Roger de Piles
    (1635-1709)
      
   De l'utilité des Estampes
   & de leur usage
   
    
     Réédition
     par
     Michel Wiedemann
   
    
     © 1998
    

Le texte de la présente édition

     Le texte de Roger de Piles que nous republions est paru pour la première fois en 1699, dix ans avant la mort de l'auteur sous le titre : Abrégé de la vie des peintres, avec des réflexions sur leurs ouvrages, et un traité du peintre parfait, de la connaissance des dessins et de l'utilité des estampes. Paris, F. Muguet, 1699. in-12, pièces liminaires, 540 p. & planche. Ce sera pour nous l'édition a, cotée V23908 à la Bibliothèque Nationale de Paris. Une deuxième édition paraît la même année chez N. Langlois en 340 p. in-12. Elle est cotée 49556 à la Bibliothèque Nationale.
     Le livre est réédité sous le titre de l'Abregé de la vie des Peintres, avec des reflexions sur leurs Ouvrages et un Traité du Peintre parfait ; De la connoissance des Desseins ; de l'utilité des Estampes Par M. De Piles. Seconde édition, revûë & corrigée par l'Auteur ; avec un abregé de sa Vie, & plusieurs autres additions [ par l'abbé Fraguier]. A Paris, chez Jacques Estienne, ruë S. Jacques, au coin de la ruë de la Parcheminerie, à la Vertu. MDCCXV. Avec approbation & Priuilege du Roy. Cette édition in-12 en 554 p. de 1715 est posthume, mais ce serait la dernière que l'auteur, mort en 1709, ait revue, si nous en croyons la page de titre. Elle est cotée V23909 et 49557 à la Bibliothèque Nationale de Paris, ou A5722 à la Bibliothèque Municipale de Bordeaux. Nous l'appellerons désormais l'édition b et nous la prendrons comme texte de base.
     Par la suite, ce texte, extrait de l'Abrégé, a été repris sans nom d'auteur dans une édition posthume, que nous appellerons c, des Entretiens sur les Vies et sur les Ouvrages des plus excellens Peintres anciens et modernes ; avec la vie des architectes, par Monsieur Felibien. Nouvelle édition, revue, corrigée & augmentée des Conferences de l'Académie Royale de Peinture & de Sculpture ; de l'Idée du peintre parfait, des Traitez de la Miniature, des Desseins, des Estampes, de la connoissance des Tableaux, & du Goût des Nations ; de la Description des Maisons de Campagne de Pline, & de celle des Invalides. A Trevoux de l'imprimerie de S. A. S. MDCCXXV [1725]. Elle est cotée V.39062-39067 à la Bibliothèque Nationale de Paris. Au tome VI, pp. 71-88, se trouve le Chapitre XXVII de L'idée du peintre parfait, qui, ainsi placé, a passé pour une œuvre de Félibien.
      Mais cet ouvrage n'est pas de lui. Des textes divers ayant trait aux arts ont été joints à ceux de Félibien, sans nom d'auteur, dans l'édition de Trévoux. Jacques Thuillier l'a établi dans la Bibliographie d'André Félibien, annexe de son article "Pour André Félibien " in XVIIe siècle , N° 138, janvier-mars 1983, p. 92.
     "On exclura de l'œuvre de Félibien un ouvrage donné par tous les auteurs ( y compris le catalogue de la Bibliothèque Nationale, le Dictionnaire des anonymes de Barbier et la bibliographie de Cioranescu): l' Idée du peintre parfait pour servir de règle aux jugemens que l'on doit porter sur les ouvrages des peintres, Londres, chez David Mortier, 1707, in-12, 92 p. (sans nom d'auteur). Repris dans l'édition de Trévoux, 1725; d'Amsterdam, 1736, etc. Il s'agit en fait d'un texte de Roger de Piles, tiré de son Abrégé de la vie des peintres, Paris, 1699, et artificiellement composé du premier livre joint au dernier chapitre ("Du goût des Nations")."
     Nous donnons ci-après une transcription en caractères modernes qui diffère du texte original de l'édition b seulement en ce que les s longs, qu'il emploie à l'initiale et au milieu des mots, manquant dans nos polices de caractères, sont remplacés par les s courants d'aujourd'hui. Nous avons conservé l'orthographe, l'accentuation et la ponctuation du texte de 1715, tandis que l'édition c  de 1725 a suivi en partie l'anonyme Plan d'une ortographe suivie par les imprimeurs publié en 1719 par les Mémoires de Trévoux , qui fixe, à peu de choses près, les réformes que reprendra l'Académie Française dans l'édition de 1740 de son dictionnaire. Nous avons donc dans les variantes de l'édition c un spécimen de l'orthographe de l'imprimeur de Son Altesse Sérénissime Monseigneur Prince souverain de Dombes, à Trévoux en 1725. Dans cette petite ville, siège d'un parlement, capitale de la principauté, qui sera rattachée à la couronne de France en 1762, s'imprimaient aussi le Journal de Trévoux, publié par les Jésuites depuis 1701, et le Dictionnaire dit de Trévoux, révision de celui de Furetière. On s'apercevra toutefois que les variantes de c ne sont pas seulement des modernisations orthographiques. Une seconde main a réécrit le texte en modifiant tel adjectif, telle locution vieillie pour leur substituer une expression plus au goût du jour. Loin des scrupules de philologue auxquels nous nous conformons, l'éditeur du XVIIIème siècle juge que la survie du texte passe par le plaisir du lecteur et cette considération l'emporte sur la fidélité à l'original.

Pour des raisons techniques le texte de Roger de Piles se trouve dans un fichier séparé, accessible en cliquant sur le nom de fichier ci-dessous

DE_PILES_texte_de_B_sans_intro