Exposition à Toulouse
Jacques MURON
Burin et pointe sèche, dessin
Exposition du mardi 6 décembre 2011 au samedi 7 janvier 2012 ,
vernissage le mardi 13 décembre 2011 à partir de 18 heures
à la salle de conférence de la librairie Ombres blanches 50 rue Gambetta 31000 Toulouse ,
ouverte du lundi au samedi de 10 à 19 heures.
Contact avec l'artiste : 06 87 41 04 84
exposition à Castelsarrasin
Exposition du 9 décembre 2011 au 28 janvier 2012 à la Galerie d'art municipale 46 rue de la Révolution 82100 Castelsarrasin
Ouverture du mardi au samedi de 10 à 12 h et de 14 h à 18 h tél. 05 63 32 51 07 art.castel@wanadoo.fr
MARC DAUTRY (1930-2008)
Dessins , lithographies, monotypes
Biennale de l'Estampe à St Maur des Fossés—> 4 décembre 2011
Biennale de l’Estampe
Du 8 octobre au 4 décembre , le musée de Saint-Maur présentera la Biennale de l’Estampe qui aura pour thème "Paysages Urbains". De multiples visions contemporaines vous attendent…
Depuis 2003, cette manifestation n’a rien perdu de son dynamisme et reste ouverte aux artistes de tous horizons puisque 30% d’entre eux vivent à l’étranger.
Informés par les attachés culturels des ambassades, les écoles d’Art, les ateliers de gravures et les galeries, les artistes travaillent pendant les deux années qui précèdent la biennale pour pouvoir soumettre cinq œuvres répondant au thème, différent chaque édition.
Cette année, ils furent 266 à participer à ce concours. Le jury de sélection a regardé attentivement les 1330 œuvres reçues et en a retenu 106. Professionnels du monde de l’art et en particulier de l’Estampe, ils se sont attachés à ne choisir que des œuvres illustrant le thème et dont la qualité est irréprochable, tout en restant attentifs au style et à la personnalité des artistes. Les 29 nationalités différentes des participants donnent une couleur bien spécifique à l’exposition car la sensibilité des diverses cultures est très palpable dans les œuvres. Cela apporte une grande richesse dans l’interprétation du thème et aussi dans les techniques de gravures.
Visions d’architectures réelles ou visionnaires, perspectives étonnantes, chantiers, routes ou usines abandonnées, la présence de l’homme est plus suggérée que réelle et nous renvoie l’image de nos sociétés en perpétuelle mutation. La participation d’un quart d’artistes de moins de 40 ans répond à la création du Prix Jean Couy, réservés aux jeunes talents. Nombres d’œuvres de très jeunes graveurs sont déjà remarquables par leur maturité et l’affirmation précoce de leur univers esthétiques.
Cette année encore, la Biennale de l’Estampe de Saint-Maur est à la hauteur de sa réputation. Un véritable honneur pour notre ville qui donne ainsi la possibilité aux jeunes graveurs de se faire connaître du public aux côtés de leurs aînés au talent déjà confirmé.
Renseignement : 01 48 86 33 28
TRIENNALE DE GRAVURE EN TAILLE-DOUCE DE LISLE SUR TARN
Le musée Raymond Lafage de Lisle sur Tarn exposera du 17 mars au 28 mai 2012 les résultats de son concours triennal ouvert aux candidats résidant en France et présentant deux estampes originales monochromes d'un format compris entre 10 x15 et 40 x50 cm , produites par les techniques de la taille-douce (burin, pointe sèche, manière noire, eau-forte , aquatinte, vernis mou ) et datant des cinq dernières années. Les œuvres sont à envoyer entre le 16 novembre et le 16 décembre 2011.
On trouvera les détails du règlement et le bulletin d'inscription en cliquant ici sur les trois liens suivants
REGLEMENT_DE_LA_TRIENNALE_DE_GRAVURE
La_2eme_Triennale_de_Gravure_en_taille_douce_de_Lisle_sur_Tarn
Au programme de l'EDA pour le 20 septembre 2011
Louis René Berge
9, rue Verniquet
75017 Paris
La gravure à Bordeaux vit d’allers et retours avec Paris : c’est le cas depuis quatre siècles. Cette ville a vu naître au vingtième siècle deux burinistes, Louis René Berge en 1929 et Mohlitz en 1941, qui sont partis avec le même instrument dans des directions opposées, le premier, autodidacte, vers l’intériorité, la raréfaction des motifs et la concentration des effets, le second, élève de Delpech à Paris, revenu à Bordeaux, vers la prolifération des détails, le fantastique et surtout le sarcasme.
Louis René Berge, devenu membre de la section de gravure de l’académie des Beaux arts, qui revient à Bordeaux présenter à la salle Mably un panorama de toute sa production, montre des arbres, des chaises, des gens qui attendent, qui marchent, qui manifestent, des ombres, des planches, des grilles, des pointes, peu d’éléments, mais le plus souvent tirés du réel, de notre histoire collective ou de son histoire intime. Mais ces histoires ne deviennent pas des tableaux d’histoire. Berge concentre les évènements en quelques formes assemblées, presque silencieuses, sans pathos, sans éloquence, qui engagent à contempler. Il les couvre de nappes de traits parallèles, croisés quand il faut une ombre, ou interrompus pour laisser apparaître des formes par le blanc du papier. Dans cet art du temps qui s’oblige à la lenteur, la vie se cache sous des plis de marbre.
Exposition du 20 septembre au 5 octobre 2011, salle capitulaire, cour Mably, 3 rue Mably à Bordeaux
Ouvert tous les jours de 13 h30 à 19 h, entrée libre. Inauguration le jeudi 22 septembre à 18 h.
Louis René Berge : 9, rue Verniquet 75017 Paris
tél. 01.47.66.70.87 ou 09.50.29.70.90. ou 06. 79.81.60.66. Site : http://louisrene.berge.free.fr
Curriculum vitae
Né à Bordeaux, élève de divers établissements secondaires bordelais, il ouvre à Paris une entreprise de publicité, qu'il vend pour s'adonner à la gravure.
Il commence la gravure dans les années soixante avec les encouragements de Jacques Villon,
Après une interruption totale de dix années, il reprend définitivement la gravure en 1975 quasi exclusivement au burin.
EXPOSITIONS
Expose, depuis 1975, dans les principaux salons français (dans la section gravure) :
Réalités Nouvelles — Salon de Mai — Salon d’Automne et dans les Associations de gravures : La Jeune Gravure Contemporaine – Le Trait – L’Amateur d’Estampes, la Société française des Peintres Graveurs etc…
Participe à des expositions de groupe ou personnelles en France et à l’étranger :
Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Etats-Unis, Irlande, Japon, Ukraine …
De 1975 à 1999, a exposé régulièrement à la Galerie Biren jusqu'à sa fermeture.
PRIX ET DISTINCTIONS
Lauréat en 2002 du prix du burin de la Fondation Taylor.
Membre de l’académie des Beaux-Arts de l’Institut de France.
Officier des Arts et Lettres.
LIVRES
A réalisé avec le poète Vargaftig trois livres :
« Fragment de Souffle » en 1993
« Que l’énigme se détache » en 2002
« L’énigme n’est jamais niée » en 2005
Et avec l’écrivain Claude Louis-Combet :
« Géographie Intérieure » en 2003.
COLLECTIONS PUBLIQUES
Bibliothèque nationale de France – Bibliothèque de l’Institut de France
Musée d’Art Moderne de la ville de Paris – Musée Albertina de Vienne (Autriche)
Bibliothèque Municipale de Cherbourg – Musée de Gravelines
EDITIONS DE GRAVURES
La Gravure Originale – Le Crédit National – Le Trait – L’Amateur d’Estampes –
JGC (La Jeune Gravure Contemporaine).
L'Arbre , exposition à la Bibliothèque de Bordeaux avril 2011
L’arbre
Exposition à l’occasion de l’assemblée générale de l’association
L’Estampe d’Aquitaine
1ère partie : XVe – XVIIIe siècles
Du 31 mars au 13 avril 2011
Bibliothèque de Bordeaux-Mériadeck
4e étage, fonds anciens et patrimoniaux
Entrée libre aux heures d'ouverture de la bibliothèque
Une deuxième partie (XIXe-XXIe siècles ) sera présentée au même lieu dans la première quinzaine de mai.
En cliquant sur les images qui suivent, vous pourrez les agrandir.
Après la liste des gravures viennent un répertoire alphabétique des peintres et graveurs cités
puis une suite de textes sur l'arbre :
Roger de Piles, Cours de peinture par principes (1708)
P. H. Valenciennes, Élémens de perspective pratique à l'usage des artistes, suivis de Réflexions et Conseils à un Elève sur la Peinture, et particulièrement sur le genre du Paysage (1800)
Marcel Saule, Le pin à crochets dans la haute montagne pyrénéenne (2011)
Vous pouvez aussi voir le diaporama complet de l'exposition en cliquant dans la colonne de gauche
sur l'album d'images intitulé L'Arbre.
Ouvrages de la Bibliothèque
de Bordeaux
A.
Pierre Belon (1518-1564)
Les Observations de plusieurs singularitez et choses mémorables, trouvées en Grèce, Asie, Judée, Égypte, Arabie, & autres pays estranges, rédigées en trois livres, par Pierre Belon,.... - A Paris : chez Hierosme de Marnef, & la veufve Guillaume Cavellat , 1588. - [24], 468, [2] p. : ill. gr. s. b. dépl. ; in-4 (ã-i4 A-Z4 AA-ZZ4 AAa-NNn4)
Deux cartes dépl. gravées sur bois. Nombreuses illustrations dans le texte, gravées sur bois. Marque au titre. Ex-dono ms Barbot et cachet de l'Académie des sciences et belles-lettres de Bordeaux au titre
Cote S2025
B.
Colin, Anthoine (156.-16). trad.
Histoire des drogues, espiceries, et de certains médicamens simples qui naissent ès Indes tant orientales que occidentales, divisée en deux parties : la Ie, de Garcie du Jardin et de Christophle de La Coste ; la 2e, de Nicolas Monard, traittant de ce qui nous est apporté des Indes occidentales : le tout translaté en françois sur la traduction latine de Clusius, par Anthoine Colin. - Lyon : J. Pillehotte, 1602. - ff. lim., 711 p. : table ; fig. ; in-8
Orta, Garcia de
Acosta, Christoval (1525?-1593?)
Monardes, Nicolas (150.?-1588)
Cote S12710
C.
Ferrari, Giovanni Battista. S. J., Le P.
Hesperides, sive de Malorum aureorum cultura et usu libri quatuor Jo. Baptistae Ferrarii,.... - Romae : sumptibus H. Scheus, 1646. - In-fol., pièces liminaires, 480 p., l'index et pl. gravées
Cote D1146
Liste des gravures présentées
par les membres de l'association
1. Anonyme L, graveur vénitien plagiaire de Jean Grüninger à Strasbourg, Enée arrivant en Italie chez le roi Evandre.
Gravure sur bois de fil.
Illustration des vers 121-153 du chant VIII de l’Enéide de Virgile.
Venise, chez Lucantonio Giunta, 1522, d’après l’édition strasbourgeoise de 1502 par Jean Grüninger [1].
La page est organisée autour de deux vers de Virgile qui constituent le texte majeur. Autour de lui en plus petits caractères, les gloses des commentateurs et des grammairiens.
On reconnaît Enée arrivant chez le roi Evandre et son fils Pallas, alors qu’a lieu, sur le site futur de Rome, un sacrifice à Hercule suivi d’un festin en plein air.
Les bateaux sur lesquels Enée a remonté le Tibre sont des vaisseaux de haute mer équipés pour la guerre de châteaux de bois. Les arbres sont figurés assez grossièrement ramifiés, le feuillage est tracé feuille à feuille, mais on ne saurait en identifier l’espèce à partir de ces formes fuselées disposées en bouquets. La forêt est certes plus sombre que la côte dégagée du premier plan, et l’ombre est marquée sur l’un des côtés de l’arbre derrière Evandre, mais c’est une ombre propre factice plutôt qu’une observation de la nature. Elle sert à délimiter les formes, à isoler les plans, mais non à indiquer la projection de la lumière sur un objet : les personnages, l’arbre, les rochers ne projettent pas d’ombre, les bateaux sont d’un noir uniforme. La figuration de la lumière est aussi schématique que celle de l’arbre.
2. CRANACH Lucas (Kronach 1472 - Weimar 1553), Adam et Eve au paradis terrestre.
Xylographie sur bois de fil, 33,5 x33 cm au t.c.
Signé des lettres LC avec le dragon, daté 1509 avec inversion des chiffres, armoiries de la Saxe accrochés à l'arbre.
Retirage moderne de la Reichsdruckerei Berlin sur papier vergé, timbre sec en marge.
La scène est conforme au texte biblique de la Genèse quant à la nudité du couple originel, et au rôle du serpent dans la tentation d'Eve et d’Adam. La faute n'a pas encore été consommée, elle est sur le point de l'être, mais la paix règne encore entre l'homme et les animaux, ainsi que parmi les animaux. Le lion dort parmi les cerfs, les moutons, les chevaux, le sanglier et les daims. Cette réunion d'animaux est absente du texte de la Genèse. Elle sert à signifier le paradis terrestre, l'état du monde avant la faute.
L'arbre de la science du bien et du mal a des feuilles qui évoquent le figuier selon Genèse 3,7 et des fruits plutôt semblables à ceux du pommier. Il sert à suspendre les armes de Saxe et la signature du graveur avec la date dans le cartouche comme souvent dans les compositions héraldiques, où l’arbre n’est qu’un support. Mais ici c’est aussi l’arbre aux fruits interdits.
3. Anonyme de Mayence, 1523, [Armée romaine en campagne en Grèce]
Gravure sur bois de fil tirée de
LIVIUS, Titus. Romische historien Titi livii mit etlichen newen Translationen, so kurtzuerschienen jaren im hohenthum Styfft zu Mentz im latein erfunden und vorhyn nit mer gesehen. Traduit en allemand par Bernhard Schöfferlin, Ivo Wittich & Nicolaus Fabri Carbach. Mainz: Johannes Schöffer, 1523.
Illustration de l’envoi de l’armée romaine en Grèce sous Lucius Quintius. Il est question de Marcus Baebius, consul l’année précédente, soit 181 avant J.C.
La page imprimée sur les deux faces présente trois registres superposés dans les limites du trait carré. En bas deux registres de lansquenets et de cavaliers en habits du XVI e siècle, l’anachronisme étant général à cette époque. En haut une embuscade dans une forêt où deux cavaliers sont attendus par une troupe dissimulée dans la forêt.
Là les arbres sont mieux que des troncs noueux, ils ont un feuillage opaque. On pourra reprocher à ce dessin d’avoir donné à la forêt des proportions inexactes, de montrer des arbres à peine plus hauts que la lance d’un cavalier ou d’un fantassin. Mais les arbres ne sont pas de simples contours, ils ont une épaisseur où leurs branches cachent les troncs, un volume dont la lumière éclaire les franges supérieures, tandis que le tronc est entouré de l’ombre des branches basses. Les feuilles ne sont pas isolées, elles sont représentées en masses, ourlées de façon répétitive, trop vague pour qu’on en reconnaisse les espèces.
4. SOLIS Virgile (Nuremberg 1514-1562), Orphée charmant les animaux
Xylographie imprimée sur les deux faces.
7,3 x 9,5 cm au trait carré.
Tirée d'une édition allemande des Métamorphoses d'Ovide.
Metamorphoses Ovidii, argumentis quidem soluta oratione ; Enarrationibus autem & Allegoriis Elegiaco versu accuratissime expositæ, summaq ; diligentia ac studio illustratæ, per M.Iohan.Sprengium Avgvstan. Vnà cum uiuis singularum transformationum Iconibus à Vergilio Solis, eximio pictore delineatis. Cum gratia et privilegio, 1563. Georg Rab * Weigand Hañ * Erb. Sigmund Feierabent.
TIB 7.119 (320), illustration de Metamorphoseon, X, 86-105, 143-44.
Le poète thrace est habillé de la façon qu'on prêtait à la Renaissance aux hommes du monde civilisé : tunique courte retenue par une fibule, mais pourvue de manches courtes, chausses à mi-mollet, manteau . Il n' a pas de costume asiatique, ample ou transparent, ni de bonnet phrygien comme on le voit durant une période de l'art antique. Il est vêtu comme un Grec, couronné de laurier comme un Grec vainqueur aux jeux et joue de la lyre antique à sept cordes. Le poète est assis sur un rocher au pied d'un arbre, au centre d'un paysage de forêt. Son auditoire comprend de gauche à droite, un ours, un cerf couché, un âne, une chèvre, un oiseau, un singe perché dans l'arbre, un écureuil, un lézard, un oiseau, un renard, un bœuf, un lion et une licorne, tous tournés vers Orphée qui joue de la lyre. C'est un anachronisme que la présence de cette licorne, animal imaginaire inconnu de l'Antiquité, mais devenu une obsession de la fin du XVI ème siècle à cause des prétendues propriétés de sa corne, qui révélerait la présence du poison et en annulerait l'effet[2].
Comme dans maints tableaux de Jan Bruegel, la composition met au centre un gros arbre auquel s’adosse le personnage principal. Les détails du tronc ne sont pas suffisants pour une identification. L'écorce présente quelques accidents suggestifs, mais le cadrage ne donne pas une vue d'ensemble. Le texte du mythe explique que les arbres sensibles aussi à la voix d'Orphée se déplaçaient pour l'écouter.
L’ensemble de la composition est la copie inversée de la même scène traitée par le graveur lyonnais Bernard Salomon, mais le canif des graveurs de Virgile Solis est plus expressif que celui de son modèle.
5. COLLAERT Hans I, (1530 ?- 1581), Den grooten Værweg van Elsen. [Le grand canal d'Elsen]
Burin par Hans I Collaert, d’après Hans Bol ou Jacob Grimmer (1575-1580), deuxième édition avec les numéros par Claes Jansz. Visscher à Amsterdam.
133 x196 mm, rogné.
Cette planche est extraite d'une suite de 21 paysages situés autour de Bruxelles.où figurent aussi : Over Muelen, Ter Sijden Laken, Elsen, Sint Gilijs tot Bruesel, Elsen bÿ Brussele, t'Hof van Brussel,Elsene bÿ Brussele, Cleijnen Bijgaerden, Sinthaut, Bij Camere, Seven Hurre, Schaerbeke , De laserije onderwegen schuett, Boven vooret, Sint Jobs te Carolo , Hooch Bootfoort signé H.C en bas à dr., Ter Syden Laken signé sur la planche par les monogrammes HCF(ecit) et H.V.L EX(cudit), Te laken op den rechten wech, achter schaerbeecke , etter beeke.
Une légende en flamand est gravée à l'intérieur du trait carré pour identifier le lieu. Le centre de la composition est au loin une maison minuscule ; un champ et des bois ferment l'horizon. Par devant il y a une rivière ou un lac, une maison sur la berge plantée d'arbres qui se reflètent dans l'eau. Au premier plan, la route que tous empruntent en allant vers la droite s'élève du niveau de l'eau pour franchir une colline. On y voit quantité de personnages, qui semblent vaquer chacun à ses affaires sans qu'il y ait d'action qui les relie: une femme portant un plateau sur la tête, un berger avec ses moutons et son chien, une femme tenant un enfant par la main, un homme portant une canne sur l'épaule, suivi d'un chien, trois cavaliers, trois piétons cheminant une canne sur l'épaule. Parallèle à la route, un canal de dérivation amène ailleurs l'eau de la rivière. Un ouvrage de maçonnerie abrite sans doute une écluse. La route est un simple chemin de terre. La profondeur est donnée par l'échelle décroissante des personnages et des arbres et par le rétrécissement de la route qui est figuré maladroitement. La perspective aérienne est également employée : les lointains sont gravés fin, les arbres gagnent en détails et en contraste à mesure qu'ils sont plus proches du point de vue, des haies sombres au premier plan servent de repoussoir. Les arbres sont représentés par des troncs et des rameaux qui comportent des masses sombres avec un profil ourlé de feuilles sombres sur lesquelles avancent des feuillages plus clairs dans le haut. Mais on ne reconnaît pas diverses espèces, ce sont des feuillus génériques. Les arbres comme les personnages projettent une ombre au sol qui vient de la gauche et qui s'atténue avec la distance. Le paysage est donc rempli de figures et de fabriques de la gauche à la droite, du premier plan à l'horizon, il y a dissémination de l'intérêt sans qu’aucun axe soit privilégié. Le goût flamand au XVI e siècle, c'est en général l'accumulation profuse de détails, comme on le voit dans les kermesses de Bruegel ou les compositions de Bosch.
6. CALLOT (Jacques), Les saules au bord de l’eau (Lieure 621).
(Nancy 1592-1635)
In Lux Claustri N°23, édition de 1646 chez Langlois à Paris.
Eau-forte au vernis dur. Cuivre 0, 59 x0,081 ; 0,057 x 0,079 au t.c.
La petite gravure que nous présentons est tirée d'une série de 26 emblèmes illustrant Lux claustri. La lumière du cloistre, representées par Figures Emblematiques dessignées & gravées par Iacques Callot . A Paris, Chez François Langlois, dict Chartres, ruë S. Iacques aux Colonnes d'Hercule contre le Lyon d'Argent. M.DC. XLVI. AVEC PRIUILEGE DU ROY[3]. La deuxième édition fut publiée avec une dédicace par François Langlois à" Patri Domino D. Augustino Ioyeulx, Cartusiæ Parisiensis Priori meritissimo ". Sur chacune des planches, on a imprimé :
1° au dessus de la planche deux lignes: la première contient une inscription en latin, la seconde une inscription en français.
2° au dessous de la planche : deux vers latins, puis quatre vers français.
Au dessus : TUTIOR INTER FLETVS , QVAM /RISVS CASTIMONIA
Les pleurs mieux que les ris côservêt l’Ame pure.
Au dessous :
Amne suum nutriunt vudritura salicta virorem
Sic lachrimæ florem virginitatis alunt.
Le saule entretenu sur le bord d’une eau uiue,
Et de la Chasteté représentant les fleurs
Monstre au Religieux qui soigneux la cultiue
Comme il doit arrouser sa couche de ses pleurs.
Le livre est "consacré au rappel de l'autorité des évêques et des supérieurs d'ordres face au danger des itinéraires spirituels incontrôlés ou trop individualistes. Il fut certainement d'une grande actualité dans la vie religieuse nancéienne de la fin des années 1620, alors que l'idéal du Désert tentait nombre de laïcs pieux au point d'inquiéter la hiérarchie. C'est en effet l'époque où les ermitages se multiplient aux abords de la ville, contagion spirituelle due notamment à l'influence d'un curieux personnage, l'ermite Pierre Séguin, ancien ligueur. Callot y avait-il été sensible ? Peut-être, car il lui fit une rente au début de 1630. Mais il n'est pas impossible que l'évêque de Toul, Jean des Porcelets de Maillane, grand protecteur de Callot, ait inspiré le recueil.… le recueil ne privilégie ni une famille religieuse particulière, ni la vie monastique, contrairement à ce que son titre laisse supposer. Il traite de la vocation religieuse en général, d'une manière actuelle et originale qui le distingue dans l'abondante production de recueils d'emblèmes dévots de la première moitié du XVIIe siècle[4]."
Les arbres de cette image sont donc allégoriques et signifient autre chose que ce que l’on voit en effet , selon la définition de Roger de Piles. Les saules sont les fleurs de la chasteté, nourries par les larmes. que représente l’eau vive. Reste que l’image est bien peu ressemblante : les saules représentés ne sont pas des saules pleureurs. Leurs troncs n’ont pas l’épaisseur, ni les creux d’un saule. Ils sont encore dessinés feuille à feuille et rameau par rameau .
7. MERIAN (Matthaeus) (1595-1651)
Kleyben bey Basel, ICVischer de Jonge excu. M. Meriaen delineavit.
Eau-forte.
138 x178 au t.c.; 140 x180 au bord du cuivre
Cette image fait partie d'une série comprenant des vues de villes d'Allemagne, de Suisse, de Lorraine, d'Alsace, identifiées par une inscription à l'intérieur du trait carré, signées Matthæus Merian fecit , P. Aubry excudit ou seulement par l'un des deux. Souvent chez Merian, le paysage sert de fond à la scène de genre, où les personnages sont montrés en action dans leurs occupations quotidiennes:
Ein Meyerhoff bey Saugern:un homme traverse une passerelle sur une rivière .
Zwingen: un homme pêche à la ligne dans le fleuve, des radeaux de bois montés par deux hommes traversent un passage étroit du fleuve sous un pont couvert.
Zu Mentz[Mayence]: des hommes passent le Rhin dans une barque manœuvrée à la godille. Les passagers sont abrités sous une toile. Deux autres conversent, debout sur la berge.
Zur Krafft [ Kraft , Bas-Rhin] : dans une barque, deux hommes peinent à tirer de l'eau leur filet de pêche.
Nancy [ Meurthe et Moselle ]: un voyageur et son chien s'engagent sur un pont, à la suite d'un carrosse, de cavaliers et de piétons, des pêcheurs travaillent au haveneau et au filet.
die Birß[ rivière : deux hommes godillent dans un canot.
[ Sankt Alban à Bâle]: le berceau d'un enfant abandonné au fil de l'eau devant les moulins de Sankt Alban à Bâle],
[ Sankt Alban]: deux hommes pêchent au haveneau dans un bief de moulin à l'abbaye Sankt Alban de Bâle, un troisième remet un baquet contenant son butin à un homme agenouillé sur le bord.
Altdorff bey Dellsperg [ Altdorf près Délémont, Suisse]:une barque manœuvrée à la godille approche d'un pont de bois sur une rivière.
Zürcher see [lac de Zürich]: deux hommes armés d'épées se reposent à l'ombre, l'un étendu, l'autre assis pour écrire. un piéton avec une canne sur l'épaule et un homme à cheval passent sur le chemin.
Bergk bey Stutgart [ Berg près Stuttgart ] : un homme parle à une femme assise qui a déposé sa hotte à terre, un cheval et un paysan labourent, un cavalier passe sur le chemin;
Lauffen : un paysan monte un cheval de trait qui tire une charrette suivie d'un piéton.
Blopsen ( auj. Plobsheim [ Bas-Rhin ]): deux hommes font sortir d'une cour de ferme des vaches et des chèvres en direction de la fontaine.
Lörch : un homme fend des rondins à la hache, une femme passe tenant par la main un enfant .
Zur Krafft (auj. village de Krafft , Bas-Rhin .)
Lauffen: sur un pont près des chutes du Rhin passe un tombereau , deux piétons se croisent, un troisième se penche sur l'eau.
La formule est constante, que les sites choisis soient dans la campagne, ou dans des lieux habités. La localité désignée par le titre est quelquefois perdue à l'horizon, l'intérêt se porte d'abord sur les figures du premier plan. La vue est prise de la rive droite du Rhin, et l'on aperçoit sur l'autre rive la ville de Bâle au loin, derrière ses remparts. Mais au premier plan, on voit avec plus de détails une maison noble crénelée et une ferme. Au confluent du Rhin et d'un ruisseau, des pêcheurs à pied attrapent les poissons au haveneau et au carrelet. Ils ont fixé à demeure des nasses sur des poteaux plantés dans le courant . Les prises sont placées dans des baquets de bois à poignées. Des bateliers passent gens et colis d'une rive à l'autre, faute de pont.
Mais le plus important dans la composition, ce sont les arbres, des feuillus, peut-être un chêne au premier plan. Les feuilles fondues en masses se détachent une à une sur les bords des rameaux. Les différences d'éclairage apparaissent entre le côté ombreux et celui de la lumière, qui vient de gauche à travers les feuillages et oppose nettement les troncs éclairés à ceux qui sont sombres. L'ombre est faite de tailles croisées qui moirent sur le sol et sont trop uniformes sur les troncs en contrejour. Le ciel est occupé par un grand nuage blanc sur lequel tout se détache parfaitement, mais un bout de ciel bleu parcouru d'oiseaux équilibre cette succession de bandes sombres et claires.
8. MERIAN (Matthaeus ) (1595-1651), [ Paysage fluvial ]
Eau-forte.
Le paysage est fortement contrasté par l’arbre sombre du premier plan, vu en contre-jour.
Ceux des pentes plus éloignées sont montrés comme des masses de feuillage éclairées par le haut, avec une lumière rasante qui semble parallèle aux pentes. Quelques-uns se détachent par un contour sombre sur fond clair ou un contour clair sur fond sombre. On ne saurait identifier l’espèce de l’un ni des autres. Le premier plan d’une gravure en est le plus sombre, la perspective aérienne impose de graver les autres plans d’un trait plus fin et plus léger.
9. FLAMEN (Albert), Veue de Soisy.
AB flamen in .et fe.
Eau-forte.
104 x 210 mm au t.c., 112 x 213 mm à la cuvette.
De la forêt à droite qui sert d'écran, sortent des danseurs qui viennent sur une place dégagée de la berge. Une femme danse avec deux hommes, un homme couronné de feuilles avec deux femmes. Un musicien assis avec une femme sur un talus joue d'un instrument à vent qui pourrait être une cornemuse. La vue s'étend sur la gauche au delà de la Seine sur la maison ou le château du président Bailleu, flanqué d'une tour de pigeonnier signalant le seigneur du lieu, et sur le village de Soisy et son église, protégés par un mur crénelé. Un horizon de collines boisées se devine au loin, d'où coule sans doute la source alimentant le jet d'eau à l'extrême gauche de l'image. Entre le premier plan et l'autre rive où des gens forment une ronde, passe le fleuve, sur lequel des bateliers manœuvrent à la gaffe des coches d'eau chargés de couples. Dans le ciel serein de ce beau jour ensoleillé une fumée s'élève de la cheminée du château, annonçant un repas. La profondeur est suggérée moins par les lignes fuyant vers un point situé à droite en dehors du trait carré que par l'épaisseur décroissante des traits de la gravure, qui découpe l'image en bandes horizontales exagérément graduées. Le site est identifié très précisément par la légende . Il s'agit à la fois d'une vue d'un état réel du pays, de la représentation d'un bâtiment et d'une fête bucolique. Connu pour ses dessins naturalistes d'oiseaux aquatiques, pour une série d'eaux-fortes sur des poissons de rivière, et pour des gravures de propagande religieuse, l'artiste hésite entre le paysage et la scène de genre.
Les arbres qu’il figure sur le côté droit ont la fonction de coulisse entre le premier plan et le paysage. Ils se détachent comme des lignes et des masses sombres sur le fond plus clair . Les arbres y sont différenciés, les saules de la rive s’opposent aux arbres de haute futaie qui les dominent, le degré de morsure sépare les deux arbres du premier plan de celui qu’entourent les saules, les masses de l’un s’opposent aux feuilles clairsemées de l’autre.
10. WATERLOO (Anthonie) (1609-1690), Les deux garçons et le chien (B.64)
Eau-forte.
123 x 138 mm au t.c.
La composition comporte un groupe de quatre arbres au centre, et des aperçus sur le lointain à gauche et à droite. Sur un talus devant le groupe d'arbres, au premier plan, deux personnes, l'une assise, l'autre debout, et un chien. On voit à gauche, au delà d'une pente sombre, un bois assez clair, que la lumière traverse et à droite, au delà d'un chemin qui descend dans l'ombre, des prés entourés d'arbres et des montagnes aux pentes douces forment l'horizon. Le ciel clair est vide, une lumière vive donne des ombres fortes sur les troncs, sur les sols, les chemins creux, le dessous des bouquets de feuilles dans la couronne des arbres. Nul autre vivant que le trio du premier plan. Qui sont-ils, que font-ils ? Rien de remarquable, rien qui permette de leur donner un nom. A suivre les éléments de la composition du plus proche au plus lointain, le regard se heurte au bouquet d'arbres central, et doit passer du centre à droite, de là à l'extrême gauche et repartir vers la droite pour arriver à l'horizon. Au lieu d'un paysage qui s'organise comme un décor de théâtre avec des plans échelonnés en profondeur de part et d'autre qui laissent pénétrer le regard par le centre de l'espace jusqu'au fond, on a ici une composition en zig-zag qui ménage habilement les contrastes de lumière et d'ombre entre des plans distants l'un de l'autre.
11. KÜSELL (Melchior) (Augsbourg 1626-1683) d'après Johann Wilhelm Baur (Strasbourg 1607 - Vienne 1642)
[Chemin des Alpes]
J.W.Baur inv. Cum Privilegio S.C.M. Melchior Küsell fecit Aug. Vind. 9.
Eau-forte
153 x 209 mm au t.c.
Cette image est une vue que le peintre strasbourgeois Johann Wilhelm Baur a sans doute aperçue et dessinée en traversant les Alpes pour aller en Italie. Elle surprend par le point de vue, placé sur un chemin qui s'élève à flanc de montagne, et par la proximité d'un horizon aux lignes abruptes, par le cadrage qui coupe le haut de la montagne, par l'éclairage étrange qui vient de la droite et frappe le fond de la vallée à gauche autant que le pan de montagne opposé au peintre. Le dégradé des valeurs du noir au gris le plus clair, l'affaiblissement des contrastes avec l'éloignement sont conformes à la perspective aérienne. La vue montre une montagne pleine d'aspérités rocheuses, de falaises, de précipices, sans chaumières, ni chapelle. Elle montre une montagne qui n'est pas tout-à-fait déserte : sans y habiter, les hommes la traversent sur un chemin aménagé, pourvu de rambardes, et d'escaliers. Il faut chercher longtemps les deux figures qui par leur taille différente fournissent une échelle des distances. Sur les deux versants de la montagne, les conifères aux troncs tordus, nettement dessinés, se mêlent aux feuillus bien plus flous, dont on ne discerne pas l'espèce. Cette région peu hospitalière est un espace tout opposé au locus amœnus du paysage idéal.
12. HOLLAR (Wenzel), d’après Jacques d’Artois (1613-1686)[ Paysage ]
Prague 1607-1677)
Eau-forte.
Copie d'un tableau de Jacques d'Arthois (Bruxelles 1613-1686) tirée d'une série de paysages d'après les maîtres publiée chez Cornelis Galle vers 1660, 14 x 21, 7 cm..
Il présente une forêt laissant apercevoir en contrebas une plaine aux horizons lointains.
Hollar a appris la gravure chez Mattheus Merian à Francfort sur le Main. Jacques d'Arthois est peintre de paysage et de batailles. Il dessine des paysage au lavis d'encre gris - bleu.
13. PERELLE (Adam ou Nicolas) (1638-1695), Paysage avec tour.
Perelle In. et fecit — Drevet avec privilege.
Eau-forte.
98 x162 mm au t.c.
L’arbre au centre de la composition laisse voir une échappée dans l’enfoncement de l’image vers des montagnes alpestres d’un côté, vers un château médiéval au bord de l’eau de l’autre côté. C’est un feuillu, mais dessiné de pratique, il vaut surtout par le contour découpé et ramifié des ses branches. Les bouquets de feuilles sont opaques, les feuilles indiscernables sont traitées en masses. Paysage imaginaire, sans vraisemblance géologique.
14. PERELLE (Adam ou Nicolas) (1638-1695) [Jésus au jardin des oliviers avec les disciples endormis.]
Eau-forte.
115 x 167 au t.c., 131 x174 mm à la cuvette.
Lettre: Faict par Perelle A Paris, chez P. Drevet rue St Jacques a l'annonciation auec priuil. du Roy 37
Les figures forment au premier plan la scène correspondant au récit de l'évangile de Luc XXII, 39-46, qui a des parallèles dans Marc XIV, 32-42, et Matthieu XXVI, 30-46. Jean XVIII, 1-3 est plus elliptique. Jésus se retire la nuit au jardin des oliviers, à quelque distance de la ville, avec trois de ses disciples les plus proches pour prier à l'approche de la mort, mais malgré leur bonne volonté, les disciples s'endorment et Jésus qui s'adresse à son Père reçoit du ciel un réconfort apporté par un ange, que Luc est seul à mentionner.
La scène de l'évangile se passe la nuit, ici on voit une lumière surnaturelle émanant de l'ange qui traverse les nuées séparant le monde d'en haut et celui d'ici-bas. Mais ces rayons qui ont l'air d'éclairer les arbres au centre de la pièce, de percer l'ombre de ceux qui font écran en contre-jour au premier plan à gauche, rencontrent deux autres lumières : d'une part, celle qui émane des auréoles entourant la tête des saints, qui sont figurées de façon contradictoire tantôt par du blanc sur fond plus sombre, tantôt par des traits noirs sur fond blanc, d'autre part, celle qui émane du soleil qui éclaire normalement, comme en plein jour, la ville fortifiée, le chemin et les montagnes escarpées dans les zones les plus lointaines du côté droit. Les nuées du ciel naturel ne s'accordent guère avec les nuées mystiques qui entourent l'ange. La composition est donc un collage de motifs familiers des Perelle, qui suivent leurs recettes ordinaires, sans grand souci de la cohérence.
15. PERELLE (Adam ou Nicolas ) (1638-1695) , Le Christ et les pélerins d’Emmaüs.
Eau-forte
Faict par Perelle— A Paris, chez P.Drevet, rue St Jacques a l’annonciation. auec priuil. du Roy
114 x184 au t.c.
Dans un paysage à l’italienne parsemé de fabriques, c’est-à-dire de constructions, un groupe de trois personnages masculins, dont le plus grand est entouré d’une auréole brillante , marche sur un grand chemin . Les personnages sont petits et à peine reconnaissables, le paysage est l’élement principal. On appelle ce genre le paysage historique. Devant un arrière plan de montagnes escarpées, un rideau d’arbres occupe le côté gauche de la composition et sert de coulisse pour repousser la scène religieuse au second plan.
16. PERELLE (Adam ou Nicolas) (1638-1695), [Le baptème de Jésus au Jourdain.]
Eau-forte.
117 x 184 mm au t.c., 134 x191 mm à la cuvette.
Lettre: Faict par Perelle A Paris chez P. Drevet rue St Jacques a l'annonciation auec priuil. du Roy
La composition présente au centre les groupes d'arbres sombres au premier plan, avec des branches découpées en bouquets, qui sont caractéristiques des paysages de la famille Perelle. La scène du baptême est au premier plan, presque au centre et se réduit à deux personnages auréolés de lumière : Jean Baptiste et le Christ. Le premier porte une croix à laquelle pend un phylactère, attribut du Précurseur. L'autre, debout dans le Jourdain, un ruisseau aux eaux calmes et peu profondes. Le Christ est dévêtu et ne porte qu'un pagne, il croise les mains sur la poitrine. Il a les cheveux longs, il est imberbe, on le prendrait pour une femme. La scène se passe en tête à tête: il n'y a pas de témoins, pas de foule, pas de colombe descendant du ciel en présence du peuple d'Israël, pas d'anges pour tenir les vêtements du baptisé. Vers la gauche un escalier monte du fleuve vers les ruines d'un temple corinthien à fronton envahi de végétaux. Plus loin on aperçoit les ruines d'une église avec des parties romanes et gothiques. Sur la droite, on voit au loin des édifices médiévaux ruinés, au milieu de collines boisées, des falaises couvertes de feuillus ferment l'horizon. La lumière venant en contrejour, oppose le premier plan sombre aux lointains éclairés par des rayons passant entre les nuages. Ce paysage est donc une fiction anatopique, car il représente la scène biblique dans un décor européen plutôt qu'oriental. Il y a aussi un anachronisme à figurer le baptême du Christ devant des édifices qui n'existaient pas à son époque. Mais ce genre d'incohérences était usuel et montre une indifférence aux lois du decorum, aux vraisemblances, à la couleur locale. La composition prend aussi bien des libertés avec l'iconographie traditionnelle de ce thème abondamment représenté. Les personnages n'y sont que comme des accessoires.
17. DEMARTEAU (Gilles) (Liège 1729-Paris 1776) d'après HUET (Jean-Baptiste) : [Conversations galantes entre bergers]
Manière de crayon et eau-forte.
24,2 x 31,3 cm au t.c.; papier 31,4 x 39 cm.
J.B. Huet pinx. A Paris, chez Demarteau, Graveur Cloître St. Benoît. N° 601 Demarteau sculp.
La scène est une bergerie sentimentale du style pastoral tel qu'il est entendu sous Louis XVI. Un couple de jeunes gens fait une halte pour boire dans la campagne. Un jeune enfant sur un âne bâté, un chien, des moutons les entourent. Le jeune homme a mis deux colombes dans son chapeau et les présente à la jeune femme troussée haut pour marcher. A terre gît une gourde. L'âne broute. La scène de genre, i.e. une action liant entre eux plusieurs personnages, l'emporte sur le paysage.
Les arbres qui se trouvent au premier plan et à l’arrière de la scène sont des saules dont les feuilles sont un fouillis vaporeux, traduit par des lignes qui se perdent dans la lumière.
18. EARLOM Richard (1742-1822) d’ap. Claude Gellée le Lorrain
Eau-forte et roulette.
Claude Le Lorrain delin. t — R. Earlom fecit
N° 90 du Liber Veritatis
Published May 1. 1775 by John Boydell, Engraver in Cheapside.
Le peintre Claude le Lorrain est arrivé très tôt en Italie où il s'est illustré par l'étude des effets de la lumière, et des nuages . Il avait l'habitude de dessiner à l'encre un lavis de ses tableaux avant de les livrer au client pour en garder le souvenir dans son Liber veritatis [livre de vérité ]. Cet album transmis à sa fille, acquis de la fille de l'artiste par le duc de Devonshire au XVIIIème siècle et conservé au château de Chatsworth, puis au British Museum, a été gravé au XVIIIe siècle par Richard Earlom, qui y a employé une combinaison de procédés en demi-teintes obtenues à la roulette pour les dégradés des nuages et à l'eau-forte pour les contours des arbres et des bâtiments.
19. EARLOM (Richard)(1742-1822) d’après Claude Gellée le Lorrain
Eau-forte et roulette.
N° 117 du Liber veritatis .
Claude le Lorrain delint. Published May 1.st 1775 by John Boydelle Engraver in Cheapside . From the Original Drawing in the Collection of the Duke of Devonshire.
Paysage idéal inspiré de la campagne romaine. L’arbre en contrejour est impressionnant par son déséquilibre, les jours qui passent entre les feuillages, l’épaisseur que leur masse oppose aux regards
L'Arbre (2ème partie) XIXe-XXIe siècles
L’arbre
Exposition à l’occasion de l’assemblée générale de l’association
L’Estampe d’Aquitaine
2ème partie : XIXe-XXIe siècles
Bibliothèque de Bordeaux-Mériadeck
4e étage, fonds anciens et patrimoniaux
28 avril -13 mai 2011
Catalogue
Par
Michel Wiedemann
Des artistes annoncés dans l’avis de l’exposition n’ont pu être présentés dans les vitrines à cause des dimensions de leurs œuvres. Ils sont néanmoins maintenus dans le catalogue de l’exposition visible sur le blog de l’association
20. VILLENEUVE (1796-1842) d'après le dessin de M. BICHEBOIS, Vue du château de Schoeneck.
Lithographie.177 x 250 mm au t.c.
Cette planche de l'ouvrage Les Antiquités de l'Alsace (1828) de Schweighaeuser et Golbéry illustre le retour aux antiquités nationales et au Moyen Age que suscite le romantisme. La lithographie d'abord employée de façon utilitaire à la façon de la photocopie d'aujourd'hui, s'ouvre à des usages artistiques d'abord par des procédés au trait, puis par de nouveaux procédés en demi-teinte.
21. ROTHMULLER (Jacques) (1804-1862), Château de Lutzelburg.
Lithographie
190 x144
L’arbre attaquant la ruine et la dévorant, tel est le thème de ces images d’archéologie pittoresque qui ont précédé le développement de la protection des monuments historiques et de leurs restaurations, souvent abusives alors. Les arbres sont figurés feuille à feuille, on reconnaît les pins sylvestres, mais pas les feuillus. Les demi-teintes de la litho permettent de les représenter sans contour, se détachant sur un fond plus sombre par un liseré blanc. On était rarement arrivé à une figuration si exacte de l’effet lumineux.
22. FRANÇAIS (Louis ) (1814-1897) [ Lecture sous un arbre. Planche 95.]
Lithographie . de la collection « Les Peintres vivants », timbre sec dans la marge inférieure.
122 x 234 mm
La lithographie a servi comme l’eau-forte et la gravure sur bois debout à la reproduction de la peinture tant que la photographie et les procédés qui en dérivaient n’ont donné que des images de qualité médiocre. Les lithographies, comme les eaux-fortes, sont issues d’une autre presse que le texte typographique. Il faut donc les insérer comme planches hors-texte dans le livre ou la revue, ce qui renchérit l’ouvrage. On a publié cependant des centaines de livres illustrés, d’albums lithographiques pour touristes et curistes. Celui-ci est une suite de reproductions de tableaux, entre autres de Corot. La touche est absente, remplacée par le grain de la pierre lithographique, et la couleur manque aussi, mais la finesse des demi-teintes permet de restituer les zones d’ombres que l’arbre projette, de marquer la profondeur de l’arbre, obscure en son centre, de laisser deviner les lointains vers lesquels le regard s’échappe. Les feuilles sont traitées une à une, mais le tronc lisse ne présente aucun caractère distinctif. Les figures occupées à lire sous l’abri de l’arbre apportent un élément en rapport avec l’arbre qui attire l’attention vers lui.
23. BLÉRY Eugène (1805-1886) [Chemin creux avec dessinateur à l’œuvre devant un village au clocher pointu ]
Eau-forte, 235 x 169 au t. c., signé E.Blery sculp. sur nature. Aqua forti 1846.
L’autoreprésentation de l’artiste dans le tableau qu’il peint peut avoir bien des raisons, et n’être en fait qu’une fiction visuelle : Dürer, qui a peint par ailleurs plusieurs autoportraits vêtus ou nus, s’est aussi représenté avec son ami parmi les témoins du martyre des chrétiens, d’autres artistes se peignent parmi les spectateurs d’une scène, pour laisser une sorte de signature muette dans le tableau, pour se placer parmi les fidèles et partager leur dévotion. En d’autres lieux comme à Rome, représenter un artiste dans le paysage, c’est suivre la nature, parce que le lieu attire les dessinateurs de tous pays et qu’on en voit partout qui dessinent des ruines ou des fragments de l’Antiquité. Ici on peut hésiter entre la lecture fictive et l’interprétation réaliste de cette présence. Mais le regard de cet artiste qui se tourne vers le clocher et le village est comme un index pointé vers le sujet principal. L’homme est présent par métonymie dans le tableau et le village est encore préféré à la pure nature comme sujet du tableau.
24. BLÉRY Eugène (1805-1886) [Chemin vers une ferme, avec un couple dans une barque sur un étang et avec un paysan martelant sa faux ou un graveur sa planche ?]
Eau-forte, 167 x 243 au t. c. signé E. Blery del & sculp. sur nature Aqua forti 1846.
Bléry est un passionné d’arbres. Il en a fait ailleurs le seul sujet de certaines de ses planches. Il indique dans sa signature la particularité de ses eaux-fortes : il travaille en plein air, à l’école de la nature. Cette nouveauté introduite par le groupe des artistes de Barbizon aura pour conséquences des paysages sans figures, où l’élément végétal est seul présent et la transformation du rôle de l’arbre. De décor ou de coulisse comme il l’est encore dans cette planche, il va devenir personnage principal de la composition dans les planches de Martial-Potémont.
25. MARVY Louis (1815-1850) [ Grand arbre et passant avec canne ]
Eau-forte, 110 x 89 , chine appliqué, signé Louis Marvy.
L’arbre est traité à la fois comme un contour dentelé à l’extérieur et comme une profondeur ombreuse à l’intérieur. Les feuilles sont représentées à l’intérieur de la masse du feuillage par des pointillés. L’artiste hésite encore entre l’ancien genre où les figures sont présentes encore qu’accessoires et le nouveau style qui prend l’arbre pour objet principal.
26. MARVY Louis (1815-1850) [Paysage de rivière avec figures de femme et d’enfant ]
Eau-forte au vernis mou, 100 x179 au t.c., numéro 15.,
Le dessin sur un papier reposant sur une couche de vernis encore molle donne après arrachement du papier une morsure à l’acide proportionnelle à la force d’appui du crayon. De cette façon d’opérer résulte un dessin par masses, qui ne saurait rivaliser de finesse avec l’eau-forte au trait, mais qui est plus apte à échelonner dans la profondeur des valeurs de gris distinctes. Le procédé, découvert au XVIIe siècle est remis en honneur par Louis Marvy, qui l’emploie aussi à des copies de tableaux.
27. DROUYN (Léo) (1816-1896), [Paysage avec berger et brebis du 15 septembre 1865]
Retirage de M. Robert Frélaut à l’occasion de l’exposition aux Archives départementales de la Gironde à l’occasion de la redécouverte des cuivres de l’artiste.
Léo Drouyn a une renommée d'archéologue érudit. Mais il a été avant tout un artiste vivant de son art, professeur de dessin et graveur. Il a participé au Salon de Paris comme graveur.
La scène ci-dessus est un paysage animé par la présence d'un berger et de son troupeau de moutons. Ce n'est pas chez Drouyn une nécessité artistique, car il a dessiné et gravé des arbres sans aucune figure, c'est plutôt un élément de description du mode de vie rural, que Drouyn représente volontiers. La gravure vaut surtout par l'effet lumineux qui sépare nettement les plans, qui marque sur le sol les longues ombres projetées par les arbres. Ceux-ci ont une silhouette, mais aussi une épaisseur que le regard traverse, ils sont "à claire voie". Les ombres sont marquées d'un côté dans les touffes de feuilles. Les arbres sont aussi des volumes exposés à une lumière latérale fort orientée, dont la vigueur s'atténue avec la distance.
28. DAUBIGNY (Charles), (1817-1878), Le Berger et la bergère.
Eau-forte
25,4 x19,5 cm au t.c.; papier 44 x 31 cm
Signée sous le t.c. à g. Ch. Daubigny del. et sc.
F. Liénard Imp. Paris.
Parue dans la revue L'Art, t. II, p. 84-85, rééditée en 1904.
Elle illustre un article de Frédéric Henriet sur Charles Daubigny.
Les figures du berger , de la bergère, de leurs bêtes cachées dans l’ombre ne sont pas le centre d’intérêt de cette eau-forte, qui s’attache à un effet de lumière contrasté : le soleil assez bas perçant l’ombre touffue de feuillages .
28 B. Taiée Alfred (1820-1880) , La ferme de Sautour près Meulan.
Eau-fore publiée par Cadart.
L'Arbre (2ème partie-2) XIXe-XXIe siècles
L'arbre
Exposition à la bibliothèque de Bordeaux
28 avril-13 mai 2011
à l'occasion de l'AG de l'EDA
28c. F. Pierdon (1821-1904), Les bords de la Seine à Boulogne .
Eau-forte publiée par Cadart.
29. CHATTOCK R. Samuel (1825-1906), Chagfords Bridge, 1882.
Eau-forte.
L'artiste a su donner à cette vue hivernale un réalisme photographique. La composition a pour centre un pont ancien dont les arches sombres contrastent au maximum avec les reflets dans l'eau qui s'y écoule . Mais devant le pont se dresse l'arbre dépouillé qui sert de premier plan , de repoussoir, qui par ses lignes parallèles découpe le ciel pâle. L'arbre n'a pas de feuilles, les branches elles-mêmes ont un volume et tournent dans la lumière.
29 b. DARDOIZE (Emile Louis) (1826-1901), Les Grès de Cernay.
E.L.Dardoize del . et sculp. Vve Cadart , Edit.Imp. 56 Bard Hausmann, Paris .
Eau-forte signée d'un D sur la plaque, dans l'angle inférieur droit. Parue dans l' Illustration Nouvelle 8e année.
30. LALANNE Maxime (1827-1886), Dans mon jardin à Bordeaux.
Eau-forte.
31. MARTIAL-POTEMONT Adolphe (1828-1883), Vieux chênes au Bas-Bréau , 1878
Eau-forte, publiée par Cadart.
32. MARTIAL-POTEMONT Adolphe (1828-1883), Sous-Bois , 1875
Eau-forte publiée par Cadart.
L'Arbre (2ème partie-3) XIXe-XXIe s.
33. BRACQUEMOND (Félix) (1833-1914), Chemin de halage au Bas Meudon.
Eau-forte., collection Les chefs d’œuvre, 99. Signée Bracquemond del. et sculp.
34. TEYSSONNIÈRES Pierre, (1834- ), Allée de Trubesset à Fargues.
Eau-forte.publiée par Cadart, signée P. Teyssonnières 1869 ,237 x177 mm
34b . TEYSSONNIÈRES Pierre (1834- ) , Mon Repos à Cenon.
Eau-forte.
35. PORCHER Albert Charles (1834-1895), Bords de la Seine à Caudebec.
(Orléans 1834 - Paris 1895) Elève de E. Lambinet.
Expose en 1879 trois gravures de paysages normands Villequier, Caudebec, Watteville.
Eau-forte.
36. YON (Edmond) (* Paris 2 février 1836 - †15 mars 1897)
Sous-bois.
Eau-forte.
L'Arbre (2ème partie-4) XIXe-XXIe siècles
37 . BEAUVERIE (Charles) (1839-1924),
Eau-forte publiée par la Société des Amis des Arts de Lyon.
37 b. BEAUVERIE (Charles ) (1839-1924) , Les Blés , 1878
Eau-forte publiée par Cadart.
37c. BEAUVERIE (Charles) (1839-1924), Les laveuses à Auvers .
Eau-forte publiée par Mme Veuve Cadart .
37d. BRUNET-DEBAINES Alfred (1845- ), Les bords de la Seine (Andelys)
Eau-forte publiée par Cadart & Luce.
37e. LEPÈRE (Auguste ) (1849-1918)
Bois gravé pour la SGBO.
38. LE MEILLEUR (Georges) (1861-1945) [Paysage avec le château Gaillard].
Eau-forte.
On voit ici appliqué à l’arbre un système de traits qui est très loin de l reproduction feuille à feuille , il s’agit à la suite de Corot , de représenter des valeurs de gris tout en suggérant le fouillis végétal.
38b. COLIN (Paul-Émile ) (1867-1949), Le retour des champs.
Gravure sur bois, tirée sur deux planches, dont une en technique japonaise, encre à l'eau et éponge pour dégrader le ciel.
38c. COLIN (Paul-Émile) (1867-1949), Le berger , 1912.
Bois debout .
38 d. EXPERT (Paulette) (1912-2001), Scierie corrézienne
Burin.
38e. EXPERT (Paulette) (1912-2001), Allée à St Pandelon.
Pointe sèche.
39. HEYN (Erwin) (1941- …), La mémoire et l’arbre.
Aquatinte .
Gravure extraite d’un ouvrage La Mémoire et l’arbre, 15 dessins-hommage à un châtaignier disparu. Textes et poèmes de Christiane Heyn jean Joubert et Joseph Paul Schneider. Réalisé à Virton par l’imprimerie Michel frères le 30 mai 1985. N° d’éditeur 1285.
40. BURTIN-SERRAILLE (Pierrette)(1952-…), Sorbier des oiseleurs II, 2010.
Gravure sur bois en couleurs.
L’arbre est botté, chaque arbre est un homme, et chaque homme est un arbre.
L'Arbre (2ème partie-5) XIXe-XXIe siècles
41. PACE (Clémentine) ( 18-5-1982-… )
Linogravure (14 x 21 cm), monotype, impression à la cuillère.
Il s'agit d'une forêt mise à nu, laissant les cernes des arbres découverts.
A la fois dévastée et renaissante, cette forêt, par ses vides présents, laisse chacun imaginer son passé et son futur.
L'Arbre (2ème partie-6) XIXe-XXIe siècles
43. SOSOLIC (Dominique ) , Un Saule
Manière noire et burin.
44. HOUTIN (François) , Topiaires .
Expo l'Arbre (7) : Notices des artistes
Notices biographiques des artistes
En ordre alphabétique
D’ARTHOIS (Jacques )
(Bruxelles 1613- après 1684)
Fils d’Henri Artois, baptisé à l’église Ste Gudule le 12-10-1613. Il n’avait pas douze ans que sa mère, alors veuve, le mit en apprentissage chez Jan Mertens, peintre inconnu par ailleurs. Il est inscrit dans le registre de la Guilde au 11-1-1625. On exigeait alors l’âge de 21 ans pour être admis dans la guilde, néanmoins son inscription date du 3-5-1634. Il était alors déjà marié. Outre son frère Nicolas et son fils Jean-Baptiste, sont encore nommés six élèves dans les Liggeren. Corn. Huysmans est aussi réputé son élève. Son talent le fit aimer : dès 1648, W. Hollar gravait d’après lui. Il gagna beaucoup d’argent, mais le prodigua et mourut pauvre. La date de sa mort ne peut être 1665 comme Pilkington l’indiquait. Car un tableau daté 1678 et un payement de 1683-84 prouvent qu’il vécut jusqu’après 1684. Une notice manuscrite d’Erasmus Quellinus qui date sa mort de 1686 doit être juste. Son activité artistique était très variée parce qu’il travaillait aisément et vite. Campo Weyerman, qui était à Bruxelles au tournant du XVII e siècle prétend avoir vu de lui plus de 100 tableaux de grand format et des inventaires du XVIIIe siècle mentionnent beaucoup d’œuvres de lui, disparues pour la plupart. Il prenait la plupart de ses sujets dans la vaste forêt de Soignies, qui atteignait alors les portes de Bruxelles. Des peintres distingués lui firent peindre les paysages dans leurs tableaux, entre autres G. de Crayer. D’un autre côté, d’Arthois employait aux figures dans ses œuvres des artistes de valeur comme Teniers l’ancien et le jeune, P. Bout, A. F. van der Meulen, T. Michau, J. van Cleef, G. Coques, H. de Clerck, M. van Helmont, A. Sallaert et bien d’autres. De nos jours, ses œuvres sont innombrables, et on en trouve quantité dans les musées et les collections privées. Il suffit que dans un paysage du XVIIe siècle on trouve de grands arbres, un chemin creux dans une forêt, un site pittoresque et au naturel à moitié boisé, à moitié montagneux, une clairière dans un bois, un cours d’eau ou un terrain sableux au premier plan, un ciel bleu ou légèrement nuageux, un horizon lumineux, quelques figures bien peintes , un air large et des tons vigoureux pour qu’on l’attribue au maître bruxellois. Il n’est pas douteux que de son vivant et du fait de son succès il a eu beaucoup d’imitateurs qui se sont bien gardés de signer leurs œuvres. On doit compter parmi eux son frère et son fils Jean Baptiste dont les œuvres sont réunies aux siennes.
On trouve de lui 5 tableaux dans les musées belges, 10 en France à Besançon, Bordeaux, Caen, Dijon, Douai, Lille, Valenciennes., environ 15 tableaux en Allemagne, à Aschaffenburg, Augsburg, Gotha, München, Schleißheim etc . …
In Thieme-Becker, vol. 2 , 1908, p. 162-163.
BAUER (Johann Wilhelm )
(*Strasbourg 1600 - † 1640)
"Jean Guillaume Bauer, de l'école Allemande. Il étoit de Strasbourg, & sa naissance est placée en l'année 1610, quoique M. Descamps, peut-être avec raison, le fasse naître en 1600. Il fut élève d'un peintre à Gouazze, adopta ce genre de peinture, & vit bientôt ses travaux recherchés. La réputation dont il jouissoit lui inspira le désir de l'augmenter encore, en perfectionnant ses talens, & il fit le voyage d'Italie. Il s'arrêta à Rome, & fuyant l'exemple des jeunes artistes étrangers qui regardoient leur séjour en cette ville comme un temps consacré au plaisir, il résolut de ne voir personne, & de ne vivre qu'avec les artistes qui n'étoient plus. Il étudia les ruines antiques, il dessina et peignit les places de la Rome moderne. Il ne put cependant résister au plaisir de montrer un de ses tableaux qui représentoit un triomphe, & dès lors il perdit son heureuse obscurité; le prince Giustiniani le rechercha; le duc Bracciano lui fit accepter un logement dans son palais; tous les amateurs des arts lui demandèrent de ses ouvrages. Il représentoit des debris de l'ancienne Rome, des combats de terre et de mer, des marchés, des cavalcades; le désir de peindre des vues maritimes et des vaisseaux lui fit entreprendre le voyage de Naples; et dans ce royaume, les vues pittoresques de Tivoli et de Frescati lui fournirent de nouveaux trésors d'études: heureux s'il avoit pu donner plus de correction à ses figures un peu lourdes, mais pleines d'esprit et de feu.
Il peignoit le paysage & l'architecture avec une singulière finesse, & il a porté, dit M. Descamps, la peinture à Gouazze aussi loin qu'il paroît possible, lui donnant tout le piquant de la peinture à l'huile. Admirable par la finesse du trait, par celle de la touche, il montre un génie abondant dans ses compositions, & varie avec esprit ses petites figures, qu'on ne distingue souvent qu'à la loupe: mais il est au dessous du médiocre pour le dessin du nud: vrai dans ses couleurs locales, savant dans ses oppositions, il ne lui manquoit que d'être meilleur dessinateur.
Après avoir fait quelque séjour à Venise, il fut appellé à Vienne par l'empereur Ferdinand qui lui donna le titre de son peintre. Mais il jouit peu de temps des bienfaits de ce prince, & mourut en 1640 à l'âge de trente ans.
Il a gravé lui-même à l'eau-forte d'une pointe très fine. Telles sont les Métamorphoses d'Ovide qui forment un recueil, onze batailles pour l'histoire des guerres de Flandre par Strada, d'autres batailles, des vues de jardins, des comédies , &c. Le nombre de ses ouvrages, la réputation dont il jouissoit à Strasbourg avant de passer en Italie, son sejour à Rome, à Naples, à Venise, me persuadent que M. Descamps a eu raison de le faire naître en 1600, & que cet artiste a vécu quarante ans. Dix à douze ans de travail ne paroissent pas suffire pour tout ce qu'il a fait."
Article de M. Lévesque in Encyclopédie Méthodique, Paris, Panckoucke,
BEAUVERIE (Charles Joseph )
(Lyon 17-9-1839 – †Poncins 1923)
Elève de l’école des Beaux Arts de Lyon depuis 1855, il termina en 1859 la classe de gravure, alla ensuite à l’école des Beaux Arts de Paris, et travailla en 1863-64 dans l’atelier de Gleyre. En 1881 il obtint la première médaille au Salon. Actif à Paris, il s’installa en 1888 à Poncins (Loire) , sur les rives du Lignon, attiré par la beauté du paysage.
Iles tun maître du paysage moderne. Des dessins achevés, une composition harmonieuse, un coloris brillant, un effet naturel et une conception poétique sont les traits caractéristiques de son art. Ses œuvres les plus importantes sont sa première toile au salon de Lyon « Etude à Optevoz », puis au même salon des portraits et des paysages de 1863 à 1868. Il exposa au salon de Paris dès 1864 et y débuta avec ses paysages « Le moulin de Cernay » et « Temps gris ». De 1874 à 1879 il montra une série de paysages des bords de l’Oise, puis il exposa à Paris et à Lyon après 1890 nombre de paysages avec des motifs de la plaine du Forez. En 1892 on vit Semeurs de pommes de terre, en 1893, Arrivée à la foire de Poncins, et L’Anniversaire, en 1894 Scènes de la foire de Poncins, et Ramiers sur le Lignon, en 1895 Porte de l’église de Poncins pendant la messe, en 1896 La Mare de Saint Martin, et L’étang de Goincel, en 1897, Le lac d’Aydat, en nov. 1902 une exposition rétrospective de ses œuvres à l’Hôtel de ville de St Etienne et en novembre 1906 à Lyon, en 1906 Les Courses de St Galmier, en 1907 Les Bords du Lignon et Tanagra. Les musées de Lyon, Avignon, Auxerre, Clermont, St Etienne et Tours possèdent des œuvres de Beauverie.
Comme graveur il fit une série d’eaux-fortes qui furent éditées à Paris chez Cadart. Ce sont des eaux-fortes d’après Corot, Millet, Chintreuil, Japy et d’après ses propres dessins. La série de 12 vues L’Oise à Auvers. Le livre Forez pittoresque et monumental publié par Thiollier en deux volumes in-folio, 1888, contient nombre de ses dessins.
Bibliographie
Bellier-Auvray Dict. gén. Suppl. ; J. Martin, Nos peintres et sculpteurs, Paris , 1897 ; Béraldi, Les Graveurs du XIX e siècle. Gazette des Beaux arts, IIe période, VIII, 58, ; X, 162 ; XIII 761 ; XIV 34 ; XVI 59 ; XVII, 345, 347 ; XXI 291 ; Flamb. Beauverie (Vie française du 25 février 1899, article « Le mémorial de la Loire » ; B. Merazzi, article dans la Revue Forezienne de nov. 1902.
Article d’A. Granger in Thieme –Becker, vol. 3, 1909, p. 126, trad. par M.W.
BICHEBOIS (Alphonse)
(Paris 1801-1850)
Elève de Rémond et de Regnault, Alphonse Bichebois expose des lithographies, des dessins et des pastels au salon de 1824 et 1849 et obtient en 1831 une seconde médaille. Il apporte également sa contribution à un certain nombre de recueils lithographiques de voyage et de paysages parmi lesquels les Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, Souvenirs pittoresque du Rhin, La Suisse saxonne, L'Album de Wesserling, et Les Antiquités de l'Alsace. On lui doit des documents presque toujours utiles et souvent agréables. Alphonse Bichebois compte parmi les meilleurs artisans lithographes de sa génération et dirige pendant quelques années, de 1830 à 1834, une imprimerie spécialisée, d'abord seul, puis en association avec Bernard.
Tiré de Bauer (A.) & Carpentier (J.), Répertoire des artistes d'Alsace des XIX e et XX e siècles. Strasbourg, Oberlin, 1984.
BLERY (Eugène)
(Fontainebleau 3-5-1805- †Paris 10-6-1887)
Fils d’un officier supérieur du génie, formé initialement en vue de l’enseignement, il dessinait en amateur mais vers 1830 il se tourna entièrement vers l’art et parcourut pour étude le Dauphiné, les Alpes occidentales, le Midi de la France et l’Auvergne. Il publia en 1830 un fruit de ce voyage, une suite de lithographies de paysages de 12 feuilles. Là dessus il se tourna vers l’eau-forte à l’exemple de Boissieu et y arriva bientôt à une parfaite maîtrise. On peut faire valoir la perfection technique, la parfaite propreté de ses eaux-fortes de paysage et ses études d’arbres et de plantes, exécutées tantôt d’après ses propres dessins, tantôt d’après nature. Il a laissé toute son œuvre en épreuves d’artiste au Cabinet des Estampes de Paris avec un catalogue exact, que Béraldi reproduit. Mentionnons encore qu’il a eu pour disciple Charles Méryon, qui allait devenir un maître de l’eau-forte au XIXe siècle.
Article de G. Geffroy in Thieme-Becker, vol. 4, 1910, p. 113, trad. par M.W
BRACQUEMOND (Félix)
(1833-1914)
Bracquemond connut une grande notoriété en son temps et fut un des rénovateurs de l'eau-forte. Sa première planche date de 1843 et la plus célèbre, le Haut d'un battant de porte de 1852; dans la même veine, signalons encore le Corbeau, les Taupes, l'Inconnu. A la même époque il grave des portraits (A.Comte, Méryon, puis Corot, A. Legros, Manet, Poulet-Malassis, Puvis de Chavannes, etc) des eaux-fortes inspirées par Rabelais, d'autres par le bois de Boulogne. Il participe (à vingt-deux ans ) avec quatre gravures à l'Exposition universelle de 1855, mais n'obtient encore qu'un succès d'estime. Jusque-là , ses planches étaient imprimées par Auguste Delâtre, mais à partir de 1856, il possède sa propre presse et tire lui-même ses épreuves d'essai, poussant même plus loin les recherches techniques en expérimentant plusieurs procédés, comme celui dit à la plume, etc. Après un passage chez le faïencier Deck, puis chez l'éditeur Poulet-Malassis (frontispices à l'eau-forte), il devient l'animateur de la Société des aquafortistes (1862-1867) à laquelle il donne plusieurs planches. A l'intérieur et hors de la Société, il offre généreusement son expérience de graveur à Corot, Courbet, Théodore Rousseau, Degas, Fantin-Latour… Après une série de paysages dessinés directement d'après nature, il se tourne à nouveau vers la céramique: le service Rousseau (1866), pour lequel il exécute vingt-cinq planches à l'eau-forte de plusieurs sujets chacune, inspirées des Japonais et particulièrement d'Hokusai. Sans doute est-ce sous cette influence de l'Extrême Orient que Bracquemond attaque en 1873 une estampe en couleurs : Au jardin d'acclimatation (deux planches, eau-forte, pointe-sèche et aquatinte imprimées par le procédé Debucourt, la première a été détruite, la seconde a été tirée à six épreuves) ; c'est à l'époque parmi les graveurs l'une des rares incursions hors du noir et blanc avec la lithographie de Manet, Le Polichinelle (1874).
En 1884, Bracquemond devient le collaborateur du céramiste Haviland et délaisse un peu la gravure; à signaler pourtant la belle planche de la Terrasse de la villa Brancas à Sèvre (1876) où son style semble influencé par les peintres impressionnistes avec qui il est lié. Après 1881, viennent encore d'autres chefs d'œuvre gravés: Ebats de canards, Le Portrait d'Edmond de Goncourt, Le vieux Coq, Les Faisans, Vive le Tsar , entre autres.
Bracquemond s'est aussi essayé avec moins de bonheur à la lithographie : Le Verger (1894) est une de ses bonnes réussites dans le genre.
A partir de 1889, reconnu et célèbre, il reçoit tous les honneurs, le prix de gravure de l'Exposition universelle de 1900 étant le couronnement de sa carrière.
On ignore encore le nombre exact des estampes de Bracquemond. A titre indicatif, lorsque Beraldi inventoriait son œuvre (en 1885 et 1889), il dénombrait huit-cent-dix numéros, eaux-fortes et lithographies, y compris les estampes de reproduction. Ce chiffre seul ne suffit pas à expliquer sa notoriété; on sait que derrière une technique de virtuose, certaines pièces, parmi les plus représentatives, méritent d'être regardées en deça de leur apparence objective si l'on veut découvrir le souffle qui animait cet artiste.
Il n'est pas possible de quitter Bracquemond sans citer ses deux ouvrages, toujours fructueux à consulter: Du dessin et de la couleur (1885) et Etudes sur la gravure sur bois et la lithographie (1897).
In Janine Bailly-Herzberg (1985) Dictionnaire de l'Estampe en France 1830-1950.
BRUNET-DEBAINES (Alfred Louis)
(Le Havre 5 nov. 1845-
Elève de Ch. V. Normand pour la gravure, il apprit ensuite l’architecture à l’école de Beaux Arts de Paris, la peinture chez J. A. A. Pils et le reste de sa formation de graveur chez Maxime Lalanne, J.F. Jacquemart, et L. Gaucherel à Paris ; Il débuta au salon en 1866 avec des aquarelles de paysage « Hêtres sur la côte de grâce près Honfleur » et « Têtards de saules à Vasouy, Calvados » ainsi qu’avec la gravure « Ruines du château de Tancarville ». Le dessin préparatoire au fusain, ainsi que celui de l’eau-forte « L’entrée du port du Havre » sont au musée du Havre. Par la suite il envoya au salon tous les ans des études de paysage, d’architecture et de fleurs en aquarelle et en gravure à l’eau-forte , ainsi que des eaux-fortes de reproduction d’après des paysagistes anciens (en particulier flamands ) ou modernes (en particulier anglais et français). Pour la Gazette des Beaux arts, il dessina et grava en 1868 une vue extérieure et intérieure du château de St Germain en Laye (année 1869 , II, 208, 212. et de 1873 à 1875 des gravures de reproduction d’après J. van Goyen, Constable, Corot, Decamps). Il a aussi contribué en 1871 au Catalogue raisonné des peintures etc qui décoraient l’Hôtel de Ville « paru en 1871 à Paris par A. de Bullemont. Dans les salons de 1872, 1873, 1886 et 1903, dans les expositions universelles de 1889 et 1900, aussi bien que dans des expositions artistiques à l’étranger, nombre de prix lui furent attribués. Les motifs de ses eaux-fortes originales, aussi intéressantes techniquement que parfaites, remarquables par l’ampleur et la force du traitement, ainsi que par la richesse de des atmosphères pittoresques , il les emprunte de préférence à sa Normandie natale et à sa capitale pittoresque le vieux Rouen. . Pendant ses séjours répétés en Angleterre et en Ecosse, il grava aussi un grand nombre de vues originales de Londres, Oxford et Edimbourg (publiées en 1878-79 et 1887-88 dans le Portfolio de Londres). Il y reproduisit aussi en 187 des esquisses de voyage de William Wylds à l’eau-forte et en 1874-76 ainsi qu’en 1885 une série d’eaux-fortes de reproduction d’après des tableaux de Turner, de Bonington, de Cuyp et de Ruisdael. D’un voyage à Tunis, il rapporta une collection d’études à l’aquarelle qu’il publia en 1903 dans l’Art Journal de Londres. Les principales de ses eaux-fortes nombreuses répandues çà et là dans des revues d’art comme l’Art, la Gazette des Beaux Arts, The Portfolio, sont des paysages de Corot comme Vue de ville d’Avray (musée de Rouen) , Les Etangs de Ville d’Avray (coll. G. Le Breton) , La route de Sire le Noble (musée du Louvre) , des paysages de Turner comme Burial at Sea , Approach to Venice, Bligh Sand, National Gallery de Londres) de Constable , Valley Farm De Jules Dupré Mare aux chênes etc. Parmi ses gravures originales, notons parmi les plus importantes les feuilles sur Rouen, par exemple La Rue de l’Epicerie, La Rue Damiette, Les Bords de la Seine, La Haute-Vieille-Tour. Actuellement à 65 ans il travaille infatigablement à une gravure originale représentant l’île fortifiée du mont St Michel en Normandie.
Article de M.Geffroy in Thieme –Becker, vol 5 , 1911, p. 135.Trad . par M.W.
BURTIN-SERRAILLE (Pierrette )
Née le 4 février 1952 à Lyon
1975 :CAPES d'Arts Plastiques
Membre de l'Atelier ESTAMPE DU RHIN, de l'Atelier ALMA de Lyon
1984 :Installation dans un atelier personnel à Oullins dans le Rhône
Membre de L’EMPREINTE et de SOLOSARY
Atelier : 10, rue louis Aulagne 69600 Oullins
tél : 04 78 50 78 23 06 15 06 30 90
EXPOSITIONS COLLECTIVES
1977 à 1984
Expositions collectives avec l'Atelier ESTAMPE DU RHIN :
∗Strasbourg : à la Bibliothèque Municipale, au Cabinet des Estampes
∗"Press-Papier 83" et "Press-Papier 84"
∗Mairie de Saverne, de Niederbronn
∗Allemagne : au Bobligen Kunstverein et à l'Institut Français de Stuttgart
1982 à 1988
Expositions collectives avec l'Atelier ALMA
∗Lyon :"Autour du Diable", "Les Grands Formats",
avec l'Artothèque de Lyon "Abonnez-vous à l'art"
avec l'Atelier LE TRAIT : au Musée de l'Imprimerie
∗La Tronche (Isère) à la Fondation Hébert d'Uckermann : Aspects de gravure contemporaine"
∗Venise avec "l'ASSOCIAZIONE INCISORI"
∗Mairie de Bourgoin-Jallieu et de Corbas
∗Sarcelles : Biennale de l'Estampe
∗Le Puy-en-Velay : "L'Estampe au présent"
Autres expositions
∗Oullins : "Par le chemin du livre"
∗Perpignan : Biennale internationale
1990
∗Sarcelles : Biennale de l'Estampe
∗Villeurbanne : à l'URDLA
∗Mulhouse à l'Arthothèque
∗Lyon à la Galerie l'Advertance : "Equilibres"
1992
∗Paris à la Bibliothèque Nationale "De Bonnard à Baselitz"
1993
∗Lons Le Saunier : "Les Collégies"
1994
∗5e Salon du Livre d'art : "L'Art à la Page" Cagnes sur Mer (06)
∗"La Paix, œuvre des Hommes", Galerie Confluences, Lyon
∗"Voyage et mouvement dans le Temps" : les Archéologues du Futur,
Saint-Julien-Molin-Molette (42)
∗Pescia, Italie
∗Paris : Maison de la Police Républicaine, "La Paix, œuvre des hommes"
∗Pescia, Italie : Jumelage Oullins-Pescia
1995
∗Oullins : Salons de l'Hôtel de ville : 3e exposition Franco-Italienne
∗Cagnes sur Mer : "L'Art à la Page"
∗Craponne : "La Palette Européenne"
∗Viviers (07) : Centre Culturel
∗Lyon : Galerie de l'Advertance
∗Lyon pour la Fête de la Poésie au Carré Trente
∗Craponne "Autour du livre"
∗Sassenage (38) : 1er Printemps des peintres
1997
∗Mayence en Allemagne : Foire des Petits Editeurs
∗Lyon à l'Espace Tête d'Or pour la Foire de l'Edition ancienne et contemporaine
∗Lyon au Musée de l'Imprimerie : "Graveurs Rhônalpins et Québecois"
1998
∗Décines : "Hommage aux dames"
Morteau au Lycée Edgar Faure
∗Montréal au Centre Culture Frontenac au Canada : "Graveurs Rhônalpins et Québecois"
∗Forcalquier : A la fête du livre d'artistes
1999
∗Lyon : Maison des Ecritures, avec l’Association L ’ EMPREINTE, “ Fleuve ”
∗Roumanie à Bucarest “ Exposition Franco-Roumaine ”
∗Paris à la Fondation Taylor : les Graveurs de l’Atelier l’Empreinte
∗Cibeins (01) : Visages du Livre
∗Marseille au 2 ème Rencontres Internationales de l’Edition d’Art et de Recherche
2000
∗Décines à la Spirale au Toboggan
∗Egypte à Giza Egyptian International Print Triennale
∗Sainte Foys les lyon (69 ) à la foire de l’Artisanat Rare
∗Lyon à la Mapra
∗Charbonnières les Bains au Chateau de la Croix Laval : Exposition Franco -Roumaine
∗Médiathèque de Vaise à Lyon : ” La Route ”
∗Fondation Bullukian à Champagne au Mont d’Or : ” Des rites et des mots ”
2001
∗Oullins à la Fête de l’iris : dragoullins “ Ajouter de la couleur “
∗Lyon : Galerie WM « pour lire en fête «
∗Grigny ( 69 ) 4ème Salon de l’Edition
∗Lyon : « La fête des feuilles « dans le Parc de la Tête d’Or
2002
•Chambéry à la Galerie du Larith « Montagne »
•Château de Saint Victor sur Loire (42) « L’Art dans la ville »
•Saint Rambert en Bugey : Marché de la Création
•Echalas : Le thé indien dans l’atelier de Yves Olry
•Lyon à la Maison des Ecritures : Présentation du livre « La route »
•Lyon : « la fête des feuilles » dans le Parc de la Tête d’or
2003
•Lyon Bibliothèque du 7ème : « Derrière le vent »
•Manosque : Fondation Carzou : « Sur les traces des empreintes »
•Manosque : Correspondances
•Lyon : Musée de l’Imprimerie « Le bestiaire de l’Empreinte »
•Lyon : Parc de la Tête d’Or : « La fête des feuilles »
•Lyon : Coupole de l’Hotel Dieu « Vœux d’artistes »
•Lyon : Solosary , Galerie des Terreaux : « Petits formats »
•Chambéry : Galerie du Larith ; petits formats »
•Villeurbanne : Centre Culturel : IUFM
2004
•Pessac : Médiathèque de Camponac « L‘animal illustré dans la gravure du 16ème au 20ème siècle »
•Lyon : Maison des Ecritures
•Lyon : Galerie Du côté de l’éclat de verre
•Lyon : Orangerie du Parc de la Tête d’Or : 1m x 1m
•Vienne : Improvisations picturales Jazz au cloître de St André le Bas
•Emirats Arabes Unis
•Lyon : Galerie de l’Ebauchoir
2005
•Crest ( 32) : Le Tibet à la Tour »
•Lyon : Lycée La Favorite
•Lyon : Maison des Ecritures « Correspondances »
•Lyon : INSA : « Hémisphères »
•Crest dans la Drôme : « Le Tibet à la Tour »
•Galerie L’Ebauchoir à Lyon
•Lyon : Biennale d’Art Contemporain dans Résonance : « La fête des feuilles »
•Lyon : Le livre en région : « Place aux livres » , Place Bellecour
•Paris : Salon « Pages »
•
2006
•Givors à l’Auberge des Arts (69) : 6 graveurs,
Marché de Noël
•Egypte au Caire et à Alexandrie : 5th Egyptian International Print Triennale 2006
•Albi : Foire aux livres d’exception
•
•Pollionnay : Salon des Editions d’art – Livres d’artistes Rhône Alpes
•Lyon : « A vos marques » avec Solosary
•Color gang Editeur à Echalas chez Yves Olry (69)
•7ème Triennale Internationale de Chamalières
•Lyon : La Fête des Feuilles au Parc de la Tête d’Or
•Saillans (26) Regards sur le Tibet
2007
•Lyon : Bibliothèque du 2ème, , St Priest à l’Arthothèque : « Correspondances gravées »
•Albi : Médiathèque Pierre Almaric : Foire aux livres d’exception
•Albi : Hôtel Rochegude : 4ème Biennale de la gravure d’épargne d’Albi
•Teizé en Beaujolais (69) : Gravures Contemporaines
•Forcalquier (04) : Fête du Livre d’Artiste
EXPOSITIONS PERSONNELLES
1983
∗Oullins (69) : au Centre Culturel "de l'esquisse à l'estampe"
1985
∗Saint-Etienne : à la Galerie Caterin "4 femmes"
1986
∗Villeurbanne au Centre Culturel
∗Nurtingen en Allemagne
1987
∗L'Isle d'Abeau à la Galerie Simone Signoret : "Accord-Désaccord"
1989
∗Miramas à l'Artothèque "Ciels"
1990
∗Oullins à la Bibliothèque pour la "Fureur de lire" et le mois du Patrimoine
∗Saint-Priest à La Carnière : "Bois gravés"
1991
∗Lyon à la Galerie l'Advertance : "Murailles"
1992
∗Lyon à la Galerie l'Advertance : "Archipels"
∗Morteau au Lycée
∗Oullins à la Renaissance : "Rivages" d'après Eugenio Montale
1993
∗Saint-Priest à La Carnière : "Rivages"
1994
∗Taninges (74) aux Galeries Ephémères
1996
∗Francheville (69) au Fort du Bruissin
1998
∗Romans (26) Galerie du Fuseau
Magasins de chocolats Richart à Paris, Lyon, Strasbourg, Aix en Provence
1999
∗Lyon à la Bibliothèque du 7ème Arrondissement
à la Maison des Ecritures “ Peindre- Ecrire “
au Fort Saint Jean “ Le Jardin des Possibles “
∗Taninges à l’Espace Jacquem’arts
∗ Oullins : “ Nos Enfants d’Ailleurs “ avec l’Association LIONS DES NEIGES
∗ Décines (69) : au Centre Culturel, le Toboggan
∗ Charbonnières les Bains à la Médiathèque
∗ Villeurbanne à la Maison des Jeunes et de la Culture au 5 ème Festival
∗ Cultures et Cinémas de l’Asie
2000
∗Vaulx en Velin (69) au Centre Charlie Chaplin
∗Oullins au Centre Culturel La Renaissance
∗Lyon à la Galerie Epices et Arts
2002
•Dôle à la Médiathèque
2003
•Lyon : Galerie « Epices et Arts »
•Romans : Galerie du Fuseau : la quinzaine tibétaine
2005
•Rive de Gier ( 42) : Théâtre Défriche Compagnie
St Fons dans le Rhône, à la Bibliothèque : « Le Toit du Monde et l’Empire du Milieu »
2006
•Oullins à la Bibliothèque « Mois du Patrimoine écrit »
•Bron (69) à la Médiathèque « Panoramique »
2007
•Oullins, (69) Salons de l’Hôtel de Ville « Help la Terre »
ACQUISITIONS
ARTOTHEQUES
ANNECY, ART DIALOGUE, GRENOBLE, LONS LE SAUNIER, LYON, MIRAMAS, MONTPELLIER,
MULHOUSE, PARIS, ROMANS, SAINT-PRIEST, VALENCE
MUSEES
STRASBOURG : CABINET DES ESTAMPES, ANNECY, LIBOURNE
MUNICIPALITES
OULLINS, LYON, NURTINGEN ( ALLEMAGNE )
BIBLIOTHEQUES
ALBERVILLE, ALES, AMIENS, AUXERRE, BORDEAUX, CHAMBERY, DOLE, GARDANNE,
GRENOBLE, LYON, MACON, MARNE LA VALLEE : Bibliothèque Torcy, MIRAMAS, MONACO,
MULHOUSE, NIMES, OULLINS, PARIS : Bibliothèque de l’Arsenal, ROANNE, ROUBAIX, ROUEN,
SAINT ETIENNE : Bibliothèque Universitaire, SAINT-PRIEST, LA SEINE SUR MER, VAULX EN
VELIN, VITRY SUR SEINE, AMIENS, BRON
EDITIONS
1977 à 1981 :
Participation
•aux deux porto foli d’ESTAMPE DU RHIN, Strasbourg
•aux Almanachs de L’ATELIER ALMA, Lyon
•à deux éditions de Jean Marc Scanreigh
1989 :
•Editions de deux lithographies à l’Atelier U R D L A de Villeurbanne :
“ Les Céphéïdes “
1998
•Participation au portofolio “ Le fleuve “ édité par l’Atelier L’EMPREINTE
2000
•Participation au portofolio et au livre “ La route “ ( édité par les Editions STÉPHANE BACHÈS, Lyon)
2003
•Participation au portofolio »Bestiaire » édité par l’Empreinte
CALLOT (Jacques)
Graveur lorrain (1592- 1635)
« Jacques Calot estoit Lorrain & nâquit à Nancy en l’année 1594. Ses Parens, qui estoient Nobles, le destinoient à toute autre chose qu’à la gravûre, mais son inclination se trouva tellement portée à dessiner tout ce qu’il voyoit, que pour en avoir la liberté toute entiere, & n’en estre point détourné par ceux qui avoient autorité sur luy, il se déroba de la maison de son Pere dés son plus bas âge, & s’en alla à Rome pour se perfectionner dans l’Art qu’il avoit embrassé. Là, il fut disciple du nommé Jules le Parisien Peintre habile, qui le voyant trop enclin à dessiner des Grotesques, où il se plaisoit beaucoup, l’obligea à copier les bons Ouvrages des plus excellens Maistres pour se former le goust aux bonnes choses. En 1612. Il alla à Florence, n’ayant encore 18. Ans, où la premiere Estampe qu’il grava fut un Ecce Homo, avec des Vers au dessous qu’on croit estre de sa façon.
Il grava plusieurs Desseins de son Maistre Jules le Parisien, mais qui n’approchent pas de ceux qu’il faisoit d’Invention, & qu’il donna en l’année 1616. Les mesmes Figures qu y sont gravées avec toutes leurs ombres, y sont aussi gravées vis-à-vis avec le simple trait pour mieux en faire voir la justesse du Dessein, & aussi afin d’aider les Estudians en demeslant les traits qui font le contour de la Figure d’avec ceux qui ne servent que pour l’ombrer & pour luy donner du relief & de la rondeur. Cosme Second Grand Duc de Toscane pour lequel il travailloit & qui l’aimoit beaucoup estant mort, il fut invité par le Pape à venir à Rome, & par l’Empereur à aller à Vienne ; mais il aima mieux venir en France, où il fit une infinité de France-beaux Ouvrages. Il grava à Paris deux veües de cette grande Ville : L’une où la Ville est regardée de l’endroit à peu prés où vient d’estre basti le Pont Royal, & d’où se voit le Louvre, le Pont-neuf, & toute la ville avec la Riviere. Là sur un grand nombre de toute sorte de batteaux, on voit une infinité de Figures qui semblent estre toutes en mouvement ; Et l’autre où la Ville est regardée du Pont-neuf & represente le mesme Louvre, la Tour de Nesle, la Porte de la Conference & le Paysage au-de-là avec tout ce qui se passe sur la Riviere. Ce sont deux Chef-d’œuvres, soit pour la Perspective qui y est admirablement bien observée, soit pour la verité des objets, soit pour la varieté & la naïveté des Figures. …
Charles Perrault, in Les Hommes Illustres qui ont paru en France pendant ce siècle : Avec leurs portraits au naturel. Par Mr Perrault, de l’Academie Françoise. A Paris, chez Dezallier, ruë Saint Jacques, à la Couronne d’or. M.DC XCVI. Avec Privilege du Roy. Tome I , p. 95. À la suite d’un portrait gravé par Lubin d’après Van Dyck.
Graveur et dessinateur français . En 1609, il apprit à Rome la technique du burin auprès du peintre graveur Thomassin, puis entra en 1614 au service des Médicis à Florence, copia les maîtres italiens et les maniéristes anversois et s’initia à l’eau-forte auprès de Parigi. Dès lors il se consacra à cette technique et innova en abandonnant le vernis mou pour le vernis dur des luthiers, qui permettait un trait d’une extrême finesse. Sa profonde originalité s’affirme avec la série des Caprices, ( Caprici di varie figure, (1619)),ce genre fut appelé par la suite « à la manière de Callot », et avec la Foire de l’Impruneta (1620). Il se rendit ensuite à Nancy, grava la Petite Foire, puis la série des Gueux (1622), évocation pleine de mordant où l’invention expressive s’allie à un sens aigu de l’observation. Il grava ensuite à Nancy La Noblesse Lorraine (1623), puis aux pays Bas le Siège de Bréda (1628). Louis XIII lui commanda alors le Siège de La Rochelle, le Siège de Saint Martin de Ré . Il séjourna à Paris de 1628 à 1631 (Vue du Pont Neuf), puis refusa d’exécuter le Siège de Nancy et, profondément touché par l’invasion de la Lorraine, entreprit Les Misères et les Malheurs de la guerre (1633) et les Supplices (1634) dont la veine véhémente et dramatique se retrouve dans la Grande Passion et dans la Tentation de Saint Antoine (1634). Doué d’une exceptionnelle maîtrise technique, Callot fut à bien des égards héritier du maniérisme : il affectionnait les éclairages savants, les effets de perspective oblique, agrandissant l’espace où prolifèrent de petites figures minutieusement détaillées et employait un canon allongé. Son inspiration, à composantes souvent fantastiques et grotesques, est servie par un trait nerveux d’une grande tension expressive. L’audace de sa vision, son caractère synthétique est surtout manifeste dans ses dessins et esquisses. Certaines de ses compositions, par leur concision et leur sobriété, semblent indiquer une orientation plus classique. Ses estampes, recherchées par les amateurs du XVIIème siècle, furent admirées par les romantiques.
P.R.N.P.
CHATTOCK Richard Samuel
(Solihull, Warwick 1825 -† 30-1-1906 Clifton )
Peintre et graveur paysagiste anglais, il étudia à Rugby, fut avocat de 1849 à 1873 à Birmingham et dans sa ville natale. Après avoir renoncé à son métier, il se voua à l’art. En 1869 il exposa à la Royal Academy une aquarelle et il y fut présent souvent de 1871 à 1891. Ses premières eaux-fortes (9 planches) furent publiées en 1871 sous le titre Songs and Etchings illust. By R.S. Chattock. La même année il livra au Portfolio une planche, qu’il fit suivre de 7 autres entre 1871 et 1884. Il a aussi livré à The Etcher des eaux-fortes et des notices techniques (1879-1881) qui furent plus tard reprises sous forme de livre. L’Art Journal publia de lui en 1884 p. 292 On the Medway , Les livres qu’il illustra sont : Wensleydale (14 planches) ,1872 ; W.W.Wood, Sketches von Eton, 1874 ; The Black Country (16 planches) 1878 ; Wordsworth River Duddon, (10 planches) 1884. De 1881 à 1897 avec une seule interruption, il fut membre de la Society of Painter Etchers , il envoya à ses expositions de 1881 à 85 ,17 planches, puis 5 en 1892. Chattock est l’auteur de Practical Notes on Etching, illustré de 8 eaux-fortes, 1880, 3ème édition en 1886. Les eaux-fortes de Chattock ont été très prisées en leur temps, aujourdhui elles nous paraissent trop travaillées et inintéressantes.
Article de C.D. in Thieme –Becker, vol. 6, 1912, p. 433. Trad . par M.Wiedemann
COLIN ( Paul Emile)
(Lunéville 1867- Bourg la Reine 1949)
Paul-Émile Colin, né le 16 août 1867 à Lunéville en Lorraine et mort en octobre 1949, est un graveur et peintre français.
Attiré dès son plus jeune âge par le dessin, il consacre ses études à la médecine, sans abandonner sa passion naturelle.
Ami de Charles Filiger, il rejoint Gauguin à Pont-Aven en été 1890. A partir de 1893 il met au point la technique de la gravure au canif sur bois debout. Ses œuvres de 1890 à 1900 sont marquées par les innovations de l'école de Pont-Aven. Il s'installe à Lagny (Seine-et-Marne) en 1894 pour y pratiquer sa profession de médecin qu'il abandonnera définitivement en 1901.
Il se consacre à l'illustration de nombreux ouvrages d'éditeurs : Les Philippe de Jules Renard, La Terre et l'Homme d'Anatole France, La Colline inspirée de Maurice Barrès... Il reste très attaché à ses origines lorraines dont les paysages, les villages et leurs habitants continuent à inspirer son œuvre.
Il est membre fondateur de la « Société de la Gravure sur Bois Originale » (SGBO) en 1911 et en reste le vice-président de 1920 à 1935. Noël Clément-Janin établit le répertoire de ses gravures en 1912.
Après la Première Guerre mondiale, il poursuit son œuvre gravée d'illustrateur et se consacre davantage à la peinture. A partir de 1920, il voyage en Italie, en Sicile, en Espagne, au Portugal, au Maroc. Ces visites sont la source d'inspiration de sa nouvelle approche de la couleur.
Il a illustré de nombreux ouvrages de Zola, Barrès, Duhamel, France, Kipling, Taine, Yole, etc.
P.E. Colin meurt en sa maison de Bourg-la-Reine (24, chemin latéral, devenu 24 rue du Colonel – Candelot à Bourg la Reine) en octobre 1949.
Source : Wikipédia
CRANACH ( Lucas)
(Kronach 1472 - Weimar 1553)
Peintre et graveur allemand. Sa formation est mal connue, mais on suppose qu'il séjourna à Vienne vers 1500. Il produisit alors des portraits et des scènes religieuses dont la véhémence expressive, les tonalités intenses s'apparentent aux compositions de Huber et surtout d'Altdorfer (Crucifixion, 1502). En 1504 , il fut appelé à Wittenberg par l'électeur de Saxe Frédéric le Sage . Il travailla ensuite pour ses deux successeurs, dirigeant un atelier très actif, jouant aussi un rôle politique (mission aux Pays Bas en 1509). Il connut les gravures de Dürer, et, ami de Luther, devint par ses illustrations ( bois gravés) l'un des créateurs de l'iconographie protestante. Dans certains des retables apparaissent des tendances archaïsantes et éclectiques (Retable de sainte Catherine 1506); cette tendance apparaît aussi dans la série des Chasses princières, qui, par la fantaisie et la naïveté dans le détail, semblent renouer avec le gothique international, tandis que les esquisses sur parchemin de sa série de portraits témoignent d'un sens de la mise en page et d'une finesse de trait d'une grande virtuosité technique. Influencé par le répertoire thématique de la Renaissance italienne, il réalisa des scènes mythologiques, des figures isolées révélatrices de sa prédilection pour le nu féminin, dont le type aux formes allongées, aux attitudes maniérées et à l'expression quelque peu perverse connut un succès considérable. (Vénus et l'Amour, Lucrèce, Diane ). Ces œuvres présentent des traits stylistiques typiquement germaniques : prédominance du caractère graphique, nature de la gamme chromatique, rôle des accessoires et dédain pour le rendu illusionniste de l'espace.
P.R.N.P.
DARDOIZE (Emile Louis)
(Paris 1826- † 18-10-1901)
Paysagiste et illustrateur français, autodidacte, il envoya au salon de la société des artistes français de 1845 à 1901 presque chaque année. Les motifs de ses paysages approchant de la manière de Harpignies ou de Pelouze il les cherchait de préférence aux bords de la Marne et de le Seine et près de Les Vaux de Cernay . Le musée de Dunkerque conserve de lui : Un coin de Crapeu à Carolles . Comme illustrateur , il travailla pour les périodiques Le Tour du Monde et l’Illustration. Son fils Louis traville comme architecte à Paris.
Article de H.V . in Tieme –Becker , vol. 8 , 1913, p. 398 . trad. Par M.Wiedemann.
DAUBIGNY (Charles François)
(Paris 1817 - 1878)
Peintre, aquafortiste et auteur de clichés sur verre, fils d'un paysagiste, il séjourna un an à Rome (1835), puis travailla dans l'atelier de Delaroche. Il exécuta pour vivre des gravures d'illustration ( les Mystères de Paris, d'Eugène Sue) et après quelques peintures d'histoire il se consacra au paysage. Observateur scrupuleux, il peignit les détails à la manière des peintres de l'école de Barbizon, mais avec une plus grande simplicité de facture. Sous l'influence de son ami Corot, il s'attacha à rendre les effets d'atmosphère. Il travailla sur le motif à Auvers-sur-Oise dans sa péniche transformée en atelier. Progressivement sa composition devint moins structurée, sa manière plus ample et aérée, avec une touche plus libre, sensible aux variations des valeurs lumineuses. Il marque la transition entre l'école de Barbizon et l'impressionnisme.
DEMARTEAU (Gilles)
(Liège 1729 - Paris 1776 )
Graveur né à Liège, établi à Paris . Excellent dans la gravure en manière de crayon ; c'est une variante du pointillé qui consiste à imiter le grain de la pierre noire ou de la sanguine sur papier vergé par l'emploi de burins spéciaux à deux ou trois pointes, de sortes de râpes (les matoirs), ou de roulettes dentées. Son biographe cite de lui 729 pièces. Il rend à merveille les dessins de Boucher, Huet et autres; en 1771 il propose même à l'Académie royale de graver les dessins qui servent à l'éducation des élèves "afin de multiplier les secours propres à les former ."
Jean Laran, L'Estampe.
DROUYN (Léo)
(Izon 1816 - Bordeaux 1896)
Il pratique toutes les techniques de dessin: mine de plomb, pierre noire, fusain, plume, lavis, grattage. Il a pour outil une "chambre claire". Cet instrument inventé par Wollaston en 1804 et fabriqué en France par Chevalier, opticien de Paris, n'a rien d'une chambre. C'est une sorte de bras télescopique réglable, à visser sur le bord de la planche à dessin . Au bout placé devant l'œil de l'artiste, il porte un prisme pentaédrique où les rayons lumineux venus du sujet se reflètent et sont projetés comme une image virtuelle sur celle de la planche à dessin. Il suffit donc de suivre les contours de cette image qu'on croit voir sur le papier, on n'a pas à prendre des mesures sur le sujet et à les reporter sur le papier. Le travail en est accéléré, mais il reste entièrement manuel.
Les dessins ont l'inconvénient d'être uniques . Drouyn les copie au carreau sur un papier translucide pour les réduire au format des publications qui les reçoivent. Il pratique aussi le calque sans réduction pour garder les originaux des dessins qu'il livre à la Commission des monuments historiques de la Gironde. Il calque enfin les dessins qu'il veut graver, parce qu'il faut en inverser la gauche et la droite sur la plaque de cuivre, la pierre lithographique ou le bois pour que les monuments apparaissent dans le bon sens sur l'épreuve. On est intrigué par la variété de ses calques à la mine de plomb, mais aussi à l'encre rouge.
Mais la seule façon de multiplier commodément les exemplaires d'un dessin était l'estampe. Le burin, la lithographie et le bois debout étaient à l'époque les techniques usuelles d'illustration de la presse périodique et du livre. Le burin était long et cher. En 1843, année du retour de Drouyn en Gironde, commença la parution de l 'Illustration qui allait durer un siècle et répandre dans toutes les provinces ses gravures sur bois debout de plus en plus proches de la photographie. Choisir l'eau-forte, c'était vouloir bien autre chose que le produit de ces vastes ateliers où des équipes de graveurs se relayaient en faisant les trois-huit, où pour aller plus vite une planche était divisée en douze blocs distribués à des graveurs différents et assemblés par un finisseur spécialiste des jointures. L'eau-forte n'était pas redessinée par une main mercenaire comme la lithographie. L'eau-forte, c'était autrefois le premier jet de l'artiste, l'esquisse tracée par le dessinateur et recouverte ensuite par les travaux méticuleux d'un buriniste de métier. Mais Drouyn arrive à l'âge de produire en même temps que se développe un mouvement international de renouveau de l'eau-forte, considérée pour elle-même et non plus comme préparation d'un burin. En 1838 se crée l'Old etching club de Londres, en 1863 la Société des Aqua-fortistes à Paris, en 1877 le New York etching club, en 1880 le Philadelphia etching club, en 1881 le Boston etching club, en 1885 la Société des Aquafortistes, en 1888 l'Etsclub d'Amsterdam, en 1890 le Brookling etching club, en 1910 la Chicago Society of etchers. Le choix de l'eau-forte, c'était celui de l'individualisme de l'artiste moderne tel que l'exprimait Baudelaire dans un article du Boulevard du 14 septembre 1862 :
" Les jeunes artistes dont je parlais tout à l'heure, ceux-là et plusieurs autres, se sont groupés autour d'un éditeur actif, M. Cadart, et ont appelé à leur tour leurs confrères, pour fonder une publication régulière d'eaux-fortes originales, — dont une première livraison, d'ailleurs, a déjà paru. Il était naturel que ces artistes se tournassent surtout vers un genre et une méthode d'expression qui sont, dans leur pleine réussite, la traduction le plus nette possible du caractère de l'artiste.… Mais je ne voudrais pas affirmer toutefois que l'eau-forte soit destinée prochainement à une totale popularité … C'est vraiment un genre trop personnel, et conséquemment trop aristocratique, pour enchanter d'autres personnes que celles qui sont naturellement artistes, très amoureuses dès lors de toute personnalité vive. Non seulement l'eau-forte sert à glorifier l'individualité de l'artiste, mais il serait même difficile à l'artiste de ne pas décrire sur la planche sa personnalité la plus intime. "
Le choix de l'eau-forte était donc celui de toute une époque post-romantique, mais aucune technique de gravure ne convenait mieux au genre du paysage, comme l'écrivait déjà M. Levesque, dans un article du Dictionnaire des arts, de peinture , sculpture et gravure , Paris, 1792:
"Tous les tableaux où dominent des objets que l'art exprime plutôt par une indication spirituelle que par une imitation précise de la nature, conviennent mieux au travail spirituel de l'eau-forte. Tel est le paysage: puisque tout le monde avouera qu'il est impossible à l'art de copier scrupuleusement le feuillé des arbres, les accidents de leurs écorces, les brins d'herbes, les mousses, le sable et toutes substances dont la terre est couverte ou composée."
Les techniques de Drouyn aquafortiste sont simples: il pratique l'eau-forte au trait, le vernis mou et la gravure sur acier. Il se fournit à Paris en plaques de cuivre ou d'acier, il y fait aussi tirer ses planches par des imprimeurs spécialisés en taille-douce. Il dessine sur un carton qu'il emporte à la campagne avec sa chambre claire et son pliant. Il ne grave pas directement sur le cuivre comme le feront d'autres artistes, parce que ses sujets favoris, les monuments, obligent à inverser le dessin. Ses eaux-fortes sont issues en atelier d'un calque et quelquefois d'une réduction du dessin premier . Il transfère le dessin sans doute en écrasant le calque enduit de mine de plomb ou de sanguine sur le vernis au moyen de la presse de taille-douce. Il grave en une ou deux états successifs, c'est-à-dire qu'insatisfait de ses premiers travaux, il revernit et fait mordre sa plaque une seconde fois. Mais il ne va guère plus loin, il ne pousse pas comme Rembrandt jusqu'au quinzième état. Il renforce les ombres de ses eaux-fortes par quelques passages de la roulette sur les arbres ou les talus. On trouve par ci, par là des retouches au burin, mais fort rares. Quand Drouyn emploie le vernis mou, c'est pour des paysages riches en arbres, en fourrés, en nuages, rendus par des frottis donnant des valeurs de gris. Il y a de grandes planches au vernis mou exécutées sur acier, ce qui est singulier, et des cuivres aciérés. L'avantage qu'il tire de ces deux procédés est d'augmenter le tirage en durcissant la plaque.
Dans ses ouvrages, Léo Drouyn insère des eaux-fortes montrant des plans, des coupes, des détails rapprochés, mais il ne fait pas d'élévations, il préfère les vues de monuments inscrits dans le paysage. S'il lui arrive de représenter un château à vol d'oiseau, il a recours aux dessins de son fils Léon, architecte de métier.
Drouyn se souvient de Rembrandt dans le ciel traversé de lignes obliques qui se trouve au dessus du château de Fargues, pl. 131 de La Guienne militaire. Mais d'ordinaire, il ne cherche pas à attirer le regard par des effets atmosphériques qui détourneraient du monument. Des vols d'oiseaux sont semés dans les nuées, mais de préférence au-dessus du centre de gravité de l'image, le monument ou sa tour principale, qui s'en trouvent comme prolongés dans le ciel .
L'effet lumineux est de la plus grande importance pour la gravure qui ne dispose pas de contrastes de couleur. Drouyn aime les contrejours, les lumières rasantes, et même se souvenant des ténèbres dans les gravures de Rembrandt, il n'hésite pas à montrer l'obscurité de la crypte de La Libarde, du colombier de Crampet , du rez-de-chaussée de l'ancien hôtel de ville de La Réole. Dans les paysages, le monument est vu de loin, bien dégagé, lumineux , ou il est vu à travers des rideaux d'arbres, un premier plan sombre, au bout d'un chemin qui introduit le spectateur dans l'image. Les compositions de Drouyn sont simples et classiques. Elles correspondent au coup d'œil du promeneur, qui approche du monument et sait en faire le tour, mais ce spectacle offert à tous est rythmé, ordonné, unifié dans ses inventions et son effet par la recherche d'un équilibre entre l'archéologue et l'artiste.
M. Wiedemann
EARLOM (Richard)
(*Londres 1742/43 - 9 oct. 1822)
Fils d'un secrétaire communal de la paroisse de Saint Sépulchre, il passa ses jeunes années près de Cow Lane et de l'atelier d'un charron où il éprouva ses premières incitations à l'art en contemplant souvent les peintures de G. B. Cipriani sur le carrosse d'apparat du lord-maire de Londres, que ledit charron avait à réparer. Le talent que le jeune Earlom manifesta dans les copies de ces décorations de carrosse incita son père à le mettre en apprentissage chez Cipriani. Après quoi il fut distingué dès 1757 par un prix de la Société londonienne des arts et exposa en 1762 à la Free Society of Artists une composition Le faune dansant, ainsi qu'en 1767 une ébauche de burin d'après le tableau de Benj. West Pyrrhus apporté à Glaucias exposé simultanément à la Society of Artists. Aujourd'hui on ne connaît plus de dessin autographe d'Earlom que l'élégant portrait en pied, datant des mêmes années, de l'homme politique anglais John Wilkes à la National Portrait Gallery de Londres, N°284. En réalité notre artiste était passé dès 1765 de la peinture et du dessin à l'eau-forte et à la manière noire, à la demande et sous la conduite de J. Boydell, semble-t-il, aux presses duquel il devait livrer à partir de 1766 des eaux-fortes d'après des tableaux de Salvator Rosa à Chatsworth, d'après Jacob chez Laban de Sébastien Bourdon à Houghton Hall et à partir de 1767 des manières noires d'après des maîtres anciens et des artistes anglais vivants. Parmi ses planches de manière noire datées de 1767-1770, notons la Sainte Famille d'après le Guerchin, à Chatsworth, le Moulin à eau d'après Hobbema et le portrait de l'évêque Th. Newton d'après le portrait de Benj. West. Plus tard Earlom fit pour Boydell près de 24 des 170 planches de manière noire en format folio impérial de ses deux volumes publiés à Londres en 1775 sur les principaux tableaux de la collection de Robert Walpole à Houghton Hall (nouvelle édition en 1787-88 après la vente de cette collection à l'impératrice Catherine II de Russie). Outre maintes reproductions isolées, il faut noter les planches de cuivre gravées en partie à l'eau-forte, en partie en manière noire, en partie à la manière de crayon, pour reproduire le Liber veritatis de Claude le Lorrain, propriété du duc de Devonshire à Chatsworth. Publiées à Londres en 1777 en 2 volumes à 100 planches retravaillées par Earlom à chaque fois, rééditées à plusieurs reprises jusqu'en 1819 avec un portrait de R. Earlom à la manière noire gravé par Th. Lupton d'après un tableau de Gilbert Stuart peint entre 1775 et 1793. A cette édition de 1819 s'ajoutèrent un troisième volume de 100 planches de R. Earlom d'après des dessins de Claude le Lorrain dans d'autres collections privées anglaises, ainsi que 43 des 50 planches d'aquatinte de la Collection of Prints after the Sketches and Drawings of the late celebr. G. B. Cipriani publiée en 1789 à Londres (quelques-unes de ces 43 planches à l'eau-forte simple, quelques autres en manière de crayon). Outre Boydell, d'autres marchands d'estampes éditèrent des reproductions de la main d'Earlom, par exemple R. Sayer des manières noires comme Le roi George III avec sa famille (d'après J. Zoffany, 1770), Autoportrait de J. Mc Ardell en 1765 gravé en 1771 et les deux Portraits de groupe de la Royal Academy de 1772 et 1773, d'après Ch. Brandoin et J. Zoffany. Plus tard Earlom livra quelques contributions en manière noire à l'ouvrage de botanique de R. J. Thornton intitulé The Temple of Flora, rédigé en 1799, publié seulement en 1807 (on doit à Earlom trois des grandes planches en couleurs) et à Portraits of Characters illustr. in Brit. History de Woodburn publié à Londres de 1810 à 1815 avec 20 illustrations de R. Earlom. En 1811, Boydell édita encore une reproduction en manière noire du portrait par A. van Dyck de l'architecte anglais Inigo Jones. Earlom passa les derniers jours de sa vie longue et bien remplie dans le quartier central de Clerkenwell (Exmouth Street) et fut enterré au cimetière St Mary d'Islington. Il avait perdu en 1789 un fils fort doué pour les arts, âgé de 17 ans et prénommé William. Il était donc marié vers 1770. Sa femme et sa fille lui survécurent. L'admiration extraordinaire que la virtuosité des gravures d'Earlom obtint auprès de ses contemporains nous paraît aujourd'hui sans doute encore compréhensible, mais pourtant à peine justifiée. Il y a de neuf chez lui la finesse inhabituelle du fond de manière noire, qui ne devait que trop nuire à la richesse de nuances de ses planches et l'emploi, d'ailleurs déjà essayé par son prédécesseur Ch. Exshaw, d'une technique mixte combinant morsure du cuivre à l'eau-forte et manière noire. On la reconnaît nettement surtout dans le Liber veritatis de 1777, mais en fait elle est à la base de la plupart de ses planches de manière noire....
Traduit de l’allemand d’A. E. Popham in Thieme - Becker, Künstlerlexikon.
EXPERT (Paulette)
(*Saint Médard de Guizières 13 fév. 1912 - 2001)
Fille de notaire, nièce d'un architecte connu, elle fit ses études à Bordeaux jusqu'au baccalauréat, puis entra à l'école des Beaux-Arts de cette ville, où elle reçut l'enseignement fort classique de Roganeau et de Robert Cami, qui arrivait de son séjour à la villa Médicis et venait d'ouvrir l'atelier de gravure de l'école. Paulette Expert obtint en 1935 une bourse de la ville de Bordeaux pour étudier la gravure à Paris. Elle fréquenta l'école des Beaux-Arts et le Cabinet des Estampes. Elle exerça le métier de professeur de dessin à Péronne (1942-1945), à Aurillac (1945-1955), à Angoul_me (1955-1956), gravant pendant ses sorties alentour. Recrutée comme professeur de dessin à l'école des Beaux-Arts de Bordeaux en 1956, elle reçut du directeur la charge d'une partie des cours de gravure et partagea son enseignement entre les deux matières jusqu'à sa retraite en 1976. Elle voyagea en Grèce, en Norvège, en Italie, en Espagne, en Hollande, notant ses impressions dans de nombreux dessins au crayon, au lavis, des aquarelles et des gravures au burin, à la pointe sèche et à l'eau-forte. Elle exposa à Paris, à Bordeaux aux Indépendants et à Aurillac. Loin de se tenir à une manière reconnaissable, elle préféra adapter sa façon de graver à la variété de ses sujets.
M.W.
FLAMEN (Albert ou Allaert)
Peut-être natif de Bruges, actif de 1646 à 1669 à Paris
Dessinateur et graveur naturaliste, auteur d'études d'oiseaux conservées au Louvre, d'une suite de gravures sur les poissons.
Notice de L. Burchard in Thieme –Becker , vol. 12 , 1916, p. 66-67.
Peintre, dessinateur, buriniste et aquafortiste. D’après des gravures et des dessins datés, il était actif à Paris entre 1646 et 1669 . (identique à A. Flamens , « peintre et dessinateur ordinaire de Monsieur frère du Roi » ? ) Selon la tradition il serait originaire de Bruges. Les gravures de Flamen sont toutes publiées à Paris , la plupart chez J. van Merlen, les autres chez Boissevin, J. Lagniet, P. Mariette et autres . Un certain nombre sont publiées par lui-même .
Flamen a plusieurs fois ajouté à sa signature la mention peintre. On ne connaît pas de tableaux de Flamen, (cependant le catalogue de la Galerie de la New York historical Society lui attribue un tableau : « Oiseaux et poissons. ». mais nous avons connaissance de deux portraits de lui par des gravures de reproduction : le médecin J. B. Morin ( Nic. de Poilly sculpsit ) le poète Jean Regnault de Segrais, gravé par Jean Boulanger et Mathey). Les dessins de Flamen sont légion. L’Albertina en conserve cinq livres. Le British Museum possède 80 dessins de Flamen, (paysages, natures mortes, batailles, histoire naturelle, titres de livres) . F. de Mély a décrit trois albums
FRANÇAIS Louis François
(Plombières 17-11-1814- † Paris 28-5-1897)
Peintre paysagiste, dessinateur, graveur sur cuivre et sur bois, lithogaphe.
A 15 ans il entra comme apprenti chez un libraire parisien et employa ses maigres gains à s’exercer au dessin de nu. Il trouva alors un emploi dans la Revue des Deux Mondes que Buloz venait de fonder (1831) Celui-ci chercha en vain à le détourne de l’art. A partir de 1834 il entra dans l’atelier de Jean Gigoux où il fut le condisciple de Henri Baron, qui devint un ami très proche. Il gagnait sa vie pendant ce temps en illustrant des revues comme le Magasin pittoresque, Gil Blas, et Roland furieux. Bien qu’il n’étudiât chez Gigoux que la figure, il s’intéressait déjà principalement au paysage, il passait ses loisirs à dessiner et à peindre le long de la Seine. En 1837 il envoya au Salon un tableau à figures fait en collaboration avec Baron, Chansons sous les saules , en 1838 une scène de Macbeth. Il obtint son premier succès en 1841 au Salon, où son Jardin antique fut acheté pour le musée de sa ville natale. Bientôt le jeune François attira l’attention du public et aussi des artistes : une étude du parc de St Cloud charma tant Meissonier qu’il proposa à François d’y ajouter des figures (salon de 1846) . Corot le conseillait particulièrement et gagna de plus d’influence sur son travail, d’autant que Français lithographiait alors les œuvres de Corot ppour des collections des Artistes Contemporains et des Artistes Anciens et modernes.
HEYN (Erwin)
1941Naissance à Vendenheim (Bas-Rhin)
1951Arrivée à Eckartswiller où il vit et travaille. Un temps droguiste, un autre hôtelier-restaurateur, depuis longtemps artiste…
1962 – 1966Séjour en Suisse et rencontre avec le peintre Willi Meister. Premières peintures.
1967Rencontre avec Jeanne Mathieu, tisserande aux Baux de Provence et découverte des carrière des Baux.
1975 – 1985Réalise les « Pierres du Silence », 26 aquatintes inspirées des Baux.
1983Premiers bois gravés en couleurs, premiers collages.
Edition de l’ouvrage de J.-P. Schneider ; « Erwin Heyn, peintre et graveur »
1985Bourse de travail offerte par le Zehnthaus de Jockgrim (Allemagne). Rencontre avec le sculpteur Karl-Heinz Deutsch. Premières sculptures.
1985Grand prix de la Ville de Mulhouse, section gravure.
1989Grande exposition au Musée du Château des Rohan à Saverne. Edition d’un catalogue : « Les Saisons d’Erwin Heyn ».
1990« Lumières retenues ». catalogue et exposition à l’Ecole d’Architecture de Strasbourg.
1994Exposition « Le Tant d’un Regard » à la chapelle du Mont Saint-Michel à Saint-Jean-Saverne.
1998Edition du livre « Erwin Heyn » par J.-C. Walter aux Editions Michel Frères, Virton,
Belgique.
2000« L’œuvre gravé de Erwin Heyn » Exposition à la B.N.U. de Strasbourg à l’occasion de la parution du coffret des « Douze Poèmes d’Amour » de J.-C. Walter
ornés de 12 bois gravés.
2001Rencontre avec Gisela Arnaud-Schröder. Réalise un collage de 4,50 m sur 3m «Le Silence d’Alspach » pour l’exposition « Art Papier » à la chapelle romane d’Alspach.
Rencontre avec Ursula Maier, ébéniste d’art à Markgröningen. Grande exposition dans ses locaux.
2002Retour à l’abstraction et découverte des « Vieux Papiers » !
2003« Lumières oubliées » 10 collages pour la chapelle romane de Wissembourg lors de l’exposition du 6° Chemin d’Art Sacré.
2004Exposition et workshop à Steinfurt en Allemagne. Edition d’un bois gravé par la Aldegrever Gesellschaft de Münster
2005Réalisation de 11 collages sur le thème de la « Nature Morte » pour le Staeffele de Saverne.
2006Metamorphoses. Exposition-Rétrospective ( 1990 - 2006 ) au Musée de Château des Rohan à Saverne. Edition d’un catalogue.
2007Réalisation d’une mosaïque murale ( 10 m2 ) pour le Centre Gymnique d’Alsace.
2008Exposition « 40 ans de gravure » dans sa salle d’exposition à Eckartswiller.
Acquisitions :Musée des Beaux Arts de Strasbourg
Cabinets des Estampes de Strasbourg, Mulhouse, Colmar.
F.N.A.C. Paris.
Bibliothèque de Bordeaux, Obernai. Bibliothèque Nationale de Luxembourg.
Œuvres monumentales :
Ville de Saverne : 3 sculptures
Monument aux Morts d’Otterswiller.
HOLLAR (Wenzel)
(Prague 13 juillet 1607- Londres 25 mars 1677)
Fils de Jan Hollar de Prachna, haut fonctionnaire de la cour de Prague, anobli par Rodolphe II en 1600, et de Marguerite Löw von Löwengrün, d'une famille noble du Palatinat supérieur, il perd sa mère en 1613 . Son père se remarie après quelques mois. En 1618 commence le soulèvement de la Bohème protestante contre l'archiduc Ferdinand de Habsbourg qui devient la guerre de Trente ans . En 1625 apparaissent les premiers dessins de Wenzel Hollar, qui apprend la cartographie et l'arpentage, malgré son père, et a peut-être reçu des leçons d'Egidius Sadeler (1570-1629), Anversois devenu graveur sur cuivre de la cour. Durant la deuxième moitié de 1627, Hollar quitte Prague et apparaît à Stuttgart. En 1628, il travaille à son compte à Strasbourg. Son éditeur est Jacob van der Heyden. En 1629, il entreprend un voyage sur le Rhin qui le conduit à Francfort et Cologne et le ramène à Strasbourg. Il y publie une suite des mois de l'année d'après Jan van de Velde et les quatre saisons comme vues de Strasbourg. En 1630, son père mort à Prague, Wenzel Hollar entre à Francfort dans l'atelier de l'éditeur et graveur Matthäus Merian . En 1632, il s'établit à Cologne et travaille pour les éditeurs A. Hogenberg et G. Altzenbach. De Cologne, Hollar entreprend un voyage aux Pays Bas en 1634. Abraham Hogenberg publie en 1635 23 gravures de Hollar avec des vues de Rhénanie et des Pays Bas sous le titre "Amœnissimæ aliquot locorum …effigies ". En mai 1636, Hollar et son ami Hendrik van der Borcht le jeune entrent au service de Thomas Howard, comte d'Arundel et de Surrey, premier comte et maréchal d'Angleterre. Celui-ci est en mission diplomatique auprès de l'empereur Ferdinand II pour obtenir le retour du Palatinat à Karl Ludwig von der Pfalz (1617-1680), second fils du "roi d'un hiver" et neveu de Charles Ier [d'Angleterre]. Arundel, l'un des plus importants amateurs d'art de son temps, voyage aussi pour des affaires artistiques privées. Le voyage a lieu principalement par bateau et conduit par Francfort, Ratisbonne et Passau à Linz. C'est là qu'Arundel rencontre l'empereur, mais sa mission échoue. L'empereur accorde à Hollar de porter, outre le titre de son père, le nom et les armes de sa mère. Son nom complet est désormais Prachenberger von Löwengrün und Bareyt. Le voyage en compagnie d'Arundel continue par Vienne vers Prague. Du 6 au 13 juillet, Hollar séjourne pour la dernière fois dans sa ville natale. Après un séjour qui dure trois mois et demi à Ratisbonne, Arundel et sa suite rentre en Angleterre par Nuremberg, Francfort, Mayence et Cologne. Arundel arrive à Londres en fin décembre 1636. Abraham Hogenberg publie le Reisbüchlein de Hollar avec 24 études de têtes masculines et féminines, qui est republié en 1645 et 1646. Hollar reste au service d'Arundel. Il arrive à Londres dans les premiers jours de l'année 1637. Hendrik van der Borcht le jeune devient garde des collections d'Arundel. Hollar trouve à Londres sa seconde patrie. Il habite et travaille à Londres dans l'hôtel d'Arundel sis près de la Tamise. Il commence à reproduire des œuvres de la collection d'Arundel. A côté de ses activités pour Arundel, il travaille à son compte pour plusieurs éditeurs.
Arundel conduit une armée royale à la frontière écossaise. Hollar l'accompagne à Berwick-on-Tweed. Vers 1640, Hollar est présenté à la cour. Il exerce peut-être la fonction de maître de dessin du prince héritier, le futur roi Charles II (1630-1685). Il est du moins prouvé qu'il enseigna au second héritier du trône, le futur roi Jacques II (1633-1701). Hollar publie les 26 feuilles de sa suite Ornatus muliebris avec des représentations de costumes féminins anglais. La suite fut rééditée plusieurs fois jusqu'au début du XIXème siècle. Le 4 juillet 1641, Hollar épouse Miss Margaret Tracy, demoiselle de compagnie de la comtesse d'Arundel. Paraît la suite des Saisons en femmes debout vues jusqu'aux genoux. Arundel reçoit en 1642 la charge de mettre en ordre la dot de la princesse Marie (1631-1660), fille de Charles premier, qui épouse Guillaume II d'Orange (1626 -1650). En février 1642 le comte et la comtesse d'Arundel quittent l'Angleterre et s'établissent à Anvers. Ils y emportent la majorité de leurs collections d'art. Hollar se tient par moments à Oxford, le siège de l'Etat Major royal comme royal servant . En avril 1643 naît son fils James. La date de naissance de sa fille demeure inconnue. Il fait paraître une suite de Saisons comme figures de femmes en pied, une suite de costumes féminins d'Europe sous le nom de Theatrum mulierum. Une seconde édition paraît dès 1644 sous le titre Aula Veneris. Elle comportera jusqu'à 105 feuilles. Elles correspondent en partie aux figures de la suite non datée de 37 feuilles Runde Frauentrachten. La même année paraissent d'après des esquisses du séjour à Cologne les 8 feuilles de la suite de paysages Amœnissimi aliquot locorum …prospectus. En 1644, Hollar suit Arundel à Anvers. Il est inscrit comme maître libre de peinture et de gravure au registre de la guilde Saint Luc d'Anvers. Il travaille pour plusieurs éditeurs, dont Jan Meyssens et Pieter van Avont. Arundel part pour raisons de santé à Padoue. Sa femme reste avec la collection d'art à Anvers. A Londres paraît une suite de Saisons comme demi-figures de femmes. Hollar grave cette année-là et les suivantes beaucoup d'œuvres de la collection Arundel. En 1646, Arundel meurt à Padoue. Hollar reste au service de la comtesse, qui commence à vendre la collection. Hollar publie les 12 feuilles de Muscarum, scarabeorum, vermiumque …, représentations de papillons, d'insectes et d'invertébrés d'après des dessins de la collection Arundel. Une deuxième suite de sciences naturelles gravée durant l'exil à Anvers comporte 38 planches représentant des coquillages et n'est pas datée. En 1647 Hollar publie une suite 12 feuilles de bateaux hollandais sous le titre: Navium variæ figuræ et formæ . Un autoportrait de Hollar est inclus dans la série de biographies d'artistes publiée par Jan Meyssen sous le titre Image de divers hommes d'esprit sublime. Hollar grave à l'eau-forte 30 planches d'après le cycle de la danse macabre de Hans Holbein le jeune. En 1652, Hollar rentre en Angleterre. Il est arrêté après son arrivée, mais libéré après une intervention de Sir William Dugdale, antiquaire du cercle des Arundel. En mars 1653 meurt Margaret Hollar, son épouse. En 1654, l'éditeur John Ogilby publie une traduction anglaise de Virgile, avec 43 illustrations pleine page de Hollar et onze autres que Hollar a gravées en partie. En 1655, William Dugdale publie le premier volume de son histoire des ordres monastiques anglais Monasticon Anglicanum, avec un titre et onze illustrations pleine page de Hollar. Celles-ci représentent pour la première fois l'architecture gothique d'Angleterre. A l'Epiphanie 1656, Hollar est arrêté au sortir de la chapelle pour avoir écouté la messe, parce qu'en Angleterre il n'est permis qu'aux diplomates étrangers de pratiquer la foi catholique. William Dugdale publie Antiquities of Warwickshire, avec 183 illustrations gravées par Hollar qui montrent des vues et des batiments du comté. En 1658, John Ogilby publie une édition latine de Virgile avec les mêmes eaux-fortes qui avaient servi dans la traduction anglaise. L'édition latine est rééditée en 1663. William Dugdale publie une History of St Paul's cathedral avec 36 eaux-fortes de Hollar. En 1660, Hollar projette une grande vue de Londres qui doit comporter 28 planches. En juillet, il demande le soutien du roi. Charles II se tourne le 4 septembre vers le bourgmestre de Londres. Le projet ne voit néanmoins pas le jour. En 1661, William Dugdale publie le second volume de son histoire des ordres monastiques anglais avec plusieurs illustrations à l'eau-forte par Hollar. En 1662, John Ogilby publie un livre sur le couronnement de Charles II sous le titre: The entertainement of His most excellent Majestie Charles II, in his passage through the city of London to his coronation. Le volume contient quatre eaux-fortes en double page de Hollar. En 1665 son fils James succombe à la peste qui fait 68.000 morts à Londres. Hollar épouse en secondes noces Honora Roberts, une jeune fille dont il s'était occupé durant l'épidémie. John Ogilby publie deux volumes de fables d'Esope, avec 58 eaux-fortes de Hollar en pleine page. Hollar obtient le 21 novembre 1666 le statut officiel de scenographus regius, dessinateur de vues du roi. Après l'incendie de Londres, il travaille à diverses vues de Londres qui donnent la mesure des destructions. Au printemps 1668, Hollar, sur sa demande, accompagne la mission diplomatique à Tanger de Lord Henry Howard, petit-fils du comte d'Arundel. Il y exécute des vues et des cartes de la ville et de ses fortifications. John Ogilby publie sous le nom d'Esopiques ses propres fables. Hollar a gravé 19 des 39 illustrations. Le même éditeur publie, sans doute en contrefaçon, la description par Jan Nieuhoffs d'un voyage vers l'empereur de Chine "L'ambassade de la Compagnie Orientale des Provinces Unies vers l'Empereur de la Chine" avec des illustrations copiées sur Jacques de Meurs. En 1672, Hollar entreprend un voyage vers le milieu et le nord de l'Angleterre. Elias Ashmole publie son Histoire de l'ordre de la Jarretière , avec 5O illustrations, que Hollar avait gravées depuis 1660. Le roi Charles II lui accorde le privilége pour 15 ans. John Overton publie au moins douze aperçus de Tanger par Hollar . En 1673, John Overton publie au moins 12 eaux-fortes sous le titre Divers prospects in and about Tangier. Francis Sandford publie sa généalogie des rois d'Angleterre sous le titre A genealogical history of the kings of England avec 3 illustrations pleine page gravées par Hollar. Enfin Robert Thoroton publie The Antiquities of Nottinghamshire. Il contient 54 illustrations dont Hollar grava 52 planches de 1676 à 1677. Le 25 mars 1677, Wenzel Hollar meurt à Londres et est enterré dans le cimetière de l'église catholique Ste Margaret à Westminster .
Traduit par M.W. de l'allemand du Dr. Jutta Dresch , Wenzel Hollar 1607-1677 Radierungen aus dem Kupferstichkabinett der Staatlichen Kunsthalle Karlsruhe. Heidelberg, Edition Braus, 1990.—108 p., 80 ill. n &b.
HOUTIN (François)
(1950 Craon en Mayenne - …)
François Houtin vit et travaille à Paris. Après avoir été jardinier-paysagiste chez Jacques Bédat et Franz Baechler au début des années 1970, François Houtin s'initie à la gravure à Paris auprès de Jean Delpech. Il montre ses premiers travaux lors d'expositions à partir de 1977. Dès cette période, ceux-ci ont pour sujet une nature rêvée — jardins fantastiques, topiaires, architectures végétales — où la parfaite connaissance des plantes est mise au service de l'imaginaire. À côté de la gravure qui reste son mode d'expression privilégié, François Houtin réalise également des dessins sur carnets chinois (leporellos) et, depuis 2002, de très grands lavis à l'encre de chine sur papier ou sur toile.
Utilisant les mêmes sources d'inspiration, François Houtin a réalisé pour Hermès le décor de plusieurs carrés et, en 2010, un service de table en faïence, Les Maisons enchantées. Il a également peint des fresques murales, dont, toujours en 2010, le décor végétal monochrome du restaurant Artcurial au rond-point des Champs Elysées à Paris.
François Houtin intervient à l'occasion comme architecte paysagiste et, à ce titre, a participé au projet de rénovation des jardins des Tuileries en 1990. Il réalise plusieurs jardins dont le jardin topiaire de Colette et Hubert Sainte-Beuve à Plant-Bessin (Castillon) en Normandie. Certaines de ses réalisations, enfin, relèvent du land art, qu'il s'agisse de constructions de grands cairns dans la nature ou de commandes publiques ou privées.
Prix et distinctions
1981 : prix Lacourière
1986 : prix Florence Gould
2010 : grand prix de gravure de la fondation Taylor (grand prix Léon-Georges Baudry)
François Houtin fait partie depuis 1991 de la Société des peintres-graveurs français.
Expositions et publications
François Houtin est représenté dans plusieurs galeries françaises et étrangères, en particulier à Paris, à Londres, à Venise, à Sarrebruck et à Chicago.
Principales expositions personnelles
1978 : Galerie Condillac, Bordeaux
1980 : Librairie Nicaise, Paris
1981 : Galerie de l'Ours, Bourges
1982 : Galerie Michèle Broutta, Paris. Galerie Harmonie, Orléans. FIAC, Galerie Michèle Broutta, Paris
1984 : Fitch-Febvrel Gallery, New York. Galerie in Flottbek, Hambourg. Centre Culturel Français, Rome
1985 : Galerie Roubaud, Munich. Centre Culturel Français, Palerme. Galerie Michèle Broutta, Paris
1986 : Château de Sully sur Loire
1987 : Galerie L'Angle Aigu, Bruxelles. Galerie in Flottbek, Hambourg
1988 : Galerie Roubaud, Munich. Galerie Letu, Bruxelles
1989 : Galerie Eolia, Paris
1992 : Trianon de Bagatelle, Ville de Paris. Galerie Marlies Hanstein, Sarrebruck. Galerie Eolia, Paris. Artopia, Genève
1993 : Galerie Michèle Broutta, Paris; Galleria del Leone, Fichier (avec Gérard Trignac)
1994 : Galerie in Flottbek, Hambourg. Journée des Plantes, Courson
1996 : Galerie Marlies Hanstein, Sarrebruck. Exposition rétrospective, ville de Craon Mayenne. Francis Kyle Gallery, Londres
1997 : Cabanes de Jardinier, Galerie de l'Ours, Bourges. Prieuré Notre-Dame-d'Orsan, Maisonnais
1999 : Richard Reed Armstrong Fine Art, Chicago
2001 : Nature et gravure; Cabanes de jardinier, Jardin du Luxembourg, Paris. Galerie Marlies Hanstein, Sarrebruck
2002 : Nymphées, Librairie Nicaise (Paris), Gurari Antique Prints (Boston), Musée de l'Hospice Saint Roch, Issoudun
2003 : Galleria del Leone, Venise. Les floralies, Le Touquet
2004 : Maison Bleue, Ville de Craon Mayenne, Cabanes, Trianon de Bagatelle, Paris
2005 : Cabanes, Médiathèque de Vénissieux, Vénissieux.
2006 : L'arbre, Francis Kyle Gallery, Londres. Gravures et nature, Espace Jardins Montmorency
2007 : Arbres de Légendes, Prieuré d'Orsan, Orsan; Jardins, arbres et caetera, Plant-Bessin (Castillon)
2008 : L'arbre, Chateau de Vascoeuil , Vascoeuil
2009 : L'arbre, Centre artistique de Verderonne
2010 : François Houtin, paysagiste-jardinier,Galerie Collégiale, Lille. L'arbre, Orangerie du jardin du Luxembourg, Paris
Éditions de bibliophilie
1978 : Jardins, suite de 40 eaux-fortes, préface de Ramon Alejandro
1980 :
Topiaire, suite de 12 eaux-fortes, préface de François Deck.
La Fille de Rappaccini, nouvelle de Nathaniel Hawthorne illustrée de 14 eaux-fortes
1982 : Cinq jardins, cinq sens, poèmes de Federico Garcia Lorca illustrés de 5 eaux-fortes, éditions Michèle Broutta
1985 : Fantaisies romaines, suite de 10 eaux-fortes, texte de Gilbert Erouart, éditions Michèle Broutta.
1988 : Les Quatre Éléments ou la Fête à Versailles, suite de 4 planches précédées d'un frontispice et de 4 mascarons
1999 : Cabanes de jardiniers, suite de 15 eaux-fortes avec un texte de Gilbert Lascault
2002 : Nymphées, suite de 23 eaux-fortes avec un texte de Gilbert Lascault
Sources
Catalogue raisonné de l'œuvre gravé de 1973 à 2002, édité par les galeries Michèle Broutta (Paris) et Richard Reed Armstrong (Chicago), 2002 ; préface de Laure Beaumont-Maillet, conservateur général et directrice du département des estampes à la Bibliothèque nationale de France
Curiculum vitae de l'artiste mis à jour en 2010, avec son autorisation
Liens externes
Présentation de l'artiste sur le site art11.com
Présentation de l'artiste sur le site de la Galleria del Leone
Présentation de l'artiste
Artwork English Presentation
Artwork English Presentation
Artist and artwork presentation
Présentation des œuvres
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HUET (Jean-Baptiste Marie)
(Paris 1745-1811)
On doit distinguer plusieurs membres de cette famille de peintres :
Christophe Huet (?, décédé à Paris le 2 mai 1759, peintre d'animaux, de fleurs, de singeries et de chinoiseries, et graveur , élève d'Oudry), frère aîné de Nicolas I Huet (1718- attesté jusqu'en 1788), lequel est père de Jean Baptiste Marie Huet (né à Paris le 15 octobre 1745, mort le 27 janvier 1811). Ce dernier est peintre animalier et graveur.
Il est père de Nicolas II Huet (1770-expose jusqu'en 1827 au Salon, peintre du Museum d'histoire naturelle et de la ménagerie de S.M. l'impératrice Joséphine, auteur de peintures sur parchemin pour le Museum et de deux suites d'animaux gravées à l'eau-forte), de François Huet-Villiers (1772-1813 peintre miniaturiste et portraitiste qui a publié aussi en 1806 à Londres chez Ackermann des séries de gravures d'arbres et de bétail) , de Jean–Baptiste Huet (1772- ?, amputé du bras droit à la bataille de Jemappes, grava au burin de la main gauche des dessins d'animaux de son père ).
Les gravures en manière de crayon et à l'eau forte que nous présentons sont de Jean Baptiste Huet (1745-1811)
Il fut élève du peintre animalier Ch. Dagomer, puis de J.B. Leprince, et conseillé en même temps par Boucher et par Lépicié. Agréé à l'Académie le 30 juillet 1768, il en est membre titulaire le 29 juillet 1769. Son morceau de réception est entré au Louvre: Famille d'oies attaquée par un chien. En 1772 il est peintre du roy quand il fait baptiser ses deux derniers fils. Au salon de 1769 il n'expose pas moins de 13 grandes toiles: Renard dans un poulailler, Laitière, Oiseaux exotiques, etc. La note fraîche, naturelle naïve de Huet dans ses représentations d'animaux, opposée au caractère frisé des animaux de l'école de Boucher charma le public. … Comme interprète de la nature, en particulier des chevaux, ânes, chèvres, bovins, et aussi des fauves, qu'il avait l'occcasion d'étudier au Museum d'histoire naturelle, Huet a ue place éminente dans l'art de son temps. Il évite de placer ses animaux dans une posture intéressante, il se satisfait de la simple représentation de leur existence de bêtes, comme il a pu les observer quotidiennement durant ses séjours d'été à son domaine de Villiers sur Orge. Mais il enrichit volontiers la composition par des figures décoratives des bergers et des bergères dans le costume idéalisé alors à la mode. Les traits distinctifs de son art apparaissent encore, mieux que dans ses tableaux, dans ses nombreux dessins souvent exécutés sur papier teinté et dans ses eaux-fortes vigoureuses, bien qu'un peu sèches. Huet a lui-même reproduit à l'eau-forte la plupart de ses tableaux et dessins et les a réunis dans une œuvre remarquablement conçue pour l'enseignement : Œuvres de J.B.Huet Gravé à l'eau-forte par lui, d'après ses dessins et tableaux. Il a aussi fourni des cartons pour des toiles imprimées, qu'Oberkampf fabriqua à Jouy et pour des Gobelins tissés à la manufacture nationale de Beauvais.
H.Volmer in Thieme –Becker , Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler
" La plupart des œuvres de Huet ont été reproduites par le graveur Demarteau et par Huet lui-même, à qui l'on doit de charmantes eaux-fortes. Cet artiste a laissé en outre des dessins, des aquarelles et des gouaches du plus grand mérite"
KÜSEL(L) (Melchior)
(*Augsbourg 1626 -† vers 1683)
Elève de Math. Merian l'ancien à Francfort sur le Main, il épousa sa fille en 1649. Il revint à une date indéterminée dans sa ville natale. Il travaillait au moins depuis 1655 pour la cour de Munich (payements en 1655, 59, 62). Il résidait à Augsbourg peut-être dès 1655, mais assurément à partir de 1662. Des passages à Vienne et à Munich sont attestés par une lettre de M. Küsell à la cour de Munich. En 1666, il demanda a posteriori le consentement de sa ville à son mariage, alors que sa femme était sans doute déjà morte depuis assez longtemps, afin de pouvoir recouvrer sa citoyenneté augsbourgeoise perdue. En 1667 et en 1673, il se maria une seconde et une troisième fois. Il apparaît de 1667 à 1681 dans les rôles d'imposition augsbourgeois. Sa part dans les gravures de Merian n'est pas encore établie. Dans ses propres éditions, les gravures d'après le peintre strasbourgeois Wilhelm Baur prennent la plus grande place, en particulier celles de l'Iconographia d'après les miniatures dites impériales. Nombreuses aussi furent ses illustrations de livres. Sa technique est si proche de celle de son frère que la séparation de leurs oeuvres n'est possible que pour les pièces signées. Parfois le travail de sa fille Johanna Sibilla se mêle au sien.
Traduit de l'allemand d'A. Hämmerle in Thieme - Becker , Künstlerlexikon.
LALANNE (Maxime)
( Bordeaux 27 nov. 1827 - Nogent sur Marne 29 juil. 1886)
Fils d'un greffier du tribunal de Bordeaux, bachelier en 1848, il exposa dès 1850 à la Société Philomathique de Bordeaux, tout en étant clerc de notaire, des dessins à la mine de plomb et des pastels. Encouragé par ses amis et par Léo Drouyn, il s'établit à Paris en 1852 pour suivre les cours de Jean- François Gigoux, peintre et illustrateur. M. Lalanne exposa des fusains à la Société des amis des arts de Bordeaux et au Salon de 1853. La même année parut l'album Les plus beaux sites des Pyrénées illustré de lithographies par Lalanne, puis une suite identique à Pau chez Dufour. Pendant l'été 1857, il voyagea en Espagne avec le prince Barriatinsky, aide de camp du tsar: Saint Sébastien, Burgos, Madrid, Cordoue, Séville, Cadix, Gibraltar. En 1858, il fit 16 vues gravées pour Les Pyrénées illustrées de Frédéric Sautras. Maxime Lalanne adhéra dès 1862 à la Société des Aquafortistes, aux côtés de Bracquemond, Corot, Courbet, Daubigny, Daumier, Delacroix, Haden, Harpignies, Jongkind, Manet, Millet, Puvis de Chavannes, Ribot. Lalanne publia ses premières eaux-fortes en 1863, des vues de Paris au moment des grandes démolitions. Il exposait régulièrement à Bordeaux, où il venait passer une partie de l'année, donnant des leçons de dessin, entre autres à Don Fernando, roi de Portugal. Il publiait des gravures de reproduction pour la Gazette des Beaux-Arts, livrait des planches originales pour les publications de la Société des Aquafortistes, siégeait au jury des Salons et des expositions. En 1866, il donna un Traité de la gravure à l'eau-forte qui fut réédité plusieurs fois. Il visita la Bretagne en 1869, l'Angleterre en 1871, la Hollande en 1877 et en 1879 . Couvert d'honneurs, de médailles et de diplômes, il offrit à la ville de Bordeaux l'ensemble de ses eaux-fortes le 25 septembre 1882 et mourut le 29 juillet 1886 à Nogent sur Marne. Son monument au Jardin public de Bordeaux, dû à Granet, fut inauguré le 17 juin 1887. Il fut dépouillé de ses parties en bronze sous l'occupation allemande, mais le buste et le socle de pierre sont encore en place.
Extrait d'Anne Guérin: Catalogue des Oeuvres de Maxime Lalanne conservées au musée des Beaux-Arts de Bordeaux, mémoire de maîtrise sous la direction de Paul Roudié, Université de Bordeaux III, juin 1994.
LAMARCHE (Marie)
Née le 31 mars 1980 à Strasbourg, artiste-plasticienne, vit et travaille à Toulouse.
marie_lamarche@yahoo.fr
06 24 00 49 35
EXPERIENCES ARTISTIQUES:
Expositions
Exposition, installation / Passerelles/ avec Veronika Peddinghaus/ Galerie Brause, Düsseldorf, 2009
Exposition de photographies / Les Aléatoires / Rencontre Internationale de l 'Astronomie, Château de Lavardens, 2009
Exposition de peintures acrylique/ La Hâche, Strasbourg 2009
Exposition de monotypes / L’Art de CHACHA / Galerie Rose Pompadour, Nancy 200
Exposition de toiles et monotypes / Memo / Artfactory et Loftgalerie Strasbourg 2007
Exposition de toiles et monotypes/ Incubations / Espace Syllabe d’art Montrésor 2007
Exposition de monotypes, dessins/ Les papiers peints de ma chambres /la Hâche Strasbourg 2007
Exposition de toiles / j'ai toujours aimé croire../ Arthotèque « L'Art chez soi »/ Paris 2007
Exposition de gravures avec le sculpteur Denis Perez/ Pesmes 2006
Exposition jeunes talents/ CCI Strasbourg 2006
Exposition de gravures avec APOG /Galerie le Lézard, Colmar 2006
Exposition de gravures/ 21e Prix Hamesse / Brussel , 2005
Exposition, installation/ Uncovered / Berlin , 2002
Performances
La femme Totem/ Crée Louche, Engomer 2009
Pause/ avec Silvie Simon Carré Rotonde, Luxembourg 2009
Vice et versa M/ Espace Eugène Baudoin, Paris 2008
Ici Versailles/ La Machinante , Montreuil 2008
Objets de valeurs avec A. Orfin, braderie de l’art de Roubais, 2006
Can some boys plug me in? / Luxembourg,2006
Festival Tourné/ Monté / Strasbourg 2005
Cabaret Kino Belgique / Brussel 2005
Periferias /Schizophrenik geisha/avec Suzi wan, Huesca, 2003
Projet/ résidence
Passerelles # 2, avec V.P, création d'un Portfolio pour l'exposition « Que reste-t'il? », BBB Toulouse 2010
La femme Totem, O crée Louche, Engomer 2009
Ici, c'est Versailles , La Machinante, Montreuil 2008
Dostoprimetscatjelnosti/, avec KHB Arbeitsgruppe Sehenwürdigkeiten/Berlin/ juin- septembre 2002
Prix/ concours
Mention pour la vidéo PASSAGE/ concours Festival VidéoFormes 2009
Vente toile Quidams, salle des ventes Maison Rossini, Paris 2008
Vente toile Quidams, salle des ventes Maison Rossini, Paris 2007
Lauréate, biennale du noir et blanc 2007, Garenne -Colombe
Prix Théophile Schuler 2006, Strasbourg
Lauréate, 21e prix Hamesse, Brussel
Salons
GMAC Paris/Bastille 2007
Art Metz 2007
Galeries
Galerie Rose Pompadour 2007-
Loftgalerie 2006-2008
Wolmart 2006-2007
Formations
Ecole des Beaux-Arts d’Ixelles, Brussel, 2004-2005, section gravure
Arts Décoratifs de Strasbourg, 1999-2003, Strasbourg
LE MEILLEUR (Georges)
(Rouen 1861-1945)
Pointes sèches, eaux-fortes, environ six cents, bois gravés, plus de mille deux cents, lithographies. Sa première gravure est une pointe sèche (épreuve unique datée de 1882. Son œuvre constitue un véritable hymne à la gloire des arbres et a en général pour thème la campagne de toutes les régions françaises et en particulier de la Normandie. On trouve aussi cependant de nombreuses vues de Paris. En 1937 ce graveur au solide métier , qui pourtant ne cessera de s'inspirer très librement des maîtres du passé , reçoit le grand prix de la gravure originale en noir de la Société nationale des Beaux arts de Paris, avec La Poulinière, eau-forte 1924.
Tiré de Janine Bailly-Herzberg.
LEPÈRE (Auguste)
(1849-1918)
Graveur sur bois français, né à Paris, mort à Domme (Dordogne). Elève de Smeeton, il entre en 1875 au Magasin Pittoresque et au Monde Illustré . Il assouplit sa manière et aère sa facture en interprétant Morin et Vierge, puis ses propres dessins de paysage et d’actualité. Dès 1896, puis dans ses illustrations de Huysmans, il remet en honneur le bois de fil, recherchant la force et la simplicité des vieilles xylographies.
PERELLE (Gabriel)
(1598-1675)
Célèbre dessinateur et graveur français, né à Vernon-sur-Seine vers ou 1598, mort à Paris en 1675. Fils d'un fermier du duc de La Vieuville, il entra, en qualité de valet de chambre, au service de ce grand seigneur, alors surintendant des finances de Louis XIII. Le duc eut assez d'intelligence pour voir bientôt que son jeune valet de chambre avait des aptitudes peu communes et une passion véritable pour les choses d'art. Non seulement il excusa chez son domestique ces aspirations qu'il aurait pu trouver déplacées, mais il eut la bonté, grande alors, d'en favoriser le développement. " II lui donna, dit Mariette, pour maître Daniel Rabel, qui peignoit, mais qui dessinoit encore plus volontiers. " Gabriel Perrelle, sous sa direction, devint promptement un habile dessinateur et, dans la suite, il dépassa de bien loin son maître pour la légèreté de la plume, la finesse et l'égalité des traits. […] " Les Perelle, dit [Mariette], dont on a rassemblé ici les ouvrages, ont si bien réussi dans les sujets de paysage, qu'ils en ont fait leur unique talent. Ils en ont mis au jour un nombre très considérable, qui sont presque tous de leur invention, et dont on ne peut assez admirer la beauté du travail. Jusques à eux, aucuns graveurs n'en ayoient exécuté avec autant de propreté, ny où la netteté des traits, la dégradation, l'accord et le passage harmonieux des ombres et des demi-teintes, par rapport au plan et à l'éloignement des objets, fussent observés avec autant de patience et de précision ; car ils ont poussé cette partie de la gravure au plus haut point de perfection où elle pouvait arriver […] " Ces observations de Mariette ne laissent rien à désirer ; elles donnent de ce maître l'idée la plus juste qu'on en puisse avoir. Grâce à la collaboration intelligente et fort active de ses fils, dont nous parlerons plus loin, Gabriel Perelle fit honneur aux commandes innombrables qu'il recevait au temps de sa plus grande vogue. On comprendra d'ailleurs dans quelles proportions il dut travailler quand on saura que son œuvre comprend près de sept ou huit cents morceaux. Cette vogue immense eut pour cause première la faveur du roi, qui fut toujours acquise à l'artiste depuis les recommandations du duc de La Vieuville. Bien que le surintendant fût mort en 1653, son protégé garda toute sa vie la faveur de la cour. Vers la fin dé sa longue carrière, il fut nommé directeur des plans et des cartes du cabinet du roi, où il travaillait depuis longtemps déjà, si l'on en juge par les cartes, plans et lavis qu'il y a laissés, et dont certains sont décorés avec un goût exquis, une grande richesse d'imagination. Les gravures les plus intéressantes de Gabriel Perelle se trouvent réunies en plusieurs albums in-folio…
PERELLE (Nicolas)
(Paris 1631 - 1695)
"Nicolas Perelle, l'aisné de ses enfants, étoit né à Paris, où son père s'étoit venu établir comme on l'a dit. Il apprit sous luy à dessiner et à graver le paysage, et il ne s'y rendit pas moins habile. Il imita mesme si parfaitement la manière de son père qu'il est bien difficile de distinguer les ouvrages qui appartiennent à l'un et à l'autre. Dans sa jeunesse, il avoit fréquenté l'école de Simon Vouet — Félibien le dit aussy, page 189, t. II— dans la veue d'embrasser la peinture, et l'on assure qu'il promettoit autant qu'aucun autre des célèbres élèves qui sont sortis de cette école. Vouet l'aimoit et le distinguoit, parce qu'il lui remarquoit d'excellentes dispositions, mais il ne put pas profiter entièrement de cette bonne volonté, Vouet étant mort peu de temps après. Outre des paysages de son invention, et des veues d'après les desseins de Sylvestre, il a encore gravé un tableau du Poussin qui représente Phaëton chez le soleil, quatre petits sujets de bachanales de son génie, dans le goût de Vouet, plusieurs profils de villes pour le chevalier Beaulieu, et plusieurs pièces pour le livre de l'Histoire de Charles Gustave, roy de Suède; ce sont, je pense, ses derniers ouvrages. Il se retira depuis à Orléans, d'où estoit sa femme, et il y est mort. Il a peint des tableaux d'histoire, des portraits et des paysages, mais en petit nombre; mais le travail lui coutoit; il s'y mettoit plustost par nécessité que par amour. Quoyque les petites figures qui se rencontrent dans ses compositions de paysages ne soient pas d'un grand goût, elles sont cependant touchées plus fermement que celles de son père et de son frère. Il dessinoit assez bien. C'est sur son dessein que Couvay a gravé le Miracle de saint Nicolas, dont le tableau de Vouet est dans l'église de Saint-Jacques de l'Hôpital, à Paris.
Memoires pour la vie de Gabriel Pérelle de Vernon...de Nicolas Pérelle, de Paris, son fils aîsné..." in Abecedario de Pierre Jean Mariette, publié dans Archives de l'art français, vol 8, pp. 105 - 106.
PERELLE (Adam)
(* Paris 1638 - † Paris 26 mars 1695)
"Adam Perelle étoit frère cadet du précédent; il nacquit la même année que le roy Louis XIV, c'est-à-dire en 1628 [sic]. Dès ses plus tendres années , il embrassa la même profession que son père; il étoit encore fort jeune. On prétend qu'il n'avoit guères pour lors que quatorze ans, qu'il étoit déjà occupé à graver pour le chevalier Beaulieu les profils en petit des villes conquises par les François sous le règne de Louis XIV. Il en recevoit un écu pour chaque planche, et l'on dit qu'il étoit si expéditif que, quoyqu'il ne négligeât rien pour les terminer, il en achevoit quelquefois une en un jour. Par là il est aisé de concevoir comment il a pu, quoyqu'occupé à montrer à dessiner, mettre au jour une aussi grande quantité de planches dont il n'y en a aucune qui ne soit fort terminée; et cependant, il donnoit encore une bonne partie de son temps au plaisir. Au lieu que son père se servoit du vernix dur, celuy-cy employoit le vernix mol et l'eau forte d'affineur; mais il n'etoit pas moins heureux à donner à propos l'eau-forte à ses planches, en sorte qu'il n'étoit presque jamais nécessaire d'y retoucher. A cela près, il suivoit exactement tout ce qu'il avoit veu pratiquer à son père, quoyque dans un moindre degré de perfection. Il étoit comme luy maniéré, et même encor davantage; tout ce qu'il gravoit, il le chargeoit également de travail; le ciel, les terrasses, les arbres, les fabriques, tout étoit ouvragé de même, et par là son paysage devenoit lourd, ses terrasses molles et indécises, ce qui étoit encore causé par la trop grande quantité de points qu'il y introduisoit. L'on peut aussy luy reprocher d'avoir presque toujours répété les mêmes dispositions de paysage, et de ne les avoir point variés. C'étoit faute d'étude et pour s'être trop abandonné à la pratique. Cela se remarque même jusque dans les veues qu'il a dessiné d'après nature; il ne pouvoit s'assujétir à les rendre fidèlement, témoin tout ce qu'il a fait en ce genre pour le sieur Langlois. Il en prenoit le plus souvent une légère idée, et de retour chez luy, il les finissoit de mémoire, et par malheur sa mémoire le servoit fort mal. La sorte d'habitude qu'il avoit contractée de jeunesse à travailler de pratique, ne luy pouvoit permettre de se captiver à imiter ce qu'il voyoit et jamais personne ne fut moins propre à rendre les ouvrages des autres. Remarque-t-on quelque étincelle du goût de Callot dans la suite de paysages qu'il a gravé sur ses desseins ? Il avoit plusieurs écoliers de distinction à qui il apprenoit à dessiner; le grand prince de Condé luy fit même l'honneur de le choisir pour maistre de dessein du duc de Bourbon, son fils, et ce fut pour l'usage de ce prince qu'il fit les trois livres de leçons de paysages qu'il a gravé. Il étoit pour lors extrêmement décheu. Plus il avançoit en âge, plus sa main s'appesantissoit, et son génie, devenant aussy plus lourd, à cause des excès qu'il faisoit dans le vin, et qui luy avoient presqu'entièrement ôté le sentiment. On s'en apperçoit aisément dans ses derniers ouvrages, qui ne sont presque pas supportables. Il n'avoit jamais sçu mettre une figure d'ensemble, et sur la fin de sa vie, il s'avisa d'en vouloir introduire d'assez grandes dans ses paysages, qui sont extrêmement mauvaises. Il mourut vers le commencement de ce siècle, ayant fait deux élèves : Moyse Jean Baptiste Fouard de Paris, né en 1653...C'est à luy que je dois tous les mémoires que j'ay rassemblés touchant la vie des Pérelles.
in Mémoires pour la vie de Gabriel Pérelle de Vernon...de Nicolas Pérelle, de Paris, son fils aîné,...et de Adam Pérelle, aussy de Paris, son fils puisné, né en 1638, mort à Paris le 26 mars 1695" in Abecedario de Pierre Jean Mariette, publié dans Archives de l'art français , vol. 8, pp. 106 - 107.
PIERDON (François )
(St Gérand le Puy 14-8-1821- Paris 1904)
Peintre de paysage, xylographe et aquafortiste, élève de Hanoteau. Auteur d’eaux-fortes d’après ses propores dessins sur Saint Cloud brûlé 1870-1874, illustrateur des livres d’Alexandre Dumas, œuvres aux musées de Clamecy (Paysage , basse-cour) et de Moulins. (Souvenir de Bourbonnais, Le Buisson, paysage ) de Londres ,Victoria and Albert Museum : Bois de Vincennes, cascade du grand lac ; Fontaine, parc de Saint-Cloud ; Un coin de paysage en Bourbonnais ; L’Abîme ; Le vieux moulin ; Le calme à la forêt ; Les bords de la Seine à Boulogne.
Cité in Thieme-Becker et Bénézit.
SOSOLIC (Dominique)
(Ornans 1950 - ...)
Après des études à l'université de Paris I - Sorbonne, Dominique Sosolic passa l'agrégation d'arts plastiques. De 1977 à 1981, il fut responsable des stages de gravure à l'atelier communautaire de l'Estampe du Rhin à Strasbourg. Il travaille depuis à Dole, se partageant entre l'enseignement et la pratique de la gravure. Il a des expositions personnelles depuis 1975 et a participé à d'innombrables expositions collectives en Franche-Comté et dans le monde entier. Celle du musée Denon à Chalon sur Saône en 1988 a donné l'occasion de publier un catalogue rétrospectif de 103 numéros. Depuis, 25 autres pièces comportant des tirages en trois couleurs ou des rehauts aquarellés s'y sont ajoutées et emplissent un second catalogue. Ses techniques de prédilection sont le burin et la manière noire ou une combinaison des deux. Ses thèmes étaient au départ inspirés du fantastique de Bruegel et de Mohlitz, puis ont évolué vers un éventail plus personnel de motifs: paysages, bestiaire, plantes exubérantes, natures mortes d'encriers, de noix, de flacons, d'instruments de musique ou de gravure, où les objets s'évanouissent dans le blanc. Même rassurantes à première vue par leur réalisme, les gravures de D. Sosolic laissent toujours quelque part une marque du rêve qui les a fait naître.
Il a illustré les ouvrages suivants:
— La montagne morte de la vie de Michel Bernanos pour les Bibliophiles Comtois, 1980.
— L'oeil de César de Roland Reutenauer, 1981.
— Ils ont déchiré son image de Michel Bernanos pour l'annuaire des Bibliophiles Comtois.
— Poésies, Une Saison en enfer, Les Illuminations d'Arthur Rimbaud pour le Club du Livre en 1984-1986-1988.
M.W.
TEYSSONNIÈRES (Pierre)
Albi 6 juin 1934-
Peintre et graveur , né à Albi (Tarn) le 6 juin 1834. Elève de son père et de MM. Maxime Lalanne et Léo Drouyn pendant le long séjour qu'il fit à Bordeaux ; a exposé au salon de Bx depuis 1866 et à celui de Paris depuis 1868, y a obtenu une 3e médaille, en 1878 ; a été aussi médaillé aux expositions internationales de Londres, Amsterdam, et Barcelone, 1ere médaille. Officier d'Académie le 13 juillet 1888 et décoré de plusieurs ordres étrangers. Ses œuvres sont très recherchées en Amérique surtout. Parmi ses très nombreuses productions, citons les œuvres ci-après qui ont figuré au salon de Paris : Le pont de Bx, eau-forte, 1868, Les bords de la Garonne à Lormont, Les oubliés de la Bastille, Forêt de l'île de Cuba, eaux-fortes, 1869 ; La rue Quintin à Bordeaux en 1865 peinture, 1869 ; Le donjon de Libourne (Gir.) et Les buveurs, peintures, 1870, N-D d'Arcachon, Dans les Landes (Gir.), peintures, 1870 ; La digue de la Garonne à Saint-Macaire et La plage d'Andernos, peintures, 1872. Vainqueur ou vaincu, eau-forte, 1873 ; La mort du duc d'Enghien, Le pape Formose et Saint Ambroise instruisant Honorius enfant d'après J. P. Laurens, 1874 ; Le chemin de Robin à St Macaire, peinture, et Le ravin de la Castillane, fusain, 1875 ; Le quai de la monnaie à Bx, aquarelle ; Les environs de St Pierre de Langon, peinture, 1876 ; Don Juan, Les Fourberies de Scapin et autres planches, d'après E. Bayard, pour le Molière de M. H. Bordes, 1877. Eliezer et Rebecca, d'après Tiepolo, mention hon. 1877 ; Chasse au faucon, d'après Fromentin, gravure reçue à l'exposition universelle de 1878; Le château Brown-Cantenac, eau-forte, 1879 ; La Magdelaine et décor de marionnettes, d'après de Beaulieu, 1880 ; La buttte des Clines, (Eure), peinture,1881; La brèche de Sahorre, peinture appartenant à M. de Lalande, 1882 ; Portrait de Pierre Corneille, d'après le portrait original de Lebrun, gravure, 1882, Travail et débauche, Fileuse et Tricoteuse, fac-similés de dessins d'après Millet; L'alcool d'après de Beaulieu ; Un apprenti, d'après S. Durand, eaux-fortes; 1833 (sic); Le cap de Grouin, peinture, Samson terrassant les Philistins, d'après Decamp ; Paysages d'après Rousseau, Corot, etc. eaux-fortes, 1884 ; Portrait de Molière d'après une peinture du temps ; dessins de Leloir pour Jacques le fataliste, eaux-fortes, 1885; Deux filles de la mer, d'après Delobbe ; Portrait de l'abbé Michon et de Varinard, eaux-fortes, 1886 ; Rivière de Cady, fusain, et Marie Stuart, eau-forte, 1887; Rentrée à la ferme, d'après Vernier, et Le Duel, d'après de Beaulieu, eaux-fortes, 1888; Retour de pêche d'après Feyen-Perrin,1889. L'exposition universelle de 1889 contient de cet artiste : Travail et débauche, d'après Millet, L'alcool d'après de Beaulieu. On lui doit le joli portrait d'après Lagrange-Chancel, placé en tête de ses Poésies inédites, publiées en 1878 par M. J. Delpit.
(Féret 1889).
P. Teyssonnières a habité 3 rue Duffour-Dubergier à Bordeaux et 92 cours des fossés à Bordeaux, comme en font foi des cartes de visite gravées à l'eau-forte, de la collection J. C.
1. Une embarcation à voile et un débarcadère sur un fleuve bordé d'arbres, e-f ,57 x 83 mm aux limites du sujet sans t.c., avec adresse P. Teyssonnières Cours des fossés 92 Bordeaux
2. Un voilier à sec sur un banc de sable, devant un horizon marin et quatre barques, même adresse, e-f, 47 x 95 mm au t.c.
3. Un voilier amarré à un débarcadère terminé par une grue, devant un fleuve avec deux bouées, et deux peupliers à droite. E-f, 58 x 111 mm au t.c. avec l'adresse P. Teyssonnières 3 rue Duffour-Dubergier Bordeaux.
4. Un chemin de halage au bord d'un vignoble, avec un voilier, un bouquet d'arbres et une maison à droite. Même adresse que le précédent. E-f 59 x106 mm.
Il a publié chez Cadart.
(F)
TROYON (Constant )
(Sèvres 1810 - Paris 1865)
Paysagiste français, il se lia avec les peintres de l'école de Barbizon, alla travailler dans le Berry, dans le Limousin, en Bretagne et dans la forêt de Fontainebleau; il produisit alors des paysages solidement construits et fortement empâtés. Après un voyage en Hollande, où il admira les animaliers Cuyp et Potter, les vaches devinrent jusqu'à la fin de sa vie son motif de prédilection.
PRNP.
VILLENEUVE (Louis Jules Frédéric)
(Paris 1796-1842)
Peintre de paysage et lithographe, Frédéric Villeneuve est l'élève de Regnault. Il entre à l'école des Beaux Arts en 1817, poursuit ses études en Suisse et en Italie, et travaille quelque temps à Milan. Il peint d'abord des paysages historiques dans le style de Salvator Rosa et figure au Salon de 1821 à 1841 où il obtient un grand prix en 1821 et une médaille de 2e classe en 1824 et en 1833. En tant que lithographe, Villeneuve publie une suite de vues chez Lasteyrie en 1819 et compte parmi les principaux dessinateurs de l'ouvrage du baron Taylor et de Charles Nodier . Il prend part également à l'illustration du livre de Golbéry et Schweighaeuser , Antiquités de l'Alsace,1828, ainsi qu'à plusieurs recueils de paysages suisses et italiens.
in Paul Ahnne et M. C. Hamm, Visages romantiques de l'Alsace. Strasbourg, 1984.
WATERLOO (Anthonie)
(* Lille 1609 - †Utrecht 23 oct. 1690)
Né à Lille alors espagnole, où il fut baptisé le 6 mai 1609, fils d'un tailleur, mais cousin germain par sa mère, Madeleine Vaillant, de toute une famille de graveurs à l'eau-forte et à la manière noire, il fut confirmé à l'église wallonne d'Amsterdam le 26 mars 1630. Sans doute sa famille avait-elle fui la guerre entre Flamands et Espagnols de 1621. Il se maria le 13 mai 1640 à Zevenbergen avec Catharina Stevens van der Dorp Hoomis, veuve avec deux enfants. Le contrat nous apprend qu'il apporte tous ses dessins et gravures et un avenant, que sa femme est marchande de tableaux. Ils eurent six enfants baptisés entre 1641 et 1651. Waterloo mourut après sa femme le 23 octobre 1690 à l'âge de 81 ans à l'hôpital St Job d'Utrecht. Un mythe veut qu'il soit mort pauvre. Au contraire Houbraken, son biographe, parle de sa prospérité. Son frère et sa soeur, qui lui ont survécu, étaient apparemment aisés et vivaient à des adresses prestigieuses à Amsterdam. Une lettre écrite d'Amsterdam le 17 septembre 1652 par J. C. Danneaux, apparemment courtier en tableaux, à un prince suédois suggère que Waterloo était marchand de tableaux autres que les siens. Michel de Marolles le cite avec éloge en tête des artistes hollandais dans une critique en vers de 1657, donc du vivant de Waterloo. Celui-ci a voyagé souvent entre Amsterdam et Utrecht, observant dans la campagne les arbres qu'il aimait, tout en gardant son domicile à Amsterdam. Mais il a été plus loin. Dans la Kunsthalle de Hambourg par exemple, il y a des dessins signés de sa main qui portent des noms de villages près de Hambourg. Ses paysages rocheux semblent pris, selon Straeter, aux bords de la Meuse entre Liège et Dinant. On a supposé qu'il a été jusqu'à Dantzig. Quelques-unes de ses gravures ont l'air italien, mais il n'est pas évident qu'il ait fait le voyage d' Italie: il a bien pu se servir de dessins rapportés par des artistes contemporains comme Jan Both ou Cornelis Saftleven. "Pour Waterloo, les figures humaines sont en réalité comme un accessoire servant à accentuer le sentiment du paysage et en général sans autre but que de respecter une convention. Il est purement et simplement graveur de paysages." (William Bradley) Il travaillait à l'eau-forte, ce qui permettait le travail original, à main levée. Les gravures de Waterloo furent spécialement appréciées durant la vogue du pittoresque chez les Anglais de la seconde partie du XVIIlème siècle. Elles étaient pour maint artiste anglais le modèle de ce qu'un vrai paysage se devait d'être.
Traduit de l'anglais de The Illustrated Bartsch.
YON (Edmond)
(*Paris 2 février 1836 - † 15 mars 1897)
Fils du sculpteur Charles Yon, il fut graveur et peintre paysagiste.
Elève en gravure sur bois d’A. Pouget, il grava d’après ses propres dessins pour des journaux (Monde Illustré, L’Illustration, L’Art) et pour des livres (œuvres de V. Hugo) ainsi que des reproductions d’après Corot, Millet, etc...Il passa vers 1867 à la peinture et peignit par la suite des paysages pleins de sentiment des environs de Paris. Des œuvres de sa main dans les musées d’Amiens, d’Arras, d’Anvers, Auxerre, Bayonne, Bergues, Calais, Chateau-Thierry, Clamecy, Compiègne, Dijon, Draguignan, Dunkerque, Lille, Louviers, Mulhouse, Niort, Paris, Périgueux, Soissons et Tourcoing. Suites d’eaux-fortes publiées: Autour de Paris après la guerre, Sous bois (6 planches, 1874).
Traduit de l’allemand de Thieme & Becker, Künstlerlexikon, 1947, vol. XXXVI.
Par Michel Wiedemann.
Comment graver un arbre
Un graveur doit choisir ses procédés en fonction des sujets à représenter : le burin ne se prête pas à toute sorte de formes, la pointe sèche et l’eau-forte ont leurs indications.
Roger de Piles, Cours de peinture par principes, 1709
Roger de Piles, Cours de peinture par principes, 1708
Des plantes.
On ne peint pas toujours des plantes sur les premières lignes du tableau, parce qu’il y a diffférents moyens de rendre agréables les devants du paysage, comme nous venons de le dire. Mais lorsqu’on a résolu d’y en introduire, je voudrais qu’on les peignît d’aprèsnature avec quelque exactitude, oou du moins parmi celles que l’on peint de pratique, il y en eût quelques unes de plus terminées, dont on connût l’espèce par la différence du dessin et de la couleur ; afin que par une supposition vraisemblable elles commmuniquassent aux autres un caractère de vérité. Ce qui se dit ici pour les plantes se peut dire pour les branches des arbres et pour leur écorce.
Des figures
…Il faut extrêmement prendre garde à proportionner la grandeur des figures à celles des arbres et des autres objets qui entrent dans le paysage ; si on les fait trop grandes, on rend le paysage de petite manière ; si au contraire on les fait trop petites, , on leur donne un air de pygmées qui en détruit la valeur , et le paysage en devient énorme.
Des arbres
Il m’a toujours paru que l’un des plus grands ornements du paysage consistait dans la beauté de ses arbres , à cause de la variété de leurs espèces, de la fraîcheur qui paraît les accompagner, et surtout de leur légèreté qui nous induit à croire qu’étant exposés à l’agitation de l’air, ils sont toujours en mouvement.
Quoique la diversité plaise dans tous les objets qui composent un paysage, c’est principalement dans les arbres qu’elle fait voir son plus grand agrément. Elle s’y fait remarquer dans l’espèce et dans la forme. L’espèce des arbres demande une étude et une attention particulières du Peintre pour les faire distinguer les uns des autres dans son ouvrage. Il faut que du premeir coup d’œil on voie que c’est un chêne , un orme, un sapin, un sycomore, un peuplier, un saule, un pin et les autres arbres qui par une couleur ou une touche spécifique peuvent être reconnus pour une espèce particulière. Cette étude est d’une trop grande recherche pour l’exiger dans toute son étendue et peu de Peintres l’ont même faite avec l’exactitude raisonnable que demande leur art. Mais il est constant que ceux qui approcheront le plus de cette perfection jetteront dans leur ouvrage un agrément infini et s’attireront une grande distinction.
Outre la variété qui se trouve dans chaque espèce d’arbre, il y a dans tous les arbres une variété générale. Elle se fait remarquer dans les différentes manières dont leurs branches sont disposées par un jeu de la nature, laquelle se plaît à rendre les uns plus vigoureux et plus touffus, et les autres plus secs et plus dégarnis, les uns plus verts et les autres plus roux ou plus jaunâtres.
La perfection serait de joindre dans la pratique ces deux perfections ensemble ; mais si le Peintre ne représente que médiocrement celle qui regarde l’espèce des arbres, qu’il ait du moins un grand soin de varier les formes et la couleur de ceux qu’il veut représenter : car la répétition des mêmes touches dans un même paysage cause une espèce d’ennui pour les yeux, comme la monotonie dans un discours pour les oreilles.
La variété des formes est même si grande que la Peintre serait inexcusable de ne la pas mettre en usage dans l’occasion, principalement lorsqu’il s’aperçoit qu’il a besoin de réveiller l’attention du spectateur. Car parmi les arbres en général, la nature nous en fait voir de jeunes, de vieux, d’ouverts, de serrés, de pointus ; d’autres à claire-voie, à tiges couchées et étendues ; d’autres qui font l’arc en montant, d’autres en descendant , et enfin d’une infinité de façons qu’il est plus aisé d’imaginer que d’écrire.
On trouvera par exemple que le caractère des jeunes arbres est d’avoir les branches longues menues, et en petit nombre, mais bien garnies, les touffes bien refendues, et les feuilles vigoureuses et bien formées.
Que les vieux au contraire ont les branches courtes, grosses, ramassées et en grand nombre, les touffes émoussées, et les feuilles inégales et peu formées. Il en est ainsi des autres choses qu’un peu d’observation et de génie feront parfaitement connaître.
Dans la variété des formes de laquelle je viens de parler, il doit y avoir une distribution de branches qui ait un juste rapport et une liaison vraisemblable avec les touffes, en sorte qu’elles se prêtent un mutuel secours pour donner à l’arbre une légèreté et une vérité sensibles.
Mais de quelque manière que l’on tourne et que l’on fasse voir les branches des arbres, et de quelque nature qu’ils soient, que l’on se souvienne toujours que la touche en doit être vive et légère si l’on veut leur donner tout l’esprit que demande leur caractère.
Les arbres sont encore différents par leur écorce. Elle est ordinairement grise, mais ce gris, qui dans un air grossier, dans les lieux bas et marécageux, devient noirâtre, se fait voir au contraire plus clair dans un air subtil, et il arrive souvent que dans les lieux secs l’écorce se revêt d’une mousse légère et adhérente qui la fait paraître tout à fait jaune. Ainsi pour rendre l’écorce d’un arbre sensible, le Peintre peut la supposer claire sur un fond obscur et obscure sur un fond clair.
L’observation des écorces différentes mérite une attention particulière ; ceux qui voudront y faire réflexion trouveront que la variété des écorces des bois durs consiste en général dans les fentes que le temps y a mises comme une espèce de broderie, et qu’à mesure qu’ils vieillissent, les crevasses des écorces deviennent plus profondes. Le reste dépend des accidents qui naissent de l’humidité ou de la sécheresse, par des mousses vertes et par des taches blanches et inégales.
L’écorce des bois blancs donnera au Peintre plus de matière à s’exercer, s’il veut prendre le plaisir d’en examiner la diversité qu’il ne doit pas négliger dans ses études. Cette réflexion ‘oblige de dire ici quelque chose de l’étude du paysage, et je le ferai selon que je le conçois, sans vouloir assujettir personne à suivre mon sentiment.
De l’étude du paysage
Ceux qui n’ont jamais fait de paysages et qui veulent s’y exercer trouveront dans la pratique que leur plus grande peine sera de peindre des arbres, et il me paraît aussi que non seulement dans la pratique, mais encore dans la spéculation, les arbres sont la plus difficile partie du paysage, comme ils en sont le plus grand ornement.





































































































