)

(Lunéville 1867- Bourg la Reine 1949)

Paul-Émile Colin, né le 16 août 1867 à Lunéville en Lorraine et mort en octobre 1949, est un graveur et peintre français.

Attiré dès son plus jeune âge par le dessin, il consacre ses études à la médecine, sans abandonner sa passion naturelle.

Ami de Charles Filiger, il rejoint Gauguin à Pont-Aven en été 1890. A partir de 1893 il met au point la technique de la gravure au canif sur bois debout. Ses œuvres de 1890 à 1900 sont marquées par les innovations de l'école de Pont-Aven. Il s'installe à Lagny (Seine-et-Marne) en 1894 pour y pratiquer sa profession de médecin qu'il abandonnera définitivement en 1901.

Il se consacre à l'illustration de nombreux ouvrages d'éditeurs : Les Philippe de Jules Renard, La Terre et l'Homme d'Anatole France, La Colline inspirée de Maurice Barrès... Il reste très attaché à ses origines lorraines dont les paysages, les villages et leurs habitants continuent à inspirer son œuvre.

Il est membre fondateur de la « Société de la Gravure sur Bois Originale » (SGBO) en 1911 et en reste le vice-président de 1920 à 1935. Noël Clément-Janin établit le répertoire de ses gravures en 1912.

Après la Première Guerre mondiale, il poursuit son œuvre gravée d'illustrateur et se consacre davantage à la peinture. A partir de 1920, il voyage en Italie, en Sicile, en Espagne, au Portugal, au Maroc. Ces visites sont la source d'inspiration de sa nouvelle approche de la couleur.

Il a illustré de nombreux ouvrages de Zola, Barrès, Duhamel, France, Kipling, Taine, Yole, etc.

P.E. Colin meurt en sa maison de Bourg-la-Reine (24, chemin latéral, devenu 24 rue du Colonel – Candelot à Bourg la Reine) en octobre 1949.

Source :  Wikipédia

 

COLLAERT  Hans

(1531- Anvers 1581)

Le graveur anversois Hans Collaert a réalisé une série de Vues des environs de Bruxelles vers les années 1575-1580, éditée par Hans van Luyck . Elle était vendue dans les Pays Bas méridionaux, actuelle Belgique et dans les Pays Bas septentrionaux, actuelle Hollande.  Une deuxième édition numérotée par Claes Jansz. Visscher est parue après 1607. Le dessin est attribué par une signature sur quelques gravures à Hans Bol, mais on peut en douter .

 

CRANACH ( Lucas)

(Kronach 1472 - Weimar 1553)

 

Peintre et graveur allemand. Sa formation est mal connue, mais on suppose qu'il séjourna à Vienne vers 1500. Il produisit alors des portraits et des scènes religieuses dont la véhémence expressive, les tonalités intenses s'apparentent aux compositions de Huber et surtout d'Altdorfer (Crucifixion, 1502). En 1504 , il fut appelé à Wittenberg par l'électeur de Saxe Frédéric le Sage . Il travailla ensuite pour ses deux successeurs, dirigeant un atelier très actif, jouant aussi un rôle politique (mission aux Pays Bas en 1509). Il connut les gravures de Dürer, et, ami de Luther, devint par ses illustrations ( bois gravés) l'un des créateurs de l'iconographie protestante. Dans certains des retables apparaissent des tendances archaïsantes et éclectiques (Retable de sainte Catherine 1506); cette tendance apparaît aussi dans la série des Chasses princières, qui, par la fantaisie et la naïveté dans le détail, semblent renouer avec le gothique international, tandis que les esquisses sur parchemin de sa série de portraits témoignent d'un sens de la mise en page et d'une finesse de trait d'une grande virtuosité technique. Influencé par le répertoire thématique de la Renaissance italienne, il réalisa des scènes mythologiques, des figures isolées révélatrices de sa prédilection pour le nu féminin, dont le type aux formes allongées, aux attitudes maniérées et  à l'expression quelque peu perverse connut un succès considérable. (Vénus et l'Amour, Lucrèce, Diane ). Ces œuvres présentent des traits stylistiques typiquement germaniques : prédominance du caractère graphique, nature de la gamme chromatique, rôle des accessoires et dédain pour le rendu illusionniste de l'espace.

P.R.N.P.

 

 

DAUBIGNY (Charles François)

(Paris 1817 - 1878)

 

Peintre, aquafortiste et auteur de clichés sur verre, fils d'un paysagiste, il séjourna un an à Rome (1835), puis travailla dans l'atelier de Delaroche. Il exécuta pour vivre des gravures d'illustration ( les Mystères de Paris, d'Eugène Sue) et après quelques peintures d'histoire il se consacra au paysage. Observateur scrupuleux, il peignit les détails à la manière des peintres de l'école de Barbizon, mais avec une plus grande simplicité de facture. Sous l'influence de son ami Corot, il s'attacha à rendre les effets d'atmosphère. Il travailla sur le motif à Auvers-sur-Oise dans sa péniche transformée en atelier. Progressivement sa composition devint moins structurée, sa manière plus ample et aérée, avec une touche plus libre, sensible aux variations des valeurs lumineuses. Il marque la transition entre l'école de Barbizon et l'impressionnisme.   

 

DELLA BELLA (Stefano )

(*Florence 18-5-1610 - †12-5-1664)

Fils du sculpteur Francesco della Bella, filleul de Pietro Testa, il fut d'abord apprenti chez divers orfèvres, en dernier lieu chez Orazio Vanni, puis élève des peintres Gio. Batt. Vanni et Cesare Dandini. Il fut amené par Remigio Cantagallina et par les gravures de Callot à la taille-douce , à laquelle il se consacra presque entièrement. On n'a pas conservé de peintures de sa main, parmi lesquelles Baldinucci mentionne un portrait équestre de Cosme III. On a une quantité de dessins de tout genre qu'il a exécutés de façon spirituelle et légère dans les techniques les plus diverses et dont beaucoup , c'est la preuve de leur qualité , ont été et sont encore attribués à Callot. Le soutien de Lorenzo de' Medici lui permit un voyage d'étude à Rome en 1633. Il y resta jusqu'en 1639; Plus qu'aux études habituelles d'après l'antique, il s'attacha à l'observation de la vie, qu'il aimait à représenterdans les circonstances qui donnaient lieu à des déploiements de pompe et à des rassemblements de foules. La représentation de telles actualités , d'événements contemporains notables est demeurée l'un de ses points forts avec l'ornement et a donné à son art son caractère particulier. Il grava ainsi l'entrée de l'ambassadeur de Pologne à Rome (1633)  après avoir donné dans son pays, avec un saint Antoine et avec le banquet des Piacevoli, des preuves de son habileté comme dessinateur et comme graveur. En 1639 il se rendit à Paris dans la suite de l'ambassadeur extraordinaire de Toscane Alessandro del Nero. Il y resta actif jusqu'en 1650 et exécuta en particulier pour les éditeurs Israël Henriet et Langlois ses meilleurs travaux. Peu après son arrivée à Paris, il reçut du cardinal de Richelieu l'ordre de graver le siège d'Arras (1651); il avait déjà fait en 1638 le siège de Saint-Omer. … En 1647 il entreprit un voyage vers Amsterdam , où il connut peut-être Rembrandt. Il avait déjà acheté chez Langlois en 1642 quelques planches de l'illustre aquafortiste hollandais, dont on reconnaît l'influence dans maintes vues des lieux qu'il a visités durant ce voyage. Rentré en Italie, il s'établit à Florence, qu'il ne quitta plus , à part un voyage avec Livius Mehus à Rome et quelques petites excursions. Il y jouissait d'une réputation artistique fort élevée et fut chargé de l'enseignement du dessin au fils du grand duc de Toscane.  Della Bella semble avoir été très apprécié à Florence, ce qu'il devait à sa personne aimable comme à son art. Sa signification artistique repose moins sur l'autonomie de sa mise en place et sur la perfection des formes que sur son habileté à retenir les impressions variées de la vie et à les rendre dans de petites images charmantes. Toutes ses représentations reposent sur des observations personnelles, mais la vivacité de son tempérament et la légèreté de son faire l'empêchent d'approfondir chaque sujet en particulier et d'atteindre le grand. C'est pourquoi ne lui réussissent que des représentations avec des figures en assez petite échelle. Il aime à figurer de vastes espaces où se déplacent librement des masses de personnages et il cherche à leur donner un attrait particulier par des costumes pittoresques et des attitudes décoratives. Il gagne en profondeur spatiale en figurant les personnages du premier plan assez grands et en diminuant trop vite ceux de derrière. En cela, il part de la manière de Callot, mais il se fait vite un style personnel.  Son dessin est moins maniéré, mais a aussi moins de caractère, de diversité, d'énergie que celui de Callot, il est plus gracieux et plus coulant. Toute sa conception de la vie est plus sereine et plus aimable. Sa technique de gravure aussi se rendit indépendante de celle de Callot,  Il représente les formes par des traits légers et coulants, souvent un peu mous, allant dans le même sens et se renforçant dans les ombres. Cette conduite du trait  amusante et un peu capricieuse  se prêtait particulièrement aux compositions ornementales moins structurées, mais qui se signalent par la richesse et la grâce de l'invention et par la diversité et l'animation des formes. Dans ses derniers temps, Della Bella , peut-être incité par les planches de manière noire qui firent alors leur apparition, pourvut une série de ses gravures d'un ton à la manière du lavis, sans doute obtenu en appliquant le mordant sur la plaque avec un pinceau. […]

De Vesme, dans son catalogue exhaustif soigné du Peintre-graveur italien (1906), lui consacre 66 folios et ne recense pas moins de 1052 feuilles de sa main.

 

 

DEMARTEAU (Gilles)

(Liège 1729 - Paris 1776 )

 

Graveur né à Liège, établi à Paris . Excellent dans la gravure en manière de crayon ; c'est une variante du pointillé qui consiste à imiter le grain de la pierre noire ou de la sanguine sur papier vergé par l'emploi de burins spéciaux à deux ou trois pointes, de sortes de râpes (les matoirs), ou de roulettes dentées.  Son biographe cite de lui 729 pièces. Il rend à merveille les dessins de Boucher, Huet et autres; en 1771 il propose même à l'Académie royale de graver les dessins qui servent à l'éducation des élèves "afin de multiplier les secours propres à les former ."

 

Jean Laran, L'Estampe.

 

DROUYN (Léo)

(Izon 1816 - Bordeaux 1896)

 

Il pratique toutes les techniques de dessin: mine de plomb, pierre noire, fusain, plume, lavis,  grattage. Il a pour outil une "chambre claire". Cet instrument inventé par Wollaston en 1804 et fabriqué en France par Chevalier, opticien de Paris, n'a rien d'une chambre. C'est une sorte de bras télescopique réglable, à visser sur le bord de la planche à dessin . Au bout placé devant l'œil de l'artiste, il porte un prisme pentaédrique où les rayons lumineux venus du sujet se reflètent et sont projetés comme une image virtuelle sur celle de la planche à dessin. Il suffit donc de suivre les contours de cette image qu'on croit voir sur  le papier, on n'a pas à prendre des mesures sur le sujet et à les reporter sur le papier. Le travail en est accéléré, mais il reste entièrement manuel. 

Les dessins ont l'inconvénient d'être uniques . Drouyn  les copie au carreau sur un papier translucide pour les réduire au format des publications qui les reçoivent. Il pratique aussi le calque sans réduction pour garder les originaux des dessins qu'il livre à la Commission des monuments historiques de la Gironde. Il calque enfin les dessins qu'il veut graver, parce qu'il faut en inverser la gauche et la droite sur la plaque de cuivre, la pierre lithographique ou le bois pour que les monuments apparaissent dans le bon sens sur l'épreuve. On est intrigué par la variété de ses calques à la mine de plomb, mais aussi à l'encre rouge.

Mais la seule façon de multiplier commodément les exemplaires d'un dessin était l'estampe. Le burin, la lithographie et le bois debout étaient à l'époque les techniques usuelles d'illustration de la presse périodique et du livre. Le burin était long et cher. En 1843, année du retour de Drouyn en Gironde, commença la parution de l 'Illustration qui allait durer un siècle et répandre dans toutes les provinces ses gravures sur bois debout de plus en plus proches de la photographie.  Choisir l'eau-forte, c'était vouloir bien autre chose que le produit de ces vastes ateliers où des équipes de graveurs se relayaient en faisant les trois-huit, où pour aller plus vite une planche était divisée en douze blocs distribués à des graveurs différents et assemblés par un finisseur spécialiste des jointures. L'eau-forte n'était pas redessinée par une main mercenaire comme la lithographie. L'eau-forte, c'était autrefois le premier jet de l'artiste, l'esquisse tracée par le dessinateur et recouverte ensuite par les travaux méticuleux d'un buriniste de métier. Mais Drouyn arrive à l'âge de produire en même temps que se développe un mouvement international de renouveau de l'eau-forte, considérée pour elle-même et non plus comme préparation d'un burin. En 1838 se crée l'Old etching club de Londres, en 1863 la Société des Aqua-fortistes à Paris, en 1877 le New York etching club, en 1880 le Philadelphia etching club, en 1881 le Boston etching club, en 1885 la Société des Aquafortistes, en 1888 l'Etsclub d'Amsterdam, en 1890 le Brookling etching club, en 1910 la Chicago Society of etchers.  Le choix de l'eau-forte, c'était celui de l'individualisme de l'artiste moderne tel que l'exprimait Baudelaire dans un article du Boulevard du 14 septembre 1862 :

" Les jeunes artistes dont je parlais tout à l'heure, ceux-là et plusieurs autres, se sont groupés autour d'un éditeur actif, M. Cadart, et ont appelé à leur tour leurs confrères, pour fonder une publication régulière d'eaux-fortes originales, — dont une première livraison, d'ailleurs,  a déjà paru.  Il était naturel que ces artistes se tournassent surtout vers un genre et une méthode d'expression qui sont, dans leur pleine réussite, la traduction le plus nette possible du caractère de l'artiste.… Mais je ne voudrais pas affirmer toutefois que l'eau-forte soit destinée prochainement à une totale popularité … C'est vraiment un genre trop personnel, et conséquemment trop aristocratique, pour enchanter d'autres personnes que celles qui sont naturellement artistes, très amoureuses dès lors de toute personnalité vive.  Non seulement l'eau-forte sert à glorifier l'individualité de l'artiste, mais il serait même difficile à l'artiste de ne pas décrire sur la planche sa personnalité la plus intime. "

Le choix de l'eau-forte était donc celui de toute une époque post-romantique, mais aucune technique de gravure ne convenait mieux au genre du paysage, comme l'écrivait déjà M. Levesque, dans un article du Dictionnaire  des arts, de peinture , sculpture et gravure , Paris, 1792: 

"Tous les tableaux où dominent des objets que l'art exprime plutôt par une indication spirituelle que par une imitation précise de la nature, conviennent mieux au travail spirituel de l'eau-forte. Tel est le paysage: puisque tout le monde avouera qu'il est impossible à l'art de copier scrupuleusement le feuillé des arbres, les accidents de leurs écorces, les brins d'herbes, les mousses, le sable et toutes substances dont la terre est couverte ou composée."

Les techniques de Drouyn aquafortiste sont simples: il pratique l'eau-forte au trait, le vernis mou et la gravure sur acier. Il se fournit à Paris en plaques de cuivre ou d'acier, il y fait aussi tirer ses planches par des imprimeurs spécialisés en taille-douce.  Il dessine sur un carton qu'il emporte à la campagne avec sa chambre claire et son pliant. Il ne grave pas directement sur le cuivre comme le feront d'autres artistes, parce que ses sujets favoris, les monuments,  obligent à inverser le dessin. Ses eaux-fortes sont issues en atelier d'un calque et quelquefois d'une réduction du dessin premier . Il  transfère le dessin  sans doute en écrasant le calque enduit de mine de plomb ou de sanguine sur le vernis au moyen de la presse de taille-douce.  Il grave en une ou deux états successifs, c'est-à-dire qu'insatisfait de ses premiers travaux, il revernit et fait mordre sa plaque une seconde fois. Mais il ne va guère plus loin, il ne pousse pas comme Rembrandt jusqu'au quinzième état. Il renforce les ombres de ses eaux-fortes par quelques passages de la roulette sur les arbres ou les talus. On trouve par ci, par là des retouches au burin, mais fort rares. Quand Drouyn emploie le vernis mou, c'est pour des paysages  riches en arbres, en fourrés, en nuages, rendus par des frottis donnant des valeurs de gris. Il y a de grandes planches au vernis mou exécutées sur acier, ce qui est singulier, et des cuivres aciérés. L'avantage  qu'il tire de  ces deux procédés est d'augmenter le tirage en durcissant la plaque.

Dans ses ouvrages, Léo Drouyn insère des eaux-fortes montrant des plans, des coupes, des détails rapprochés, mais il ne fait pas d'élévations, il préfère les vues de monuments inscrits dans le paysage. S'il lui arrive de représenter un château à vol d'oiseau, il a recours aux dessins de son fils Léon, architecte de métier.

Drouyn se souvient de Rembrandt dans le ciel traversé de lignes obliques qui se trouve au dessus du château de Fargues, pl. 131 de La Guienne militaire. Mais d'ordinaire, il ne cherche pas à attirer le regard par des effets atmosphériques qui détourneraient du monument. Des vols d'oiseaux sont semés dans les nuées, mais de préférence au-dessus du centre de gravité de l'image, le monument ou sa tour principale, qui s'en trouvent comme prolongés dans le ciel .

L'effet lumineux est de la plus grande importance pour la gravure qui ne dispose pas de contrastes de couleur. Drouyn aime les contrejours, les lumières rasantes, et même se souvenant des ténèbres dans les gravures de Rembrandt, il n'hésite pas à montrer l'obscurité  de la crypte de La Libarde, du colombier de Crampet , du rez-de-chaussée de l'ancien hôtel de ville de La Réole. Dans les paysages, le monument est vu de loin, bien dégagé, lumineux , ou il est vu à travers des rideaux d'arbres, un premier plan sombre, au bout d'un chemin qui introduit le spectateur dans l'image.  Les compositions de Drouyn sont simples et classiques. Elles correspondent au coup d'œil du promeneur, qui approche du monument et sait en faire le tour, mais ce spectacle offert à tous est rythmé, ordonné, unifié dans ses inventions et son effet par la recherche d'un équilibre entre l'archéologue et l'artiste.

M. Wiedemann

 

 

EARLOM (Richard)

(*Londres 1742/43 - 9 oct. 1822)

 

Fils d'un secrétaire communal de la paroisse de Saint Sépulchre, il passa ses jeunes années près de Cow Lane et de l'atelier d'un charron où il éprouva ses premières incitations à l'art en contemplant souvent les peintures de G. B. Cipriani sur le carrosse d'apparat du lord-maire de Londres, que ledit charron avait à réparer. Le talent que le jeune Earlom manifesta dans les copies de ces décorations de carrosse incita son père à le mettre en apprentissage chez Cipriani. Après quoi il fut distingué dès 1757 par un prix  de la Société londonienne des arts et exposa en 1762 à la Free Society of Artists une composition Le faune dansant, ainsi qu'en 1767 une ébauche de burin d'après le tableau de Benj. West Pyrrhus apporté à Glaucias exposé simultanément à la Society of Artists. Aujourd'hui on ne connaît plus de dessin autographe d'Earlom que l'élégant portrait en pied, datant des mêmes années, de l'homme politique anglais John Wilkes à la National Portrait Gallery de Londres, N°284. En réalité notre artiste était passé dès 1765 de la peinture et du dessin à l'eau-forte et à la manière noire, à la demande et sous la conduite de J. Boydell, semble-t-il, aux presses duquel il devait livrer à partir de 1766 des eaux-fortes d'après des tableaux de Salvator Rosa à Chatsworth, d'après Jacob chez Laban de Sébastien Bourdon à Houghton Hall et à partir de 1767 des manières noires d'après des maîtres anciens et des artistes anglais vivants. Parmi ses planches de manière noire datées de 1767-1770, notons la Sainte Famille d'après le Guerchin, à Chatsworth, le Moulin à eau d'après Hobbema et le portrait de l'évêque Th. Newton d'après le portrait de Benj. West. Plus tard Earlom fit pour Boydell près de 24 des 170 planches de manière noire en format folio impérial de ses deux volumes publiés à Londres en 1775 sur les principaux tableaux de la collection de Robert Walpole à Houghton Hall (nouvelle édition en 1787-88 après la vente de cette collection à l'impératrice Catherine II de Russie). Outre maintes reproductions isolées, il faut noter les planches de cuivre gravées en partie à l'eau-forte, en partie en manière noire, en partie à la manière de crayon, pour reproduire le Liber veritatis de Claude le Lorrain, propriété du duc de Devonshire à Chatsworth. Publiées à Londres en 1777 en 2 volumes à 100 planches retravaillées par Earlom à chaque fois, rééditées à plusieurs reprises jusqu'en 1819 avec un portrait de R. Earlom à la manière noire gravé par Th. Lupton d'après un tableau de Gilbert Stuart peint entre 1775 et 1793. A cette édition de 1819 s'ajoutèrent un troisième volume de 100 planches de R. Earlom d'après des dessins de Claude le Lorrain dans d'autres collections privées anglaises, ainsi que 43 des 50 planches d'aquatinte de la Collection of Prints after the Sketches and Drawings of the late celebr. G. B. Cipriani publiée en 1789 à Londres (quelques-unes de ces 43 planches à l'eau-forte simple, quelques autres en manière de crayon). Outre Boydell, d'autres marchands d'estampes éditèrent des reproductions de la main d'Earlom, par exemple R. Sayer des manières noires comme Le roi George III avec sa famille (d'après J. Zoffany, 1770), Autoportrait de J. Mc Ardell en 1765  gravé en 1771 et les deux Portraits de groupe de la Royal Academy de 1772 et 1773, d'après Ch. Brandoin et J. Zoffany. Plus tard Earlom livra quelques contributions en manière noire à l'ouvrage de botanique de R. J. Thornton intitulé The Temple of Flora, rédigé en 1799, publié seulement en 1807 (on doit à Earlom trois des grandes planches en couleurs) et à Portraits of Characters illustr. in Brit. History de Woodburn publié à Londres de 1810 à 1815 avec 20 illustrations de R. Earlom. En 1811, Boydell édita encore une reproduction en manière noire du portrait par A. van Dyck de l'architecte anglais Inigo Jones. Earlom passa les derniers jours de sa vie longue et bien remplie dans le quartier central de Clerkenwell (Exmouth Street) et fut enterré au cimetière St Mary d'Islington. Il avait perdu en 1789 un fils fort doué pour les arts, âgé de 17 ans et prénommé William. Il était donc marié vers 1770. Sa femme et sa fille lui survécurent. L'admiration extraordinaire que la virtuosité des gravures d'Earlom obtint auprès de ses contemporains nous paraît aujourd'hui sans doute encore compréhensible, mais pourtant à peine justifiée. Il y a de neuf chez lui la finesse inhabituelle du fond de manière noire, qui ne devait que trop nuire à la richesse de nuances de ses planches et l'emploi, d'ailleurs déjà essayé par son prédécesseur Ch. Exshaw, d'une technique mixte combinant morsure du cuivre à l'eau-forte et manière noire. On la reconnaît nettement surtout dans le Liber veritatis de 1777, mais en fait elle est à la base de la plupart de ses planches de manière noire....

Traduit de l’allemand d’A. E. Popham in Thieme - Becker, Künstlerlexikon.

 

 

FRANÇAIS  Louis François

(Plombières 17-11-1814- † Paris 28-5-1897)

Peintre paysagiste, dessinateur, graveur sur cuivre et sur bois, lithogaphe.

A 15 ans il entra comme apprenti chez un libraire parisien et employa ses maigres gains à s’exercer au dessin de nu. Il trouva alors un emploi dans la Revue des Deux Mondes que Buloz venait de fonder (1831) Celui-ci chercha en vain à le détourne de l’art. A partir de 1834 il entra dans l’atelier de Jean Gigoux où il fut le condisciple de Henri Baron, qui devint un ami très proche. Il gagnait sa vie pendant ce temps en illustrant des revues comme le Magasin pittoresqueGil Blas, et Roland furieux. Bien qu’il n’étudiât chez Gigoux que la figure, il s’intéressait déjà principalement au paysage, il passait ses loisirs à dessiner et à peindre le long de la Seine. En 1837 il envoya au Salon un tableau à figures fait en collaboration avec Baron, Chansons sous les saules , en 1838 une scène de Macbeth. Il obtint son premier succès en 1841 au Salon, où son Jardin antique fut acheté pour le musée de sa ville natale. Bientôt le jeune François attira l’attention du public et aussi des artistes : une étude du parc de St Cloud charma tant Meissonier qu’il proposa à François d’y ajouter des figures (salon de 1846) . Corot le conseillait particulièrement et gagna de plus d’influence sur son travail, d’autant que Français lithographiait alors les œuvres de Corot ppour des collections des Artistes Contemporains  et des Artistes Anciens et modernes.

 

HOUTIN (François)

(1950 Craon en Mayenne - …)

François Houtin vit et travaille à Paris. Après avoir été jardinier-paysagiste chez Jacques Bédat et Franz Baechler au début des années 1970, François Houtin s'initie à la gravure à Paris auprès de Jean Delpech. Il montre ses premiers travaux lors d'expositions à partir de 1977. Dès cette période, ceux-ci ont pour sujet une nature rêvée — jardins fantastiques, topiaires, architectures végétales — où la parfaite connaissance des plantes est mise au service de l'imaginaire.
À côté de la gravure qui reste son mode d'expression privilégié, François Houtin réalise également des dessins sur carnets chinois (leporellos) et, depuis 2002, de très grands lavis à l'encre de chine sur papier ou sur toile.

Utilisant les mêmes sources d'inspiration, François Houtin a réalisé pour Hermès le décor de plusieurs carrés et, en 2010, un service de table en faïence, Les Maisons enchantées. Il a également peint des fresques murales, dont, toujours en 2010, le décor végétal monochrome du restaurant Artcurial au rond-point des Champs Elysées à Paris.

François Houtin intervient à l'occasion comme architecte paysagiste et, à ce titre, a participé au projet de rénovation des jardins des Tuileries en 1990.
Il réalise plusieurs jardins dont le jardin topiaire de Colette et Hubert Sainte-Beuve à Plant-Bessin (Castillon) en Normandie.
Certaines de ses réalisations, enfin, relèvent du land art, qu'il s'agisse de constructions de grands cairns dans la nature ou de commandes publiques ou privées.

Prix et distinctions

1981 : prix Lacourière

1986 : prix Florence Gould

2010 : grand prix de gravure de la fondation Taylor (grand prix Léon-Georges Baudry)

François Houtin fait partie depuis 1991 de la Société des peintres-graveurs français.

Expositions et publications

François Houtin est représenté dans plusieurs galeries françaises et étrangères, en particulier à Paris, à Londres, à Venise, à Sarrebruck et à Chicago.

Principales expositions personnelles

1978 : Galerie Condillac, Bordeaux

1980 : Librairie Nicaise, Paris

1981 : Galerie de l'Ours, Bourges

1982 : Galerie Michèle Broutta, Paris. Galerie Harmonie, Orléans. FIAC, Galerie Michèle Broutta, Paris

1984 : Fitch-Febvrel Gallery, New York. Galerie in Flottbek, Hambourg. Centre Culturel Français, Rome

1985 : Galerie Roubaud, Munich. Centre Culturel Français, Palerme. Galerie Michèle Broutta, Paris

1986 : Château de Sully sur Loire

1987 : Galerie L'Angle Aigu, Bruxelles. Galerie in Flottbek, Hambourg

1988 : Galerie Roubaud, Munich. Galerie Letu, Bruxelles

1989 : Galerie Eolia, Paris

1992 : Trianon de Bagatelle, Ville de Paris. Galerie Marlies Hanstein, Sarrebruck. Galerie Eolia, Paris. Artopia, Genève

1993 : Galerie Michèle Broutta, Paris; Galleria del Leone, Fichier (avec Gérard Trignac)

1994 : Galerie in Flottbek, Hambourg. Journée des Plantes, Courson

1996 : Galerie Marlies Hanstein, Sarrebruck. Exposition rétrospective, ville de Craon Mayenne. Francis Kyle Gallery, Londres

1997 : Cabanes de Jardinier, Galerie de l'Ours, Bourges. Prieuré Notre-Dame-d'Orsan, Maisonnais

1999 : Richard Reed Armstrong Fine Art, Chicago

2001 : Nature et gravure; Cabanes de jardinier, Jardin du Luxembourg, Paris. Galerie Marlies Hanstein, Sarrebruck

2002 : Nymphées, Librairie Nicaise (Paris), Gurari Antique Prints (Boston), Musée de l'Hospice Saint Roch, Issoudun

2003 : Galleria del Leone, Venise. Les floralies, Le Touquet

2004 : Maison Bleue, Ville de Craon Mayenne, Cabanes, Trianon de Bagatelle, Paris

2005 : Cabanes, Médiathèque de Vénissieux, Vénissieux.

2006 : L'arbre, Francis Kyle Gallery, Londres. Gravures et nature, Espace Jardins Montmorency

2007 : Arbres de Légendes, Prieuré d'Orsan, Orsan; Jardins, arbres et caetera, Plant-Bessin (Castillon)

2008 : L'arbre, Chateau de Vascoeuil , Vascoeuil

2009 : L'arbre, Centre artistique de Verderonne

2010 : François Houtin, paysagiste-jardinier,Galerie Collégiale, Lille. L'arbre, Orangerie du jardin du Luxembourg, Paris

Éditions de bibliophilie

1978 : Jardins, suite de 40 eaux-fortes, préface de Ramon Alejandro

1980 :

Topiaire, suite de 12 eaux-fortes, préface de François Deck.

La Fille de Rappaccini, nouvelle de Nathaniel Hawthorne illustrée de 14 eaux-fortes

1982 : Cinq jardins, cinq sens, poèmes de Federico Garcia Lorca illustrés de 5 eaux-fortes, éditions Michèle Broutta

1985 : Fantaisies romaines, suite de 10 eaux-fortes, texte de Gilbert Erouart, éditions Michèle Broutta.

1988 : Les Quatre Éléments ou la Fête à Versailles, suite de 4 planches précédées d'un frontispice et de 4 mascarons

1999 : Cabanes de jardiniers, suite de 15 eaux-fortes avec un texte de Gilbert Lascault

2002 : Nymphées, suite de 23 eaux-fortes avec un texte de Gilbert Lascault

Sources

Catalogue raisonné de l'œuvre gravé de 1973 à 2002, édité par les galeries Michèle Broutta (Paris) et Richard Reed Armstrong (Chicago), 2002 ; préface de Laure Beaumont-Maillet, conservateur général et directrice du département des estampes à la Bibliothèque nationale de France

Curiculum vitae de l'artiste mis à jour en 2010, avec son autorisation

Liens externes

Présentation de l'artiste sur le site art11.com

Présentation de l'artiste sur le site de la Galleria del Leone

Présentation de l'artiste

Artwork English Presentation

Artwork English Presentation

Artist and artwork presentation

Présentation des œuvres

 

Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Houtin ».

Dernière modification de cette page le 8 mars 2011 à 23:54.

 

 

HUET  (Jean-Baptiste Marie)

(Paris 1745-1811)

 

On doit distinguer plusieurs membres de cette famille de peintres :

Christophe Huet (?, décédé à Paris le 2 mai 1759, peintre d'animaux, de fleurs, de singeries et de chinoiseries, et graveur , élève d'Oudry), frère aîné de Nicolas I Huet  (1718- attesté jusqu'en 1788), lequel est père de Jean Baptiste Marie Huet (né à Paris le 15 octobre 1745, mort le 27 janvier 1811). Ce dernier est peintre animalier  et graveur.

Il est père de Nicolas II Huet  (1770-expose jusqu'en 1827 au Salon, peintre du Museum d'histoire naturelle et de la ménagerie de S.M. l'impératrice Joséphine, auteur de peintures sur parchemin pour le Museum et de deux suites d'animaux gravées à l'eau-forte), de François Huet-Villiers (1772-1813 peintre miniaturiste et portraitiste qui a publié aussi en 1806 à Londres chez Ackermann des séries de gravures d'arbres et de bétail) , de Jean–Baptiste Huet (1772- ?, amputé du bras droit à la bataille de Jemappes, grava au burin de la main gauche des dessins d'animaux de son père ).

Les gravures en manière de crayon et à l'eau forte que nous présentons sont de Jean Baptiste Huet (1745-1811)

Il fut élève du peintre animalier Ch. Dagomer, puis de J.B. Leprince, et conseillé en même temps par Boucher et par Lépicié. Agréé à l'Académie le 30 juillet 1768, il en est membre titulaire le 29 juillet 1769. Son morceau de réception est entré au Louvre: Famille d'oies attaquée par un chien. En 1772 il est peintre du roy quand il fait baptiser ses deux derniers fils. Au salon de 1769 il n'expose pas moins de 13 grandes toiles:  Renard dans un poulailler, Laitière, Oiseaux exotiques, etc. La note fraîche, naturelle naïve de Huet dans ses représentations d'animaux, opposée au caractère frisé des animaux de l'école de Boucher charma le public. … Comme interprète de la nature, en particulier des chevaux, ânes, chèvres, bovins, et aussi des fauves, qu'il avait l'occcasion d'étudier au Museum d'histoire naturelle,  Huet a ue place éminente dans l'art de son temps.  Il évite de placer ses animaux dans une posture intéressante, il se satisfait de la simple représentation de leur existence de bêtes, comme il a pu les observer quotidiennement durant ses séjours d'été à son domaine de Villiers sur Orge. Mais il enrichit volontiers la composition par des figures décoratives des bergers et des bergères dans le costume idéalisé alors à la mode. Les traits distinctifs de son art apparaissent encore, mieux que dans ses tableaux, dans ses nombreux  dessins souvent exécutés sur papier teinté et dans ses eaux-fortes vigoureuses, bien qu'un peu sèches.  Huet a lui-même reproduit à l'eau-forte la plupart de ses tableaux et dessins et les a réunis dans une œuvre remarquablement conçue pour l'enseignement : Œuvres de J.B.Huet Gravé à l'eau-forte par lui, d'après ses dessins et tableaux. Il a aussi fourni des cartons pour des toiles imprimées, qu'Oberkampf fabriqua à Jouy et pour des Gobelins tissés à la manufacture nationale de Beauvais. 

H.Volmer in Thieme –Becker , Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler

 

" La plupart des œuvres de Huet ont été reproduites par le graveur Demarteau et par Huet lui-même, à qui l'on doit de charmantes eaux-fortes. Cet artiste a laissé en outre des dessins, des aquarelles et des gouaches du plus grand mérite" 

 

 

 

KÜSEL(L) (Melchior)

(*Augsbourg 1626 -† vers 1683)

 

Elève de Math. Merian l'ancien à Francfort sur le Main, il épousa sa fille en 1649. Il revint à une date indéterminée dans sa ville natale. Il travaillait au moins depuis 1655 pour la cour de Munich (payements en 1655, 59, 62). Il résidait à Augsbourg peut-être dès 1655, mais assurément à partir de 1662. Des passages à Vienne et à Munich sont attestés par une lettre de M. Küsell à la cour de Munich. En 1666, il demanda a posteriori le consentement de sa ville à son mariage, alors que sa femme était sans doute déjà morte depuis assez longtemps, afin de pouvoir recouvrer sa citoyenneté augsbourgeoise perdue. En 1667 et en 1673, il se maria une seconde et une troisième fois. Il apparaît de 1667 à 1681 dans les rôles d'imposition augsbourgeois. Sa part dans les gravures de Merian n'est pas encore établie. Dans ses propres éditions, les gravures d'après le peintre strasbourgeois Wilhelm Baur prennent la plus grande place, en particulier celles de l'Iconographia d'après les miniatures dites impériales. Nombreuses aussi furent ses illustrations de livres. Sa technique est si proche de celle de son frère que la séparation de leurs oeuvres n'est possible que pour les pièces signées. Parfois le travail de sa fille Johanna Sibilla se mêle au sien.

Traduit de l'allemand d'A. Hämmerle in Thieme - Becker , Künstlerlexikon.

 

 

 

 

 

LE MEILLEUR (Georges)

(Rouen 1861-1945)

Pointes sèches, eaux-fortes, environ six cents, bois gravés, plus de mille deux cents, lithographies. Sa première gravure est une pointe sèche (épreuve unique datée de 1882. Son œuvre constitue un véritable hymne à la gloire des arbres et a en général pour thème  la campagne de toutes les régions françaises et en particulier de la Normandie.  On trouve aussi cependant de nombreuses vues de Paris. En 1937 ce graveur au solide métier , qui pourtant ne cessera de s'inspirer très librement des maîtres du passé , reçoit le grand prix de la gravure originale en noir de la Société nationale des Beaux arts de Paris, avec La Poulinière, eau-forte 1924.

 Tiré de Janine Bailly-Herzberg.

 

 

LEPÈRE (Auguste)

(1849-1918)

Graveur sur bois français, né à Paris, mort à Domme (Dordogne). Elève de Smeeton, il entre en 1875 au Magasin Pittoresque et au Monde Illustré . Il assouplit sa manière et aère sa facture en interprétant Morin et Vierge, puis ses propres dessins de paysage et d’actualité. Dès 1896, puis dans ses illustrations de Huysmans, il remet en honneur le bois de fil, recherchant la force et la simplicité des vieilles xylographies.

 

 

 

MARVY Louis Gervais

(1815-1850)

Il débuta comme peintre sur textiles à la Manufacture de toiles de Jouy-en-Josas, puis travailla comme dessinateur dans une maison de commerce parisienne. Il se consacra entièrement à l'art à partir de 1838, et apprit la gravure auprès d'Eugène Nyon. Pratiquant les techniques de l'eau-forte puis celle, tombée en déshérence, du vernis mou (qu'il réhabilita), il devint un aquafortiste renommé, ayant la réputation d'être un fin graveur et un coloriste raffiné2.

Le contenu de sa production atteste sa nette prédilection pour les sujets paysagistes. Il exposa régulièrement ses eaux-fortes au Salon de peinture de Paris de 1842 à 1848. Il publia les albums de paysages dessinés durant ses voyages. Il fut l'illustrateur de nombreux livres (notamment les Contes de Perrault) et dessina également pour les journaux, principalement L'Artiste et Le Magasin pittoresque.

Outre sa production personnelle, Marvy grava les œuvres de nombreux autres artistes. Ne s'en tenant pas au répertoire de ses contemporains (notamment les paysagistes Jules Dupré, Théodore Rousseau, Charles Le Roux, Diaz, Louis-Nicolas Cabat et Alexandre-Gabriel Decamps), il fut également un des premiers graveurs à reproduire en planches les tableaux des grands maîtres anciens (en particulier l'intégrale des œuvres de Rembrandt) pour les diffuser auprès du public.

Contraint à se réfugier à Londres lors des troubles de 1848, Marvy y fut accueilli et aidé par le romancier britannique Thackeray, dont il avait été le camarade d'atelier lorsque ce dernier avait entamé des études artistiques à Paris en 18323. Thackeray lui trouva de l'ouvrage au célèbre journal satirique Vanity Fair et l'introduisit auprès de Sir Thomas Baring, dont Marvy put ainsi graver la prestigieuse collection d'œuvres des grands maîtres paysagistes anglais. Thackeray rédigea d'ailleurs les notices explicatives du recueil réunissant ces reproductions, publié sous le titre de Sketches after English Landscape Painters (Londres, 1850).

Louis Marvy était un ami personnel d'Eugène Delacroix et de Paul Gavarni. Il fut le maître de Léo Drouyn et du graveur Adolphe Riffault. Disparu prématurément, il fut enterré au cimetière Montmartre.

Sources

Émile Bellier de La Chavignerie et Louis Auvray, Dictionnaire général des artistes de l'école française depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours, Paris, Librairie Renouard, 1885, tome 2, p. 44.

François-Xavier de Feller & continuateurs, Biographie universelle des hommes qui se sont fait un nom, Lyon-Paris, édition de 1867, tome 5, p. 696.

Article de Wikipedia, s.v. Marvy .

 

MERIAN Matthaeus

(Bâle 1593- Bad Schwalbach 1650)

Matthäus Merian est né le 22 septembre 1593 à Bâle, fils de Walther Merian. Après ses études au lycée, il apprit le dessin, la gravure sur cuivre et la gravure à l’eau-forte à Zurich auprès du graveur sur cuivre Friedrich Meyer. De 1610 à 1615, il étudia et travailla à Strasbourg (chez Dietrich Brentel), à Nancy et à Paris (chez Jacques Callot). En 1615, il réalisa à Bâle son grand plan de la ville de Bâle.

Après des séjours à Augsbourg et Stuttgart (Allemagne) ainsi qu’aux Pays Bas, Merian s’installa à Francfort-sur-le-Main et à Oppenheim (Allemagne), où il travailla pour l’éditeur et le graveur sur cuivre Johann Theodor de Bry. De Bry possédait un atelier de gravure à Oppenheim et une maison d’édition à Francfort qui préparait alors de grands ouvrages de voyages en extrême-orient. En 1617, il épousa la fille de son employeur, Maria Magdalena de Bry, s’installa en 1616 à Bâle, où il acquit le droit de corporation qui lui permit de devenir indépendant. Après la mort de son beau-père en 1623, il reprit la direction de sa maison d’édition à Francfort. Il acquit le droit de citoyen de Francfort en 1626 et put dès lors travailler comme éditeur indépendant. En 1627, il accepta comme apprenti Wenceslas Hollar, qui allait également devenir un célèbre graveur.

Après le décès de son épouse en 1645, Merian épousa Johanna Sibylla Heim en 1646. Sa première épouse lui donna deux filles et trois fils dont Matthäus Merian le Jeune et Caspar Merian qui travaillèrent tous les deux dans son atelier. Son deuxième mariage lui apporta une fille, Anna Maria Sibylla Merian, qui devint peintre de fleurs et d’insectes. Matthäus Merian mourut des suites d’une longue maladie le 19 juin 1650 à Bad Schwalbach près de Wiesbaden. Il repose au Peterskirchhof près de Francfort.

Son grand intérêt pour les questions de religion et l’énergie qu’il puisait dans son rapport personnel à Dieu sont moins connus que son activité d’éditeur. L’expérience personnelle et émotionnelle à travers l’esprit de Dieu l’intéressait plus que l’église, la Bible et les sacrements. En 1637, il écrivit : « Le simple mortel ne peut comprendre l’esprit de Dieu, il le considère comme une folie et une grande hérésie, et fût-il le plus grand savant, eût-il enseigné dans toutes les écoles du monde, connût-il par cœur tous les livres y compris la Bible que cela ne suffirait et ne servirait pas à son bonheur, le Saint Esprit lui-même ne pouvant atteindre le plus profond de l’âme. » C’est dans cet esprit que Merian conçut son blason et son sceau d’éditeur, dans lequel il inscrit la devise « Pietas contenta lucratur » avec, comme animal héraldique, une cigogne.

L'œuvre de Merian fut une source d'inspiration directe pour le Suecia Antiqua et Hodierna de Erik Dahlberg et pour divers travaux de Rembrandt1. Le magazine allemand de voyages "Merian" lui doit son nom.

Œuvre

Parmi son œuvre artistique, il est important de mentionner en particulier les travaux suivants :

Merian reprit et compléta également les dernières parties et éditions des Grands et Petits Voyages ou Collectiones peregrinationum in Indiam orientalem et Indiam occîdenlalem, entamés en 1590 par de Théodore de Bry, père de Jean Théodore de Bry.

Avec son maître Friedrich Brentel : 58 planches gravées en 1611, sur des dessins de Claude la Ruelle et Jean de la Hière portant témoignage de la magnificence des funérailles du Duc Charles III de Lorraine, qui eurent lieu à Nancy de mai à juillet 1608. Voir l'exemplaire de la Pompe funèbre conservé à l'INHA

avec son beau-père Jean Théodore de Bry, divers ouvrages ésotériques, alchimiques, rosicruciens : les 200 gravures de Utriusque cosmi historia de Robert Fludd (1616-1627), les 50 planches de Atala fugiens de Michael Maier (1618)

les plus de 250 petits formats de paysages de la région de Bâle (1620-1625) ;

les illustrations pour la Bible allemande traduite par Martin Luther (de 1545) ; les gravures sur cuivre réalisées personnellement par Merian furent insérées de manière continue dans le texte biblique ; c’est pourquoi on appelle cette Bible également Bible de Merian (1625-1630), imprimée chez Lazare Zetzner à Strasbourg ;

une Bible illustrée de 159 pages, Ancien et Nouveau Testaments, avec 78 gravures sur cuivre et des textes courts (versets), en latin, allemand et partiellement en français, (Francfort 1627) ;

le grand plan à vue d’oiseau de Francfort sur le Main en 4 plaques (1628, plusieurs tirages retravaillés jusqu’en 1771) ;

la Historische Chronik (Chronique historique) avec les textes de Johann Ludwig Gottfried (1629-1632) ;

l’œuvre en plusieurs volume Theatrum Europaeum (1629-1650, poursuivie par ses héritiers) sur la topographie européenne et les événements politiques et militaires pendant la Guerre de Trente Ans ;

la description de tous les royaumes de la terre sous le titre de Archontologica cosmica avec les textes de J. L. Gotfried (1638) ;

la Topographia Germaniae, son œuvre maîtresse (à partir de 1642), dont les textes ont été écrits par Martin Zeiler (1589-1661), géographe allemand. La Topographia Germaniae parut initialement, de 1642 à 1654, en 16 volumes. Après sa mort, son fils Matthäus Merian le Jeune reprit son œuvre et ajouta d’autres volumes jusqu’en 1688 avec la description d’autres lieux en Europe, en particulier la France, l’Italie et la Crête. L’œuvre complète comptait finalement 92 cartes et 1486 gravures sur cuivre avec 2142 vues de villes, bourgs, localités, châteaux, et cloîtres répartis sur 30 volumes. Elle comprend également de nombreux plans de ville et cartes ainsi qu’une mappemonde. La Topographia constituait ainsi la plus grande œuvre de publication de son temps. Les vues reproduites de façon très juste par Merian sont exemplaires au niveau de la perspective et elles constituent souvent les documents fiables les plus anciens sous forme de gravure sur cuivre et eaux-fortes des lieux en question ;

la Totentanz von Basel (Danse de la mort de Bâle) (1644).

Article de Wikipedia, s.v. Merian Matthaeus.

 

PERELLE (Nicolas)

(Paris 1631 - 1695)

 

"Nicolas Perelle, l'aisné de ses enfants, étoit né à Paris, où son père s'étoit venu établir comme on l'a dit. Il apprit sous luy à dessiner et à graver le paysage, et il ne s'y rendit pas moins habile. Il imita mesme si parfaitement la manière de son père qu'il est bien difficile de distinguer les ouvrages qui appartiennent à l'un et à l'autre. Dans sa jeunesse, il avoit fréquenté l'école de Simon Vouet — Félibien le dit aussy, page 189, t. II— dans la veue d'embrasser la peinture, et l'on assure qu'il promettoit autant qu'aucun autre des célèbres élèves qui sont sortis de cette école. Vouet l'aimoit et le distinguoit, parce qu'il lui remarquoit d'excellentes dispositions, mais il ne put pas profiter entièrement de cette bonne volonté, Vouet étant mort peu de temps après. Outre des paysages de son invention, et des veues d'après les desseins de Sylvestre, il a encore gravé un tableau du Poussin qui représente Phaëton chez le soleil, quatre petits sujets de bachanales de son génie, dans le goût de Vouet, plusieurs profils de villes pour le chevalier Beaulieu, et plusieurs pièces pour le livre de l'Histoire de Charles Gustave, roy de Suède; ce sont, je pense, ses derniers ouvrages. Il se retira depuis à Orléans, d'où estoit sa femme, et il y est mort. Il a peint des tableaux d'histoire, des portraits et des paysages, mais en petit nombre; mais le travail lui coutoit; il s'y mettoit plustost par nécessité que par amour. Quoyque les petites figures qui se rencontrent dans ses compositions de paysages ne soient pas d'un grand goût, elles sont cependant touchées plus fermement que celles de son père et de son frère. Il dessinoit assez bien. C'est sur son dessein que Couvay a gravé le Miracle de saint Nicolas, dont le tableau de Vouet est dans l'église de Saint-Jacques de l'Hôpital, à Paris.

 Memoires pour la vie de Gabriel Pérelle de Vernon...de Nicolas Pérelle, de Paris, son fils aîsné..." in Abecedario de Pierre Jean Mariette, publié dans Archives de l'art français, vol 8, pp. 105 - 106.

 

 

PERELLE  (Adam)

(* Paris 1638 - † Paris 26 mars 1695)

 

"Adam Perelle étoit frère cadet du précédent; il nacquit la même année que le roy Louis XIV, c'est-à-dire en 1628 [sic]. Dès ses plus tendres années , il embrassa la même profession que son père; il étoit encore fort jeune. On prétend qu'il n'avoit guères pour lors que quatorze ans, qu'il étoit déjà occupé à graver pour le chevalier Beaulieu les profils en petit des villes conquises par les François sous le règne de Louis XIV. Il en recevoit un écu pour chaque planche, et l'on dit qu'il étoit si expéditif que, quoyqu'il ne négligeât rien pour les terminer, il en achevoit quelquefois une en un jour. Par là il est aisé de concevoir comment il a pu, quoyqu'occupé à montrer à dessiner, mettre au jour une aussi grande quantité de planches dont il n'y en a aucune qui ne soit fort terminée; et cependant, il donnoit encore une bonne partie de son temps au plaisir. Au lieu que son père se servoit du vernix dur, celuy-cy employoit le vernix mol et l'eau forte d'affineur; mais il n'etoit pas moins heureux à donner à propos l'eau-forte à ses planches, en sorte qu'il n'étoit presque jamais nécessaire d'y retoucher. A cela près, il suivoit exactement tout ce qu'il avoit veu pratiquer à son père, quoyque dans un moindre degré de perfection. Il étoit comme luy maniéré, et même encor davantage; tout ce qu'il gravoit, il le chargeoit également de travail; le ciel, les terrasses, les arbres, les fabriques, tout étoit ouvragé de même, et par là son paysage devenoit lourd, ses terrasses molles et indécises, ce qui étoit encore causé par la trop grande quantité de points qu'il y introduisoit. L'on peut aussy luy reprocher d'avoir presque toujours répété les mêmes dispositions de paysage, et de ne les avoir point variés. C'étoit faute d'étude et pour s'être trop abandonné à la pratique. Cela se remarque même jusque dans les veues qu'il a dessiné d'après nature; il ne pouvoit s'assujétir à les rendre fidèlement, témoin tout ce qu'il a fait en ce genre pour le sieur Langlois. Il en prenoit le plus souvent une légère idée, et de retour chez luy, il les finissoit de mémoire, et par malheur sa mémoire le servoit fort mal. La sorte d'habitude qu'il avoit contractée de jeunesse à travailler de pratique, ne luy pouvoit permettre de se captiver à imiter ce qu'il voyoit et jamais personne ne fut moins propre à rendre les ouvrages des autres. Remarque-t-on quelque étincelle du goût de Callot dans la suite de paysages qu'il a gravé sur ses desseins ? Il avoit plusieurs écoliers de distinction à qui il apprenoit à dessiner; le grand prince de Condé luy fit même l'honneur de le choisir pour maistre de dessein du duc de Bourbon, son fils, et ce fut pour l'usage de ce prince qu'il fit les trois livres de leçons de paysages qu'il a gravé. Il étoit pour lors extrêmement décheu. Plus il avançoit en âge, plus sa main s'appesantissoit, et son génie, devenant aussy plus lourd, à cause des excès qu'il faisoit dans le vin, et qui luy avoient presqu'entièrement ôté le sentiment. On s'en apperçoit aisément dans ses derniers ouvrages, qui ne sont presque pas supportables. Il n'avoit jamais sçu mettre une figure d'ensemble, et sur la fin de sa vie, il s'avisa d'en vouloir introduire d'assez grandes dans ses paysages, qui sont extrêmement mauvaises. Il mourut vers le commencement de ce siècle, ayant fait deux élèves : Moyse Jean Baptiste Fouard de Paris, né en 1653...C'est à luy que je dois tous les mémoires que j'ay rassemblés touchant la vie des Pérelles.

in Mémoires pour la vie de Gabriel Pérelle de Vernon...de Nicolas Pérelle, de Paris, son fils aîné,...et de Adam Pérelle, aussy de Paris, son fils puisné, né en 1638, mort à Paris le 26 mars 1695" in Abecedario de Pierre Jean Mariette, publié dans Archives de l'art français , vol. 8, pp. 106 - 107.

 

 

TEYSSONNIÈRES  (Pierre)

Albi  6 juin 1934-

Peintre et graveur , né à Albi (Tarn) le 6 juin 1834. Elève de son père et de MM. Maxime Lalanne et Léo Drouyn pendant le long séjour qu'il fit à Bordeaux ; a exposé au salon de Bx depuis 1866  et à celui de Paris depuis 1868, y a obtenu une 3e médaille, en 1878 ; a été aussi médaillé aux expositions internationales de Londres, Amsterdam, et Barcelone, 1ere médaille. Officier d'Académie le 13 juillet 1888 et décoré de plusieurs ordres étrangers. Ses œuvres sont très recherchées en Amérique surtout. Parmi ses très nombreuses productions, citons les œuvres ci-après qui ont figuré au salon de Paris : Le pont de Bx, eau-forte, 1868, Les bords de la Garonne à Lormont, Les oubliés de la Bastille, Forêt de l'île de Cuba, eaux-fortes, 1869 ; La rue Quintin à Bordeaux en 1865 peinture, 1869 ; Le donjon de Libourne (Gir.) et Les buveurs, peintures, 1870, N-D d'Arcachon, Dans les Landes (Gir.), peintures, 1870 ; La digue de la Garonne à Saint-Macaire et La plage d'Andernos, peintures, 1872. Vainqueur ou vaincu, eau-forte, 1873 ;La mort du duc d'Enghien, Le pape Formose et Saint Ambroise instruisant Honorius enfant d'après J. P. Laurens, 1874 ; Le chemin de Robin à St Macaire, peinture, et Le ravin de la Castillane, fusain, 1875 ; Le quai de la monnaie à Bx, aquarelle ; Les environs de St Pierre de Langon, peinture, 1876 ; Don Juan, Les Fourberies de Scapin et autres planches, d'après E. Bayard, pour le Molière de M. H. Bordes, 1877. Eliezer et Rebecca, d'après Tiepolo, mention hon. 1877 ; Chasse au faucon, d'après Fromentin, gravure reçue à l'exposition universelle de 1878; Le château Brown-Cantenac, eau-forte, 1879 ; La Magdelaine et décor de marionnettes, d'après de Beaulieu, 1880 ; La buttte des Clines, (Eure), peinture,1881; La brèche de Sahorre, peinture appartenant à M. de Lalande, 1882 ; Portrait de Pierre Corneille, d'après le portrait original de Lebrun, gravure, 1882, Travail et débauche, Fileuse et Tricoteuse, fac-similés de dessins d'après Millet; L'alcool d'après de Beaulieu ; Un apprenti, d'après  S. Durand, eaux-fortes; 1833 (sic); Le cap de Grouin, peinture, Samson terrassant les Philistins, d'après Decamp ; Paysages d'après Rousseau, Corot, etc. eaux-fortes, 1884; Portrait de Molière d'après une peinture du temps ; dessins de Leloir pour Jacques le fataliste, eaux-fortes, 1885; Deux filles de la mer, d'après Delobbe ; Portrait de l'abbé Michon et de Varinard, eaux-fortes, 1886 ; Rivière de Cady, fusain, et Marie Stuart, eau-forte, 1887; Rentrée à la ferme, d'après Vernier, et Le Duel, d'après de Beaulieu, eaux-fortes, 1888; Retour de pêche d'après Feyen-Perrin,1889. L'exposition universelle de 1889 contient de cet artiste : Travail et débauche, d'après Millet, L'alcool d'après de Beaulieu. On lui doit le joli portrait  d'après Lagrange-Chancel, placé en tête de ses Poésies inédites, publiées en 1878par M. J. Delpit.

 (Féret 1889).

 

P. Teyssonnières a habité 3 rue Duffour-Dubergier à Bordeaux et 92 cours des fossés à Bordeaux, comme en font foi des cartes de visite gravées à l'eau-forte, de la collection J. C.

1. Une embarcation à voile et un débarcadère sur un fleuve bordé d'arbres, e-f ,57 x 83 mm aux limites du sujet sans t.c., avec adresse P. Teyssonnières Cours des fossés 92 Bordeaux

2. Un voilier à sec sur un banc de sable, devant un horizon marin et quatre barques, même adresse, e-f, 47 x 95 mm au t.c.

3. Un voilier amarré à un débarcadère terminé par une grue, devant un fleuve avec deux bouées, et deux peupliers à droite. E-f, 58 x 111 mm au t.c. avec l'adresse P. Teyssonnières 3 rue Duffour-Dubergier Bordeaux.

4. Un chemin de halage au bord d'un vignoble, avec un voilier, un bouquet d'arbres et une maison à droite. Même adresse que le précédent. E-f  59 x106 mm.

Il a publié chez Cadart.

 

 

 

VILLENEUVE (Louis Jules Frédéric)

(Paris 1796-1842)

Peintre de paysage et lithographe, Frédéric Villeneuve est l'élève de Regnault. Il entre à l'école des Beaux Arts en 1817, poursuit ses études en Suisse et en Italie, et travaille quelque temps à Milan. Il peint d'abord des paysages historiques dans le style de Salvator Rosa et figure au Salon de 1821 à 1841 où il obtient un grand prix en 1821 et une médaille de 2e classe en 1824 et en 1833. En tant que lithographe, Villeneuve publie une suite de vues chez Lasteyrie en 1819  et compte parmi les principaux dessinateurs de l'ouvrage du baron Taylor  et de Charles Nodier . Il prend part également à l'illustration du livre de Golbéry et Schweighaeuser , Antiquités de l'Alsace,1828, ainsi qu'à plusieurs recueils de paysages suisses et italiens.

in Paul Ahnne et M. C. Hamm, Visages romantiques de l'Alsace. Strasbourg, 1984.

 

WATERLOO (Anthonie)

(* Lille 1609 - †Utrecht 23 oct. 1690)

Né à Lille alors espagnole, où il fut baptisé le 6 mai 1609, fils d'un tailleur, mais cousin germain par sa mère, Madeleine Vaillant, de toute une famille de graveurs à l'eau-forte et à la manière noire, il fut confirmé à l'église wallonne d'Amsterdam le 26 mars 1630. Sans doute sa famille avait-elle fui la guerre entre Flamands et Espagnols de 1621. Il se maria le 13 mai 1640 à Zevenbergen avec Catharina Stevens van der Dorp Hoomis, veuve avec deux enfants. Le contrat nous apprend qu'il apporte tous ses dessins et gravures et un avenant, que sa femme est marchande de tableaux. Ils eurent six enfants baptisés entre 1641 et 1651. Waterloo mourut après sa femme le 23 octobre 1690 à l'âge de 81 ans à l'hôpital St Job d'Utrecht. Un mythe veut qu'il soit mort pauvre. Au contraire Houbraken, son biographe, parle de sa prospérité. Son frère et sa soeur, qui lui ont survécu, étaient apparemment aisés et vivaient à des adresses prestigieuses à Amsterdam. Une lettre écrite d'Amsterdam le 17 septembre 1652 par J. C. Danneaux, apparemment courtier en tableaux, à un prince suédois suggère que Waterloo était marchand de tableaux autres que les siens. Michel de Marolles le cite avec éloge en tête des artistes hollandais dans une critique en vers de 1657, donc du vivant de Waterloo. Celui-ci a voyagé souvent entre Amsterdam et Utrecht, observant dans la campagne les arbres qu'il aimait, tout en gardant son domicile à Amsterdam. Mais il a été plus loin. Dans la Kunsthalle de Hambourg par exemple, il y a des dessins signés de sa main qui portent des noms de villages près de Hambourg. Ses paysages rocheux semblent pris, selon Straeter, aux bords de la Meuse entre Liège et Dinant. On a supposé qu'il a été jusqu'à Dantzig. Quelques-unes de ses gravures ont l'air italien, mais il n'est pas évident qu'il ait fait le voyage d' Italie: il a bien pu se servir de dessins rapportés par des artistes contemporains comme Jan Both ou Cornelis Saftleven. "Pour Waterloo, les figures humaines sont en réalité comme un accessoire servant à accentuer le sentiment du paysage et en général sans autre but que de respecter une convention. Il est purement et simplement graveur de paysages." (William Bradley) Il travaillait à l'eau-forte, ce qui permettait le travail original, à main levée. Les gravures de Waterloo furent spécialement appréciées durant la vogue du pittoresque chez les Anglais de la seconde partie du XVIIlème siècle. Elles étaient pour maint artiste anglais le modèle de ce qu'un vrai paysage se devait d'être.

Traduit de l'anglais de The Illustrated Bartsch.